‹ Louis HebertChapitre 32 sur 74 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

truire la colonie naissante. La maison de Louis Hébert n’était plus en sûreté. Souvent il fallait la quitter en toute hâte pour chercher un refuge au fort. On veillait parfois des nuits entières pour n’être pas surpris par l’ennemi. En 1624, les Iroquois attaquèrent les sauvages alliés. Ils prirent le Père Poulain et le torturèrent avec une cruauté diabolique. Ils venaient de l’attacher au bûcher et d’y allumer le feu quand les Français arrivèrent à temps et obtinrent sa délivrance.

A quelque temps de là, les Iroquois tentèrent l’assaut du couvent des Récollets. Par un heureux hasard on venait de le terminer; il servit de retranchement. Au premier signal donné, les Français arrivèrent. Le combat fut opiniâtre, mais la victoire resta aux colons. Les Iroquois assouvirent leur rage sur les prisonniers Hurons. Ils leur firent endurer les plus cruels tourments et les obligèrent même à manger leur propre chair. Mme Hébert et Marie- Guillemette, sa fille, assistèrent à cette bataille sanglante dans laquelle trois de leurs compatriotes perdirent la vie.

Plus tard elle aimait à rappeler les circonstances de cette attaque où la protection de Dieu sur la colonie avait été si manifeste: “étant certaine écrit le Père Leclerq, que si les Iroquois eussent connu leurs forces, ils auraient pu, sans difficulté, la désoler entièrement en l’absence de M. de Champlain.”

Cette fille de Louis Hébert se maria en 1621 à Guillaume Couiîlard, jeune colon originaire de Normandie, arrivé au Canada, en 1613. C’était un

•charpentier à l’emploi de la Compagnie(l) . Il ne ■tarda pas à se lier intimement avec le premier colon. Il aimait à lui rendre service, et, comme lui, à cultiver la terre. Bientôt il se prit d’affection pour les défrichements, et il fit connaître à Louis Hébert le désir qu’il caressait depuis longtemps de se fixer près de lui d’une manière définitive en y établissant un nouveau foyer.

A cette époque on se mariait jeune et les fréquentations n’étaient pas longues. Heureux de rencontrer dans Guillaume Couillard un homme laborieux, honnête, et, au témoignage de Champlain, aimé de tout le monde, Louis Hébert consentit à lui donner, en mariage, sa seconde fille Marie- Guillemette.

Il y eut de grandes réjouissances dans la colonie à l’occasion de ces noces qui furent célébrées le 26 août 1621, dans la chapelle de Y Habitation, en présence de M. de Champlain, d'Eustache Boulé, et de tous les Français. Cette union fut heureuse. Par sa fille, Louis Hébert compte un nombre incalculable de descendants.

Ce mariage est le premier indiqué sur les registres de l’église paroissiale de Notre-Dame de Québec.

(1) Guillaume Couillard, d’après toute probabilité, était originaire de Normandie. Une note, trouvée dans les papiers de la famille Couillard, mais que nous n’avons pu vérifier, le fait naître en 1591, à St-Landry, de Paris, du mariage de Guillaume Couillard et de demoiselle Elisabeth de Vesin. Cette famille de Vesin était d’extraction noble ; elle portait : “De gueules à trois rocs d’échiquier d’or”.

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