‹ Louis HebertChapitre 37 sur 74 · ANGLAIS. - LA FAMINE · texte numérisé non relu

ANGLAIS. - LA FAMINE

A la mort de Louis Hébert, Guillaume Couillard devint chef de famille. Depuis son mariage il avait partagé constamment les travaux de son beau-père. Couillard était passionné pour l’agriculture. Il s’appliqua avec courage au défrichement de ses terres. De tous les colons de Québec, il fut le seul jusque-là avec son beau-père à tirer sa subsistance de la culture.

M. de Champlain prenait plaisir à cultiver un jardin près de Y Habitation; les Récollets et les Jésuites avaient aussi commencé des défrichements, mais tous les autres colons, soit qu’ils en fussent encore empêchés, soit qu’ils préférassent la chasse à la culture, n’avaient pas même un pouce de terre défrichée. La Société des Marchands, d’après M. de Champlain, n’avait pas déserté un arpent de terre. Ces hommes imprévoyants, nous l’avons dit plus haut, s’appliquaient à retirer des revenus de la chasse et de la traite des pelleteries sans vouloir se mettre en peine de fournir à leurs employés les provisions nécessaires à leur entretien.

Une si coupable imprévoyance devait être funeste. M. de Champlain pour obvier à cet inconvénient, avait ouvert des défrichements sur la côte de Beaupré, près du Cap Tourmente. Il y avait fait construire une maison assez spacieuse pour loger une famille, et il en avait confié la garde à Pivert, qui y demeura avec sa femme et sa nièce.

Guillaume Couillard.

Le 27 avril 1627, il se produisit à Québec un événement insignifiant en lui-même, mais fort important au point de vue du progrès de la culture au Canada. Pour la première fois depuis la fondation de la colonie la terre fut labourée à l’aide de la charrue. Jusque-là, Louis Hébert et Couillard s’étaient servis de la bêche pour bouleverser le sol. On peut juger de la somme de travail qu’il fallait accomplir pour ensemencer une dizaine d’arpents de terre. Cet événement marque donc une époque importante dans l’histoire de l’agriculture canadienne.

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