‹ Louis HebertChapitre 4 sur 74 · DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

DE LA PATRIE

Le livre que M. l’abbé Azarie Couillard-Després vient d’écrire sur “Louis Hébert et sa famille’* arrive à son heure, puisque le projet d’élever un monument à ce grand Canadien est en voie de se réaliser, et que bientôt Québec

offrira l’hommage d’une statue au valeureux colon d’autre-

fois. La vie de Louis Hébert fut toute de vaillance et de vertu, et jamais ne se démentirent la bravoure et l’endurance de cet héroïque colonisateur. Dès son arrivée dans la colonie naissante, pendant ce désolant hiver d’Acadie où tant de malheureux périrent de misère, Louis Hébert se révéla un énergique et un brave. Le scorbut décimait les colons, alors l’ancien apothicaire découvrit les causes de ce mal inconnu en France, et s’efforça d’en enrayer les terribles effets. Si trente-six succombèrent, bien d’autres durent à Louis Hébert de guérir où d’échapper au mal. Puis, après Ste-Croix, ce fut Port-Royal, où toujours avec M. de Monts, Hébert porte son dévouement et son travail. Plus tard nous le voyons aux côtés de Poutrmcourt, labourer la terre et semer le bon blé qui devait apporter la sécurité à la jeune colonie.

Louis Hébert devait un jour retourner en France, après que les Anglais eurent détruit Port-Royal, mais il partait avec l’espoir de revenir dans ce pays neuf où s’était éperdument attachée son âme de dévouement et de bonté. Il revint avec Champlain, et se remit au

travail héroïquement, sans rien craindre des guerres, des privations et des ruines, plus heureux que jamais de revenir à cette terre où tant de sillons çestent encore à creuser. Madame Laure Conan a déjà consacré à Louis Hébert une fort attachante étude, et le livre de M. l’abbé Couillard-Després, si complet et si intéressant, popularisera encore la mémoire de ce héros modeste qui a contribué de tout son cœur énergique et vaillant à la création d’une famille française en Amérique. Non content d’implanter ici un drapeau de France, il a préparé aussi l’avenir de cette poignée de braves, qui a su se multiplier jusqu’aux millions !

Nous ne saurions assez louer l’œuvre de M. l’abbé Couillard qui consacre son talent et son érudition à l’étude des pages les plus captivantes, parce que les plus glorieuses de notre histoire. Le “Bulletin des Frères Maristes’’ consacre à “Louis Hébert et sa famille,’’ les lignes suivantes que je transcris volontiers ici parce qu’elles sont un juste hommage à l’auteur et à son œuvre:

“Cet ouvrage est destiné à faire connaître le premier colon canadien et ses descendants immédiats. Un mouvement qui promet de s’étendre rapidement se dessine déjà dans la province, pour la glorification prochaine du “père de l’agriculture canadienne.’’ Ce livre fera davantage connaître les travaux, les vertus et l’âme vraiment apostolique de cette famille et surtout de son fondateur Louis

Hébert. Se présentant avec des dehors séduisants, orné de belles gravures, d’une lecture très attachante, cet ouvrage mérite de pénétrer partout, mais surtout dans les écoles. Tous ceux qui le liront seront fiers des origines

si nobles du peuple canadien; iis seront attendris par des ^ctes de dévouement et des sacrifices que la religion seule pouvait inspirer; ils demanderont à Dieu que les vertus de la famille Hébert restent l’apanage de toutes les familles canadiennes-françaisses, et surtout ils applaudiront à 1 idée patriotique d’un monument destiné à honorer le premier colon canadien et aideront selon leurs moyens à le réaliser.”

Madame Huguenin,

Madeleine “ La Patriey ” de Montréal.

Le nouvel ouvrage de M. l’abbé Azarie Couillard- Després est de lecture attrayante comme un roman. De la première à la dernière page, on y suit avec un respectueux amour, le premier colon canadien et sa vaillante famille, dans tous les détails de leur vie journalière, et cette vie, au temps où ils la vécurent, chacun sait qu’elle n’était pas monotone. Elle était mouvementée, certes! dangereuse, rude et combien féconde en enseignements!

M. l’abbé Couillard-Després, nous le relate dans son livre, avec un soin qui révèle sans doute le culte pieux qu’il garde à ses héroïques ancêtres, mais qui trahit aussi les recherches ardues qu’il a dû s’imposer pour dégager de cette époque tourmentée de notre histoire, les nobles figures de Louis Hébert, de sa femme, de Guillaume Couillard,

de Guillemette Hébert et de tous ceux de leur famille qui les aidèrent dans leur tâche glorieuse. Les documents authentiques que l’auteur a réussi à retracer n’apparaissent pas tous dans son nouveau livre, mais ils sont cités, et l’on sent combien ils ont dû être étudiés, comparés, compulsés.

C’est un travail bien méritoire que poursuit là M. l’abbé Couillard-Després. Ses livres, il me semble, devraient trouver place dans les maisons d’éducation où ils seraient d’un grand secours pour l’enseignement de l’Histoire du Canada, puis dans les bibliothèques de familles aussi, pour qu’à l’exemple des Hébert et des Couillard, notre jeunesse soit courageuse, frugale et amie de la terre.

De belles illustrations, comme cette scène de Madame Hébert catéchisant les enfants indigènes, et que nous reproduisons, ornent le livre nouveau. Elles sont dues au talent de M. Latour, l’un des artistes de La “Presse”.

Collette.

“La Presse”.

En 1906, M. l’abbé Azarie Couillard-Després, travailleur modeste et patriote ardent, publiait La première famille française au Canada . L ouvrage arrivait à son heure, à la veille des fêtes du troisième centenaire de Québec; il venait nous apprendre dans le détail l’histoire de

Louis Hébert, “l'Abraham de la colonie”, et de sa famille où l’héroïsme était chose ordinaire. Aussi bien le livre fut enlevé rapidement et lu avec intérêt.

Aujourd’hui, grâce à l’œuvre de l’abbé Després, aux fêtes du troisième centenaire de Québec, grâce au réveil patriotique qui s’opère un peu partout, Louis Hébert n’est plus un nom qui dort dans les livres ou vole dans les discours sans rien dire à l’imagination et au cœur; les érudits ne sont plus seuls à le savourer. Pour ceux qui ont quelque souci de notre passé, c’est la personnification de la bravoure, de la foi simple et solide, du travail intelligent, persévérant et ardu. Les Acadiens aiment à s’entretenir de cet apothicaire qui eut le courage de quitter son pays où il vivait dans l’aisance, et vint, à travers mille obstacles, s’établir à l’ïle Ste Croix, puis à Port-Royal. Les Qué- • bécois, en se promenant sur la falaise, se souviennent avec de douces émotions du “pionnier de l’agriculture”; les amoureux de l’histoire, qui passent près des jardins du Séminaire, croient distinguer un beau geste de semeur dans les ombres du soir. C’est encore un héros qui revient au milieu de nous prêcher l’attachement au sol et donner des leçons d’énergie.

En 1917, nous serons donc bien prêts à saluer sur son piédestal le premier colon canadien et à célébrer le troisième centenaire de son arrivée à Québec. En attendant, il importait de vulgariser de plus en plus ces pages sublimes de notre histoire. C’est pourquoi l’abbé Després remit sur le métier son ouvrage, et dans une réédition soigneusement remaniée publia “Louis Hébert et sa famille”.

C’est une nouvelle édition remaniée; et vraiment je ne

crois pas que personne puisse trouver à redire sur les changements apportés. Dans des chapitres moins nombreux, plus condensés que dans la première édition, Fauteur a donné à son récit une allure plus rapide et plus ferme, un style plus serré, plus simple et plus grave.

L’histoire de “Louis Hébert et sa famille’’ devrait être dans toutes les maisons acadiennes et canadiennes françaises. En faisant revivre sous nos yeux ce groupe de héros, elle rappelle à ceux qui travaillent et qui souffrent que rien de grand et de durable ne se fait sans effort et sans sacrifice et que la persévérance fut la vertu de nos pères.

M. l’abbé Després est un digne descendant de Louis Hébert et de Guillaume Couillard; comme ses nobles ancêtres, il fait une œuvre de patriote et d’apôtre. Qu’il travaille et sème toujours sans se lasser.

Canadien.

Extrait du Bien Publique , des Trois-Rivières, et reproduit par la Tribune , de St-Hyacinthe.

C’est pour continuer ton oeuvre humanitaire,

Pour semer après toi, dans les mêmes sillons.

C’est pour glorifier, Hébert, tes jours féconds.

Que je voue, à jamais, ma pensée à la terre.

Tes ans sont au passé, les miens à l’avenir,

M ais de ton saint labeur ma jeunesse est éprise.

De mon âme ton âme héroïque est comprise.

Et, nos rêves, de loin, peuvent se réunir.

Sur ta moisson en fleurs mon œil brûlant s’arrête.

Dans le creux de tes pas je cherche la beauté;

O maître, mon printemps jalouse ton été.

Et le doux laboureur fait envie au poète!....

Car, en ce Canada français — notre univers —

Tu créas le plus noble et le plus pur poème:

O preux! Tu fis des champs, que, chaque été, l’on sème, Où les épis nouveaux croissent, luisants et verts!....

Tu fus grand! Mais, puisque tout azur a sa tache. Puisque, dans tout concert, une voix sonne faux. Permets que ma chanson soit fille de ta faux.

Et que ma plume soit une sœur de ta hache!....

Bulletin du Parler français.

Blanche Lamontagne.

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