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LES FRANÇAIS S’EMBARQUENT POUR TADOUSSAC

COUILLARD ADOPTE LES PETITES FILLES SAUVAGES DE M. DE CHAMPLAIN. — DEPART DES FRANÇAIS. — GUILLAUME COUILLARD REVIENT A QUEBEC. - Hɬ

ROÏSME DE LA FAMILLE HÉBERT-COUILLARD. — NAIS¬ SANCE d’élisabeth couillard.

La détresse était grande dans la Nouvelle-France. Les frères Kertk, profitant de cette circonstance, revinrent à Québec sommer M. de Champlain de se rendre. En voyant les ennemis le fondateur de Québec comprit que la résistance était inutile : les hommes étaient affaiblis, rendus à bout, par les privations; ils ne pouvaient même songer à se défendre.

Avant de remettre la clef du fort aux mains des Anglais, M. de Champlain fit savoir au général qu’il désirait connaître les conditions de la capitulation. Louis Kertk se montra généreux. Il fut entendu que les habitants seraient traités avec honneur; qu’ils sortiraient du fort avec leurs armes, leurs habits et leurs pelleteries. Que tous, religieux et laïques, seraient reconduits en France, sans excepter les deux petites filles sauvages que M. de

Champlain avait adoptées; que les prisonniers, entre autres Eustache Boulé, auraient le même sort ; que dans l’espace de trois jours une barque serait mise à la disposition des Français pour les conduire à Tadoussac où se trouvait un vaisseau sur lequel cent personnes pourraient prendre passage. Les conditions de la capitulation furent acceptées le 19 juillet 1629.

Les religieux obtinrent ep plus la permission de célébrer la Messe; des gardes furent postés près du couvent des Jésuites, celui des Récollets, et la maison de Couillard. Louis Kertk remit à M. de Champlain un mémoire détaillé de tous les objets qui se trouvaient au fort; iCce qu'il m’accorda avec toutes sortes d’affections, dit-il dans ses ouvrages.” C’en était fait! L’imprévoyance des Associés des Marchands et leur sotte cupidité avaient causé la ruine de la Nouvelle-France. Tous les travaux que le fondateur avait accomplis étaient perdus. Les Anglais ruinaient encore une fois ses plus chères espérances.

Guillaume Couillard et Mm9 Hébert ne pouvaient taire leur chagrin. Il fallait donc perdre le fruit de tant de travaux ! C'était la ruine pour eux et leur famille. Il leur restait cependant un espoir : Louis Kertk les engageait à vivre sur leurs terres, leur accordant la liberté de faire la moisson et d’en disposer à leur gré, soit en lui vendant le surplus, soit en le trafiquant aux sauvages. Il leur promit qu’après un an s'ils préféraient retourner en France ils en auraient toute permission et qu’on leur achè-

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