‹ Louis HebertChapitre 49 sur 74 · COUILLARD ET DE MARIE-GUILLEMETTE HEBERT · texte numérisé non relu

COUILLARD ET DE MARIE-GUILLEMETTE HEBERT

Dés son arrivée dans la Nouvelle-France, Louis Hébert montra un zèle admirable pour procurer aux indigènes la grâce du baptême. Les lignes élogieuses que lui a consacrées le Frere Sagard 1 attestent assez; et les conseils qu’il adressa a ses enfants sur son lit de mort, nous font voir les sentiments chrétiens qui faisaient battre le cœur de ce vaillant pionnier. Ces recommandations dictées par la charité, portèrent d’heureux fruits dans le cœur si bien disposé de ses enfants. Tous furent fidèles aux promesses qu’ils avaient faites au patriarche mourant.

Les Relations des Jésuites , qui nous racontent les les commencements bien humbles de la colonie, nous montrent que la première famille canadienne eut un zèle sans bornes pour enseigner aux enfants de nos grands bois les vérités de la foi. Son œuvre si sublime n’est pas assez mise en lumière ; nous devons la mieux faire connaître afin qu’elle serve d’exemple à la génération présente.

En l’année 1627, nous trouvons tous les membres de la famille assistant au baptême d’un petit sauvage qui avait été sous les soins de M Hébert. Le

Frère Sagard nous apprend que depuis longtemps il était tourmenté par le démon. Ses crises étaient affreuses. Mme Hébert et les Récollets l’avaient préparé pour lui faire recevoir le saint baptême. Au sortir d'une attaque plus forte que les précédentes, les Pères résolurent de le baptiser. La cérémonie donna lieu à une solennité extraordinaire.

Le Père Lallemand, Jésuite, célébra la Sainte Messe durant laquelle le Père Joseph Le Caron, Récollet, donna le sermon. Après la messe, le néophyte, tout de blanc habillé, se présenta à la porte de l’église. En présence de tout le monde, il répondit avec assurance aux questions exigées par le Rituel Romain. Comme il persévérait dans la résolution de recevoir le baptême, il fut introduit dans l’église, et le Père le baptisa. M. de Champlain fut parrain, Mme Hébert fut toute heureuse d’en être la marraine. La plupart des Français tinrent à honneur d’assister à cette cérémonie. Lorsque le Te Deum fut entonné, les canons du fort annoncèrent aux deux rives du Saint-Laurent que l’Eglise comptait dans son sein un enfant de plus.

Après la cérémonie, les Pères, le chef sauvage et le nouveau baptisé prirent le dîner avec M. de Champlain au fort. Le capitaine Montagnais et les autres sauvages se rendirent à la maison de Mme Hébert. Elle avait préparé pour le festin cinquante-six outardes, trente canards, vingt sarcelles, des viandes en quantité, deux barils de pois, un baril de galettes, quinze à vingt livres de pruneaux, et du blé d’Inde. Guillaume Couillard et Pierre Magnan, qui fut plus tard tué par les Iroquois, firent les honneurs

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