‹ Louis HebertChapitre 50 sur 74 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

du repas. Sur le soir les sauvages se retirèrent dans leurs cabanes, contents de leur journée et emportant avec eux les restes de ce colossal festin.

Au mois de mai de la même année, Mrae Hébert voulut encore être la marraine d’un autre sauvage de dix-huit à vingt ans. Le baptême eut lieu le jour de la Pentecôte. Au nouveau baptisé on donna le nom de Louis. M. de Champlain fut le parrain. Comme pour le précédent baptême, il y eut des salves d’artillerie, festin, et le nouveau chrétien prit le dîner en compagnie de son charitable parrain.

Pendant la longue absence des Français qui dura de 1629 à 1632, Mme Hébert et sa famille eurent plusieurs fois l’occasion d’exercer leur charité envers les sauvages. En dépit des mauvais traitements auxquels ils étaient exposés, ils venaient de temps en temps dans la maison toujours hospitalière de Mme Hébert et ils recevaient des leçons de catéchisme et des secours dont ils avaient besoin.

Le Père Le Jeune, dans la Relation de 1632, raconte ainsi le second baptême administré à Québec, après le retour des Français: “Le second sauvage baptisé, écrit-il, a été notre Manitougatche, autrement appelé La Nasse. Il s’était habitué près de nous avant la prise de Québec; il commençait à défricher et à cultiver la terre, mais les mauvais traitements qu’il reçut de la part des Anglais l’avaient éloigné. Cependant, il revenait voir Mœe Hébert qui restait ici avec toute sa famille et lui témoignait son désir de nous voir revenir. Aussitôt qu’il nous vit arriver il vint et fixa sa cabane tout près de notre

maison.

La Nasse fut toujours l’ami des Français. En 1629, il annonça à Québec l’arrivée des Anglais à Tadoussac.

Le troisième baptême fut administré en 1632. La Relation le mentionne ainsi: “Demain, écrit le Père, je dois baptiser un petit enfant Iroquois qu’on doit porter en France pour ne jamais plus retourner en ce pays-ci. On l’a donné à un Français, qui en a fait présent à M. de La Raide.” Mme Couillard, fille de Mme Hébert, fut sa marraine et Emery de Caën, son parrain. Comme il fut baptisé le jour de la fête de saint Louis, on lui donna le nom de Louis.

“Ce pauvre petit, écrit le Père, n’a que quatre ans; il pleurait avant le baptême, je ne pouvais le tenir. Si tôt que j’eus commencé les cérémonies, il ne dit plus mot; il me regardait attentivement et faisait tout ce que je lui disais de faire. Je crois qu’il fut Iroquois; mais j’ai appris qu’il est de la nation du feu. Son père et sa mère furent pris et brûlés par les Algonquins, qui le donnèrent aux Anglais; ceux-ci le donnèrent aux Français.”

La sympathie de Mmo Hébert ne se limitait pas aux pauvres sauvages, mais elle s’étendait encore à d’autres déshérités de la terre.

En 1632, outre les petits sauvages dont nous venons de parler, se trouvait dans sa maison un petit nègre auquel elle enseignait les vérités de la foi. C’est encore la Relation de 1632, qui rapporte ce fait.

“Je suis devenu régent, écrit le Père Le Jeune, j’avais l’autre jour à mes côtés un petit nègre et u®

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