CHAPITRE XII
Nicolet partit le 1 juillet 1634 avec le Père Brébœuf. En passant aux Trois-Rivières, il travailla a fortifier cette place. Puis il continua sa course et s’enfonça jusque sur le territoire des Illinois, il s’arrêta à trois jours de marche du fleuve Mississipi. Il revint à Québec par le même chemin ; et on l’envoya plus tard aux Trois-Rivières. Il s’acquitta de ses fonctions d’interprète: “avec une satisfaction grande des Français, desquels, dit la Relation , il était estimé et aimé. Il aidait beaucoup, autant que sa charge le permettait, à la conversion de ces peuples, qu il savait manier et tourner avec une grande dextérité, qui a peine à trouver son pareil.”
Le 22 octobre 1637, Jean Nicolet célébra son mariage avec Marguerite, fille de Guillaume Couillard.
Le contrat fut passé en présence des témoins suivants: noble homme François Derré de Gand, commis-général de la Compagnie, honorable homme Olivier Le Tardif, Nicolas Marsolet, Noël Juchereau, Pierre de La Porte, honorable homme Guillaume Couillard, Marie- Guillemette Hébert, Guillaume Hubou et Marie Rollet, sa femme, veuve, en premières noces de Louis Hébert.
Nicolet reçut, en même temps que Le Tardif, une concession de cent-soixante arpents de terre sur le coteau Sainte- Geneviève. Un ruisseau, appelé Belleborne, séparait cette propriété, et Nicolet porta dans la suite le nom de sieur de Belleborne.
Nicolet, après son mariage, demeura aux Trois-Rivières. En 1642, durant l’été, il fut mandé à Québec pour remplacer son beau-frère Olivier Le Tar-
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dif, au magasin. Durant son séjour à Québec, un soir d’orage, on vint l’avertir que des Algonquins des environs de Trois-Rivières avaient capture un sauvage de la Nouvelle- Angleterre, et qu’ils venaient de le condamner à mort, en le tourmentant de la manière la plus cruelle.
Les Français et les missionnaires, par leurs tentatives pour le délivrer, n’avaient fait qu’augmenter la colère des barbares. On pensa alors à aller chercher Nicolet qui exerçait une grande autorité sur la tribu.
Malgré la longueur du voyage et les périls auxquels il s’exposait, Nicolet n’hésita pas un seul instant. Un malheureux était aux prises avec la mort la plus cruelle... qui sait, peut-être une âme à sauver? Cette pensée stimula son dévouement et il partit avec ses compagnons. Mais, ce brave, ce héros, ne devait plus revoir les siens ici-bas. Voici comment la Relation raconte cette mort glorieuse: “M. Olivier, commis-général, étant venu l’an passé en France, le sieur Nicolet descendit en sa place, avec une joie et consolation sensible de se voir dans la paix et la dévotion de Québec; mais il n’en jouit pas longtemps, car un mois ou deux après son arrivée, faisant un voyage aux Trois-Rivières pour la délivrance d’un prisonnier sauvage, son zèle lui coûta la vie, qu’il perdit dans le naufrage. Il s’embarqua à Québec, sur les sept heures du soir, dans la chaloupe de M. de Sévigny, qui tirait sur les Trois-Rivières. Us n’étaient pas encore arrivés à Sillery, qu’un coup de vent du Nord-Est, qui avait excité une terrible tempête sur la grande rivière, remplit