CHAPITRE XIII
Vers le même temps, pour favoriser les Dames de l’Hôtel-Dieu, il leur concéda un emplacement; il mit pour conditions, cette fois, qu’outre la jouis-' sance d’un banc dans leur chapelle, et ce, à perpétuité, il y serait inhumé, ainsi que Marie- Guillemette Hébert son épouse.
En 1654, le roi de France, pour reconnaître les services qu’il avait rendus à la colonie, le décora du titre de noblesse. Il prit pour armes: D'azur , à la colombe éployée d' or , tenant dans son bec un rameau d' olivier de sinople. Pour devise, il choisit : “Dieu aide au premier colon. "
Ses lettres de noblesse furent renouvelées en 1668 en faveur de ses fils, Louis Couillard de Lespinay et
Charles Couillard des Islets de Beaumont.
Les armes suivantes furent adoptées par les Couillard de Lespinay, des Prez, du Puy, des Ecores et L’Islois: D'argent , à l'olivier de sinople mouvant d'un rocher à trois coupeaux au naturel, éclairé par un soleil , en chef , à senestre , d'or. L'écu timbré d'un casque et d'une couronne de comte, avec une colombe d'argent en cimier, portant en son bec un rameau d'olivier de sinople. Supports: deux branches d’olivier. Devise: Prix des travaux n'a rien de vil.
Les Couillard de Beaumont, portèrent: D'azur au cerf d'argent, passant et contourné, ramé d'or, onglé de meme. Devise : Au champ labeur, au camp valeur.
Le 15 juillet 1661, Guillaume Couillard fit une nouvelle concession, aux Dames de l’ Hôtel-Dieu’ d’u-
ne pièce de terre pour servir de cimetière aux pauvres qui mouraient à T Hôpital. En 1679, Marie- Guillemette augmenta cette concession.
Guillaume Couillard aimait à prendre une part active aux fêtes et aux réjouissances publiques. A la Saint-Joseph, chaque année, il allumait un feu de joie. Au jour de la Fête-Dieu, il érigeait dans son jardin un reposoir magnifique; en passant devant sa maison, les soldats tiraient des salves de mousquets et de fusils. Les Jésuites, au jour de l’an, lui faisaient leur visite annuelle; ils retournaient à leur couvent avec quelques petits présents. Comme on le voit, ce vétéran de la colonie était entouré de la considération de ses concitoyens.
Deux deuils attristèrent les dernières années de Guillaume Couillard. Ses deux fils, Nicolas et Guillaume, tombèrent sous les coups des Iroquois. La mort de Joseph Hébert, petit-fils de Louis Hébert, arrivée presque en même temps, vint encore briser le cœur de ce respectable vieillard.
Nicolas Couillard, sieur de Belleroche , fut tué sur Elle d’Orléans, en allant porter secours à son frère Louis Couillard de Lespinay. Voici en quelles circonstances. Au mois de juin de 1 annee 1661, Louis Couillard de Lespinay partit pour aller à la chasse sur l’Ile d’Orléans. Genevieve des Prez, son épouse, sœur de Mme Jean de Lauzon, le Sénéchal de la Nouvelle-France, et fils du gouverneur de ce nom, ayant appris que les Iroquois avaient fait leur apparition sur l’île, supplia ce dernier d’aller délivrer son mari.