‹ Louis HebertChapitre 63 sur 74 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

“M. de Lauzon, pour signaler l’amitié qu’il lui portait, partit avec six jeunes gens dans une chaloupe; étant arrivé vis-à-vis la maison du sieur Maheu, qui était au milieu de l’île, et qui avait été abandonnée depuis quelques jours, il la fit échouer à maréebasse entre deux rochers. Il y envoya deux de ses compagnons pour voir si les habitants avaient eu le temps de s’enfuir. Celui qui ouvrit la porte de l’habitation se trouva en présence de quatre-vingts Iroquois qui le tuèrent et ils firent l’autre prisonnier.

“Il ne restait plus que cinq Français, mais ils résolurent de vendre chèrement leur vie. Les Iroquois proposèrent aux Français de se livrer, leur garantissant la vie; mais tous se défendirent jusqu’au dernier soupir. M. de Lauzon eut les bras tout meurtris et hachés des coups qu’on lui avait donnés pour lui faire mettre bas les armes... Après sa mort les Iroquois lui coupèrent la tête qu’ils emportèrent dans leur pays. Ainsi furent massacrés sept Français; ces derniers tuèrent un bien plus grand nombre d’ Iroquois, dont on trouva les ossements lorsqu’on alla lever les corps des nôtres; leurs gens ayant brûlé les corps de leurs morts selon leur coutume et laissé entiers ceux de nos Français.

“Après cette horrible boucherie, ces barbares s'étant aperçus qu’on envoyait des troupes a leur poursuite se sauvèrent à la hâte. Par malheur le secours arrivait trop tard : car M. d’ Argenson, Gouverneur, n’eut la nouvelle de ce désastre que par M. de Lespinay, celui même pour lequel on s était mis au hasard qui, ayant entendu le bruit des fusils, fit voile vers Québec, pour avertir qu’il y avait du danger.

Mais, quand il sut que c’était pour lui que oes vaillants gentilshommes s’étaient exposés, il faillit mourir de douleur.”

Telle fut la mort héroïque de Nicolas Couillard et de ses compagnons. Le fils de Guillaume Couillard, M. Jean de Lauzon, Ignace Sevestre furent inhumés dans l’église de Québec, le 24 juin 1661.

Au mois d’octobre de l’année 1662, Guillaume Couillard, sieur des Chênes, fut tué à Tadoussac, avec un autre Français. Comme on le voit, les deuils succédaient aux deuils dans la famille Couillard.

A quelque temps de là on apprit la certitude de la mort de Joseph Hébert, petit-fils de Louis Hébert. Il avait épousé, le 12 octobre 1660, Mlle Marie- Charlotte, fille de feu Pierre-Charles de Poytiers, écuyer, capitaine d’infanterie, et de feue Mlle Hélène de Belleau, du petit Espagne, sis à une lieue de la ville de Montdidier, en Picardie.

Hélène de Poytiers convola en secondes noces avec Simon Lefebvre, sieur Angers. Il fut l’ancêtre de de l’honorable famille de ce nom si répandue dans les environs de Québec.

Quant à Françoise Hébert, sœur de Joseph, et nièce de Guillaume Couillard, elle épousa, le 20 novembre 1651, Guillaume Fournier, originaire de Coulme en Normandie. Il est l’ancêtre des Fournier, Blanchet, Laflamme, Michon, toutes familles avantageusement connues dans le district de Montmagny.

Monument Hébert

Statue de Guillaume Couillard

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