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CHAPITRE XIV

A sa mort il laissait ses enfants dans une situation sociale des plus enviables. Alliés aux familles les plus influentes du Canada, jouissant des biens de la fortune, ses descendants jouèrent, dans les affaires de la colonie, un rôle important (1).

Guillaume Couillard fut inhumé dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Québec, le 5 mars 1663, au milieu d’un grand concours du peuple et du clergé (2) .

Cette année même Mgr de Laval, évêque de Québec, jeta les bases du Séminaire. Le roi de France, au mois d’avril suivant, confirma par lettres patentes, l’établissement de cette institution qui a rendu depuis d’éminents services à la colonie.

L’œuvre du grand évêque ne devait pas s’arrêter là. Mgr de Laval comprit bien vite qu’il avait besoin de prêtres pour son immense diocèse. Il résolut de fonder un Petit Séminaire pour préparer par des études sérieuses les élèves qui voulaient diriger leurs pas vers le sanctuaire.

Pour conduire cette œuvre à bonne fin, il fallait de ressources ! Le digne évêque compta sur la Provilence. LT ne maison devenait nécessaire pour re-

(1) Voir La première famille française an Canada et Y Histoire des Seigneurs de la Rivière du Sud.

(2) Extrait du registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Notre-Dame de Québec, pour l’année mil six cent soixantetrois :

“L’an mil cent soixante-trois, le quatre mars, mourut en sa maison après avoir reçu les sacrements d’Eucharistie et d’extrême-onction, monsieur Guillaume Couillard, ancien habitant de ce pays et le lendemain cinquième du même mois, il a été inhumé dans l’église de l’Hôtel-Dieu de ce pays, par le clergé de cette paroisse”.

Lequel extrait, nous, vicaire de Notre-Dame de Québec, soussigné, certifions être vrai et conforme au régistre original déposé dans îes archives de la Cure de Québec.

Expédié à Québec, le trois du mois de février mil neuf cent quatre.

A. Faucher, Ptre.

cevoir les élèves! Près du palais épiscopal, entourée d’un grand jardin, se trouvait la maison de Mme Couillard, qui suffirait pour les premières années. Mgr de Laval ne pouvait souhaiter d’endroit plus favorable pour asseoir cette nouvelle institution. Un vaste terrain, en partie en culture, joignait celui de la fabrique et celui de l’Hôtel-Dieu. Son site, l’un des plus beaux des environs, offrait une vue superbe sur la rade de Québec, sur l’Ile d’Orléans, la Pointe-Lévis et la rivière Saint-Charles.

Une question fort importante restait à résoudre. Mme Couillard consentirait-elle à se départir d’une si belle propriété? Cette vieille maison ne renfermait-elle pas des souvnirs chers à son cœur? Cette terre qui produisit des récoltes abondantes n’étaitce pas son père, Louis Hébert, n’était-ce pas son mari, qui, jour par jour, l’avaient défrichée? Ellemême avait passé tant d’années dans cette maison où elle avait élevé ses enfants. Ceux-ci consentiraient-ils à la vente d’un domaine que le roi de France avait accordé à leur aïeul pour en jouir en fief noble et seigneurie?

Mgr de Laval a dû se poser ces questions bien des fois. Mais il était réservé à la maison de la première famille canadienne l’honneur d’être aussi le berceau du Petit Séminaire de Québec. Dieu avait des vues privilégiées sur cette terre qui avait bu les sueurs de nos premiers ancêtres. Par une coïncidence heureuse, ce foyer chrétien, le premier établi sur nos bords, fut transformé en un fover de science

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