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en et le lendemain 1 er septembre, à la queue du P ainp de bataille, j'y rencontrai en particulier Saiidevenu chef d’escadron, qui attendait avec deux atteries le moment de s’engager.
)J a i rarement éprouvé un plus grand serrement de Cctilir > qu’en voyant les dernières chances qui nous Estaient aussi honteusement abandonnées, car chaque 0ls qu'on se battait je reprenais confiance. »
(Papiers posthumes de ltossel recueillis par Jules Amigues.)
. ^ êtait-ce pas une chose étrange que ces hommes lnc onnus les uns aux autres songeant à la fois à la heure néfaste, où les despotes achevaient leur °Suvre — les uns à proclamer la République libéra- . Ce > les autres, à débarrasser l’armée des états- ma* JOrs insolents et viveurs de l’Empire.
Taudis que les victoires par dépêches continuaient. 8 °anaient leurs trompes sur toutes les défaites, on cilt e xécuté Eudes et Brideau sans les retards apportés à Ce tte exécution par une lettre de Michelet couverte de huiliers de signatures protestant contre cette criminelle
biesure.
Tn tel vent d’effroi passait sur Paris pendant cette dernière plia; se de l’agonie impériale que plusieurs de Ce üx qui avaient d’abord, avec enthousiasme donné <Jllr signature, venaient la redemander (il y allait, dirent-ils, de leur tête !)
domine il y allait surtout de la tête de nos amis Eud^s et Brideau, j’avoue pour ma part n’avoir voulu rendre aucune de ces signatures sur les listes qui m’éta »ent confiées.
^ous fûmes chargées, Adèle Esquiros, André Léo et de porter le volumineux dossier chez le gouvernei) rde Paris. — C’était le général Troc hu.
Ce n’était pas chose facile d’y parvenir mais on
avait eu raison de compter sur l'audace féminine-
Plus on nous disait qu’il était impossible de pénétrer chez le gouverneur, plus nous avancions.
Nous parvînmes à entrer d’assaut dans une sorte d’antichambre entourée de banquettes appuyées cou' tre les murs. J.
Au milieu, une petite table couverte de papiers — là attendaient d’ordinaire ceux qui voulaient voir le gouverneur; — nous étions seules.
On espérait nous chasser poliment, mais après nous être assises sur une des banquettes, nous déclarâmes que nous venions de la part du peuple de Paris pour remettre en mains propres au général Trochu des papiers dont i! fallait qu’il eilt connaissance.
Ces mots de la part du peuple firent un peu reliéchir, on n’osait pas nous jeter dehors et la douceur fut employée pour nous faire déposer notre dossier sur la table, cela fut impossible à obtenir «le nous.
L’un de ceux qui étaient là se détacha alors et revint avec un individu qu'on nous dit être le secrétaire de Trochu.
Celui-ci entra en pourparlers avec nous, dit que Trochu étant absent, ü avait l’ordre de recevoir à sa place ce qui était adressé au général ; — il voulut bien consigner sur un registre le dépôt du dossier que nous lui remîmes, après des preuves que nous n’étions pas trompées.
Ce secrétaire ne semblait pas hostile à ce que nous demandions et il trouva naturelles les précautions , prises par nous.
Le temps pressait, et malgré l’assurance du secrétaire que le gouverneur de Paris avait un grand respect pour la volonté populaire nous vivions en continuelles craintes d'apprendre l'exécution faite tout à coup, dans quelque accès de délire impérialiste.
Une armée allemande descendant la Meuse, les Fran- Cais se replièrent sur Sedan.
Un lii à, ce propos dans te rapport officiel du géné- Ia Ducrot, — celui qui ne devait rentrer que mort ou glorieux, mais ne lut ni l’un ni l’autre : « Cette place e Sedan avait son importance stratégique puisque. Se ralliant à tous par âiézières et l'embranchement
IT uson s elle était i 'unique moyen de ravitaillement , IIae armée opérant par le nord sur Metz, était à peine
* a kri d’un coup de main ; ni vivres ni munitions, u approvisionnements d’aucune sorte: — quelques P'eces avaient trente coups à tirer, d'autres six, mais a plupart manquaient d’écouvillons. »
Le 1 er septembre, les français furent enveloppés et r °yés comme en un creuset par l’artillerie allemande fiai occupait les hauteurs.
Leux généraux tombèrent : Treillard tué, .Marfe^eritte mortellement blessé.
Bauf remont alors, sur l’ordre de Ducrot, entraîna ^°utes les divisions contre l’armée prussienne.
L y avait le 1 er hussards et le 6 e chasseurs, brigade
T Ulard,
Les 1 er , 2 e et -4 e chasseurs ci Afrique, brigade Mar* fritte.
Le fut horrible et beau ; c’est co qu'on appelle la charge de Sedan.
L impression en fut si grande que le vieux Gui U fiume s’écria : O les braves gens !
La boucherie fut telle, que la ville et les champs en- P| r Onnants étaient couverts de cadavres.
^ ce lac de sang les empereurs de France et d'Alle- ^goe eussent pu largement étancher leur soif.
Le 2 septembre, dans la brume du soir, l'armée v ictOrieuse debout sur les hauteurs chanta un cantique , étions de grâces au dieu des armées, qu’invoquaient également Bonaparte et Trochu.
Les mélodieuses voix allemandes, toutes pleines dé rêve, planèrent inconscientes sur le sang versé. ;
Napoléon III ne voulut pas des chances du désespoir, il se rendit et avec lui plus de quatre-vingt miÜP hommes, les armes, les drapeaux, cent mille chevauxi 650 pièces de canon.
1 /Empire était fini et si profondément enseveli, que rien jamais n’en peut revenir. j
L’homme de décembre aboutissant à l’homme d<? Sedan entraînait avec lui toute la dvnastie. ;
C’en est fait désormais, on ne pourra jamais remuer que la cendre de la légende impériale.
!1 semble, sur le vallon de Sedan, voir pareille à un vol de fantômes passer la fête impériale menée avec les dieux d’Offenbach par l’orchestre railleur de la Be$
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Jiélt'ne ; tandis que spectral monte l’océan des morts*
On a depuis attribué à Gallifet ce que fit Ilaufre* mont, pour diminuer l'inoubliable horreur de l’égorgement de Paris; nous savons que Gaiiifet était à Sedan puisqu’il y ramassa le chapeau à plumes blanches de Margueritte, cela ne fait absolument rien, au sang dont il est couvert, et qui ne s’effacera jamais* Les prisonniers de Sedan furent conduits en Alla* magne. 1
Six mois après, la commission d’assainissement des champs de bataille fit déblayer les fossés dans lesquels à la hôte, les morts avaient été entassés. Ou versa sur eux de la poix et à l’aide de bois de mélèze on alluma un bûcher. •
Sur les débris, pour que tout fût consumé, on jeta de la chaux vive.
Elle fut, ces années-là, la chaux vive, une terrible mangeuse d’hommes. ■ i