PAS ©'ARMISTICE LA COMMUNE RÉSISTANCE A MORT VIVE LA RÉPUBLIQUE
La foule applaudissait et parfois, sentant 1 ennemi,
\ Poussait en clameurs formidables le cri : A bas Thiers !
0f i eût dit qu’elle hurlait à la mort. Beaucoup de ceux ; pi avaient été trompés criaient plus fort que les autres : Trahison ! trahison !
De premiers délégués furent éconduits avec les ordi- | n aires serments que Paris ne serait jamais rendu.
I JTrochu essaya de parler, affirmant qu il ne restait
Plus qu’à battre et chasser les Prussiens avec le patriotisme et l’union.
On ne le laissa pas continuer et toujours comme au ; 4 septembre un seul cri montait jusqu au ciel . La Gom-
I mu ne ! Vive la Commune î
Une poussée énorme précipite les manifestants sur 1 hôtel -dé- ville, où les mobiles bretons étaient entassésdans les escaliers. L «français entre comme un coin au j milieu d'eux et le vieux Beslay luisant monter sur
ses épaules, Lacour de la chambre syndicale des re-
Heurs, le fait passer par une petite fenêtre près de la grande porte, des volontaires de Tibaldi s y précipitent, ia porte est ouverte et engloutit la foule tant quelle y peut tenir.
Autour de la table, dans la grande salle étaient Trochû, -Iules Favre, Jules Simon, à qui sévèrement des hommes du peuple demandaient compte de la 1&cheté du gouvernement.
Frodiu, par \ hrases interrompues de cris indignés, expliqua qu'il avait été avantageux pour la France d'abandonner les places prises la veille par l’armée allemande, étant donné les circonstances!
L'entèté breton continuait quand même, lorsque tout à coup il pAlii; on venait de lui passer un papier sur lequel étaient écrites les volontés populaires.
Déchéance du gouvernement.
La Commune.
Résistance à mort.
Pas d’amnistie.
C’est la fin de la France ! dit Trochu profondément convaincu.
H comprenait enfin ce que depuis plusieurs heures on ne cessait de lui répéter, la déchéance du gouvernement de la défense nationale.
A ce moment, Trochu détacha une décoration qu’il portait et la passa à un officier des mobiles bretons.
— Ceci est un signal! s’écria Cipriani , le compagnon de Flourens.
Se sentant devine, Trochu regarda autour de lui où les réactionnaires en grand nombre commençaient à se glisser, il parut se rassurer.
Les membres du gouvernement se retirèrent pour délibérer et, sur leur demande, Roche fort consentit à annoncer la nomination de la Commune, car personne ne les croyait plus, il se mit à l'une des fenêtres de rHôteLde-Yille, fit part à la foule de la promesse du
o fJ u ve rne ment, déposa sa démission sur la table et lut e rotnené par des révolutionnaires à BelleviHe où, dirent-ils, on le. demandait.
Autour de Trochu se rangeaient les Bretons, comme ' ü ' 5 daïfs et têtus, le gardant, ainsi qu'ils auraient fait ÜUlle A'otre-Dame dans les landes d’Armorique; ils ^tendaient ses ordres, mais Trochu n*en donna pas.
Pendant ce temps, quelques membres du gouvernement, escomptant la bonne foi de Fl ou rens et des gardes llf dJonaux, sortirent sous divers prétextes et mirent P°ur trahir le temps à profit.
Picard faisait battre le rappel et le J06 f bataillon de
garde nationale composé entièrement de réaction- *) uir e. vint sous la conduite d'ibos, dont le courage ( dait (ligne d'une meilleure cause, se ranger à la grille de l’Hètel-de-Ville.
P* 0 10f) c priant : Vive la Commune ! on le laissa entrer.
bientôt 40.000 hommes entourèrent rilôtcl-de-\ ille et ( < pour éviter un conflit », dit Jules Ferry, les couv ®iiio ns étant faîtes les compagnies de Flourens de- Vhietit se retirer.
Moins naïf que les autres, le capitaine Greffier, avait '•'été Ihos, mais Trochu, -Iules Favre et Jules Fei ry donnant de nouveau leur parole de la nowimnfîàtt de la ^°tnmune promirent en outre que la liberté serai i gar,a ntie A tous, quelle que fût l'issue des événements.
Les membres du gouvernement restés à 1 Hôtel-de- ^ hic se groupèrent dans l'embrasure d'une fenêtre d où l’on vovait rangés les hommes du 106 e bataillon.
Millière A ce moment ayant l’idée d une trahison probable, voulait faire appel aux gardes nationaux des faubourgs, mais Flourens refusa, disant que c'était une défiance inutile, la parole étant donnée. — Mtllière se ra, i§eant A son avis, renvoya son bataillon qui était Venu se ranger sur la grève.
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S6 LA COMMUNE
La ioule s’était calmée devant l’affiche qu’on placardait annonçant la nomination de la Commune par voie d’élection; ceux qui confiants rentrèrent chez eux apprirent le lendemain avec stupeur la nouvelle trahison du gouvernement*
Fèrry, qui était allé rejoindre Picard, revint à la tète de colonnes nombreuses qui se rangèrent en bataille.
En même temps, par îe souterrain qui allait de la caserne Napoléon A FlIÔtel-de- Ville arrivaient de nouveaux renforts de mobiles bretons. — Trochu l’avait
dit, ils allaient :
Monsieur de Charelte a dit à ceux de chez nous :
Venez tous ;
Il faut combattre les loups.
Le gaz ayant été éteint pour te guet-apens, les Jîretons, baïonnette en avant, se glissaient par le souterrain* tandis que les bataillons de l'ordre conduits par Jules Ferry entraient par la grille.
Blanqui ne se doutant pas qu’on pouvait manquer ainsi à sa parole, lit remettre à Constant Martin l’ordre d’installer è la mairie du 1 er arrondissement le docteur Pilot en remplacement du maire Tenaille-Saligny. A la porte de la mairie un soldat croise la baïonnette, Constant Martin relève le fusil et entre avec ses amis. A la salle du conseil, Mdline épouvanté va chercher le maire non moins épouvanté; il remet les sceaux et le coffrefort aux envoyés d ; Blanqui. Mais le soir la mairie était reprise. - Fiourens était sorti avec le vieux Tnmisier entre deux haies de soldats: Blanqui et Millie re sortirent également, le gouvernement n’osant pas d’abord montrer son mépris de la parole donnée; — le soir même du 31 octobre avait lieu A la Bourse une
réunion des officiers de ta garde nationale à propos des événements des trois derniers jours.
Comme on criait du dehors :
Tous les officiers à leurs
Postes, un homme tenant une affiche blanche s'élança au bureau, la générale battait dans Paris; l’affiche,
c ctait le décret de convocation pour le lendemain ai i : l ( e dominer la Commune!
Vive la Commune! crièrent les gardes nationaux Présents. — Mieux eût valu, dit une voix, la Commune
révolutionnaire nommée par la foule.
Qu’importe ! s’écria Itochebrune, pourvu qu’elle busse Paris se défendre de l'envahissement, h émit alors cette idée, la même que Lullier propoquelques semaines auparavant, que Paris investi a aurait jamais sur un seul point de 1 enceinte, que quelfjueg milliers d’hommes, dont une sortie de deux C( ‘ n t mille pouvait et devait avoir raison.
Les acclamations s’élèvent; on veut nommer Hoche brmie général de la garde nationale, mais il s’écrie ;
~~~ La Commune d’abord!
Alors un nouveau venu s'élance a la tribune, il ra- °°nte que le t06 c bataillon a délivré le gouvernement, l’affiche a menti, que la défense nationale a menti, plus que jamais le plan de Trochu réglait la marche et l’ordre des défaites et que Paris devait plus que jamais veiller lui-même a n’êtrc pas livré. On crie : ^ ' v e la Commune !
Un gros homme qui attend on ne sait pourquoi sur place se mêle aux gardes nationaux et cherche à primer son opinion : — 11 faut toujours des chefs, dit-il, il faut toujours un gouvernement pour vous
mener.
Ce doit être un orateur de la réaction, on a bien autre chose à faire que de l’écouter.
Oui. L’affiche avait menti, le gouvernement avait
menti.
Paris ne nommait pas sa Commune.
Tous ceux qui la veille avaient été acclames étaient décrétés d’accusation : Blànqui, Millière, Hou rens,
Jncl&rd) Yermorel, Félix Pyat, Lelrançais, Eudes, Levrault, Tridon, Hanvier, Rnzoua, Tibaldi, Goupil, l’illofc» Vesinier, Ré gère, Cyrille, Maurice Joly, Eugène due
lelain.. *
Quelques-uns déjà, étaient prisonniers. Félix Pyat, Vesinier, Venhorel, Tibaldi, Lefrancais, (loupil, Tridon, Hanvier. Jaclard, Baüer étaient déjà arrêtés; les prisons s’emplissaient contenant parmi les révolutionnaires bon nombre de pauvres gens arrêtés comme toujours par méprise, et qui n’avaient rien fait, — ces tristes figurants ne manquent jamais dans toutes les révoltes. Quelques-uns y apprennent pourquoi il y a des révoltés.
L’alla ire du 31 octobre fut ainsi libellée parles juges au service de la défense nationale.
Un attentat, dont îe but était d’exciter à la guerre civile en armant les citoyens les uns contre les autres; comprenant séquestration arbitraire el menaces sous conditions.
L'Empiré va-t-il donc revenir ? disaient les naïfs. Il notait jamais disparu, ses lois n'ont pas cessé eneore d’exister, elles se sont aggravées même, mais le recul des Ilots rend plus terribles les tempêtes.
Les juges chargés du dossier du 31 octobre étaient Quesenet, ancien juge de l'Empire, Henri Didier, pror cureur de la Bépublique.
Leblond procureur général, (éb même Leblond qui avait défendu l'un des accusés delà haute cour de lîlois, il se récusa presque, il est vrai, disant qu’il n’était que le mandataire de Jules Favre et d’Emmanuel A ragé . )
Edmond Adam, préfet de police, donna sa démission, ne voulant pas opérer les arrestations qui lui étaient ordonnées.
A niêtel-dc-Ydle, les mobiles bretons, leurs veux bleus lixés dans le vague, se demandaient si M. Tro-
uc débarrasserait pas bientôt là France des cri* qui y causaient tant de désastres afin qu'il fût permis de revoir la mer, les rochers île granit durs comme leurs crânes, les landes où s'ébattent les I J °ulpîquets et de danser aux pardons les jours où arlnor est on fête.