DANS PARIS
Majorité rurale, honte de la France *
(Gaatoin CftÉuitirx.)
Un second délai fut accordé jusqu’au 28 février et le gouvernent ont qui se défiait de Paris obtint que l’armée allemande n’y entrerait que le l fr mars. Trochu avait donné sa démission afin de tenir sa parole
° u plutôt de paraître la tenir. (Le gouverneur de Par J s ne capitulera pasl) Vinoy l’un des complices de “Kpoléon III au 2 décembre remplaçait Troçhu.
l’nris, comme toute la France dressait des listes de candidats s'estompant du républicain à l'internationaliste.
Ceux qui avaient encore quelque confiance aux urr, es éprouvèrent des surprises, telles que de voir Thiërs, qui, la veille de la proclamation officielle, avf dt 61,000 voix, ce qui déjà semblait exagéré, en Annoncer le lendemain 103,000! Ce sont les secrets du suffrage universel.
5ur quelques listes, dites des quatre comités, le n °àâ de 1)1 a n qui avait été proscrit, quoique plusieurs Internationaux y fussent inscrits, Iïlanqui, c était I é-
P°uvantail.
Les clubs choisirent les noms des internationaux, uussi bien celui de Liebneck qui avait énergiquement Protesté contre la guerre que celui des internationaux
français.
Un grand nombre de révolutionnaires n’ayant pas confiance au suffrage universel, moins universel ^Ue jamais, s’abstinrent! ils furent, comme on l'avait ff )ït pour le plébiscite précédent, remplacés par les réfugiés, les soldats, les mobiles bretons.
M. Thiers qui menait la campagne en province fit voter tous les effarements- toutes les réactions, il sut Militer toutes les lâchetés, si bien, qu'il fut élu dans vin gl- trois départements. On l’appela le roi des radicaux.
A la première séance de cette assemblée réactionbaiiv, Garibaldi ne put se faire entendre, les vociféra- U ou s couvraient sa voix, tandis qu il offrait ses bis a a Hépublique.
Gc ne le vieillard restait debout au milieu du tq-
mifc, Gaston Crômieux de Marseille, qui devait être
fusillé quelques semaines plus tard, s'écria, aux ap* plaudissements de la foule entassée dans les tribunes ■ Majorité rurale, honte de là France !
L’assemblée de Bordeaux fut jusqu’au bout digne de son début, il fut impossible à quiconque pensait librement de rester dans ce milieu hostile à toute idée généreuse.
Roche fort, Ma Ion, Kanc, Tridori, Clemenceau donnèrent leur démission.
* 'elle de quatre d’entre eux était collective et conçue en ces termes :
« Citoyen président, les électeurs nous avaient donné le mandat de représenter la République française .
» ur, parle vote du d CT mars, rassemblée nationale a consacré le démembrement de la France, la ruine de la patrie, elle a ainsi frappé ses délibérations de nullité :
» Le vote de quatre généraux et l’abstention de trois autres démentent formellement les assertions de M. ïhiërs. Nous ne pouvons demeurer un jour de plus dans cette assemblée.
» Nous vous donnons donc avis, citoyen président, que nous n’avons plus qu'à nous retirer.
» Henri Roche fort. Maron de l'Internationale,
Il akc, Tnt don de la Côte-d’Or. »
(îarîbaldi, Victor Hugo, Félix Pyat, Dlclescluze donnèrent également leur démission de députés.
Le gouvernement appelé nouveau parce que c'était surtout la même chose que l’ancien, fut ainsi composé par l’assemblée capituïarde.
Tiiiers, chef du pouvoir exécutif.
Jules Fa vue, ministre des affaires étrangères.
Ernest Picard, intérieur.
Pufaure, justice.
Général Lk Flo, guerre.
Pouyer-Qüertieb, finances.
< ) .t M UXE
Jules Simon, instructimi publique.
Amiral Pothuàu, marine.
Lamdbecht, commerce.
pEL are y, travaux publics.
Jules Ferry, maire de Paris.
Vinoy, gouverneur de Paris.
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Les conditions de la paix étaient ’ la cession de ^Alsace et d’une partie de la Lorraine avec Metz.
Le paiement en trois années, de cinq milliards d’indemnités de guerre.
. Inoccupation du territoire jusqu’à parlai paiement des cinq milliards.
L'évacuation à mesure, et en proportion -!■ s sommes
v ersées.
Le 27 février, le bruit se répandit dam Paris de
* entrée de l’armée allemande.
Aussitôt les Champs-Elysées furent coin en s de gardes nationaux. Le rappel battait dans la nuit.
, On se ressouvint qu à la place Wagram n y avait des canons que les gardes nationaux des laubourgs avaient achetés par souscriptions, et qui leur appartenaient, pour la défense de Paris.
A la place des Vosges, également, étaient, des cations achetés par les bataillons du Marais, chaque quartier avait tes siens. Hommes, feuinu s, enfants s attelèrent ; les pièces de Montmartre roulées jusqu'au boulevard Ornano, sont montées sur la butte.
Bellevïlle et la Yilletle traînent les leurs aux buttes Chaumont.
Les pièces du Marais sont laissées place des Vosges. C’est le meilleur endroit pour un parc d’artillerie.
Deux mille gardes nationaux se réunissent au comité central. On préparé les aiüches suivantes puui
te lendemain.
« La gardé nationale proteste, par l’organe de son comité central, contre toute tentative de désarme-
un ni. et déclare qu'au besoin elle y résistera par les armes.
» / û Comité centrai de la garde nationale. »
Ce a" n.festc fut affiché le lendemain 28 ainsi que le suivant.
h Les révolutionnaires ne voulant pas faire inutilement égorger une partie de la population,
» Le son liment de là population paraît de ne pas s'opposer ; Centrée des Prussiens dans Paris. Le comité central qui avait émis une opinion contraire déclare qu’ii se rallie à la proposition suivante :
» li sei a établi autour des quartiers que doit occuper 1 ennemi une série de barricades destinées à isoler complètement cette partie de la ville.
» L'-s habitants de la région Circonscrite dans ses limites devront l'évacuer immédiatement,
» La ardc nationale, de concert avec l’armée formée en cordons tout autour, veillera à ce que l'ennemi ainsi isolé sur un sol qui ne sera plus notre ville, ne
puisse en aucune, façon communiquer avec les parties retranchées de Paris.
« Le comité central engage la garde nationale à prêter son c< a cours à 1 exécution des mesures nécessaires à ce b i et à éviter toute agression qui serait le renversement immédiat de la République.
» Le Comité central de la garde nationale .
» Alavoinc, Rouit, Front .ier, Boursier, David Roison, Baroud, liritz, Tessier, Hamel, Badois, Arnold, Piconel, Audoynard, Masson, Weber, hagarde, Larpque, Bergeret, Douchai n, Lavalette, Fleury, Maljournal, Chanteau, Cadaze, Castroni, Dutil, Ma Dé, Oslyn. »
L'armée se retira sur la rive gauche, la gardé nationale seule, sans trouble, sans provocation, sans faiblesse, exécuta son programme.
Cette nuit-là avait une impression de grandeur.
11 semblait que de quelque part de l'espace on regardât passer dans l’ombre d’une ville morte, un fan* tome d’armée.
Les demi-tons incisifs du tocsin tombaient dans le «pir des rues déserLes.
Les deux tambours géants de Montmartre descendent la rue Ramey, battant un rappel sourd comme Une marche funèbre.
Îles souilles de révolte passaient dans l’air, mais la Joindre agression eût, comme l’avait senti ie comité ‘‘entrai, servi de prétexte à un rétablissement de dynastie. sous la protection de Guillaume.
Quelques instants les drapeaux noirs des fenêtres claquèrent dans le vent, puis il n'y en eu! plus une baleine de vie.
Dé la permanence du comité de vigilance, on ne v oyait que la nuit dans laquelle sonnait le tocsin. — La n uit s'acheva lourde.
Aux Champs-Elysées, paisiblement comme un devoir, °o brisa dans un café qui avait ouvert aux Prussiens, 1° comptoir et tout ce qui avait servi à leur usage et par devoir aussi, sans pitié ni colère, on fouetta des Malheureuses qui pour voir les envahisseurs avaient 1311 toilettes de fête dépassé les barrières.
Que ne pouvait-on faire justice en place de ces produits lamentables du vieux monde de la société putrébée tout entière.
L’assemblée de Bordeaux continua de voter une sé-
de mesures honteuses. Ceux qui composaient à Paris I e gouvernement n’ayant pas comme la défense nationale promis de mourir plutôt que de se rendre, s en donnaient à cœur joie d infamies.
Craignant tous les hommes de. courage qu il appelait la lie des faubourgs, l’assemblée qui n’eût jamais osé affronter Paris, préparait une trahison pour désarmer
de sos canons Vacrùpofe de V émeute, Montmartre, que nous appelions avec la vile multitude la citadelle de la liberté, le mont sucré.
Il y eut un instant où le parti de l’ordre disparate' sant dans la multitude. Paris n’eut plus qu’une seule iltne héroïque criant vers la liberté.
M. Thiers tenant entre ses griffes de gnome Fassent blee de Bordeaux, la pétrissait à sa taille ; et cette as* serablée-là, s’appelait la France: la République!
S ILèVEMEXTS P A tt LC MONDE Pdüil LA UlirR'K
Sorrnei, auriez taupiurs, olaîruü* ilt* la p msCû*
| Victor Hugo )
1! y eut par le momie autour de 71, de grands soulèvements d'idées. ^
Un souffle de tempête les semait, elles ont ramifié grandissant dans l'ombre et à travers les égorgements, elles sont aujourd’hui en fleur; les fruits viendront.
V ers 70 avant, après, toujours, jusqu’à ce que soit accomplie la transformation du monde, l'attirance vers l’idéal vrai continue.
Kst-ce qu'on peut empêcher le printemps de venir, lors même qu’on couperait toutes les forêts du monde?
V ers 70, Cuba, la Grèce, l'Espagne revendiquaient leur liberté : partout, 1rs Esclaves allaient secouant leurs chaînes, les Indes comme aujourd'hui se soulevaient pour la liberté.
Les cœurs montaient assoiffés d’idéal; tandis que ' les maîtres plus implacables armaient leurs meutes inconscientes, les entraînant sur le gibier humain, toujours noyée dans le sang, la révolte renaissait sanse< e ;
c -^tait parfont une marée montante vers l’étape noufo et plug haute, en vue toujours sans qu’elle soit
® n éore atteinte.
répressions déchaînées plus féroces et plus s lu? P j, igs à mesure que la fin arrive sollicitaient comme nous le voyons encore, le pouvoir affolé et croulant.
hn novembre 70, les cachots de Russie regorgeaient. iJes hommes, îles femmes appartenant comme grand n ° m fo'e d’entre nous à la jeunesse des écoles, avaient a dhéré ù rjnternatïpnale ; ils essayaient d’éveiller les
u °njiks courbés depuis si longtemps sur la durezemlla.
l’était avec des paroles simples, avec des figures ( J U il fallait parler ces hommes simples (les Paroles, ! >ai ' Bakounine) connue léchant matinal du coq les tiré* re *U du sommeil.
<( Le peuple russe, disait-il, dans ces images, se ive actuellement dans des conditions semblables à Ce Bcs q u i le forcèrent à F insurrection, sous le tzar Alexis, père de Pierre le Grand. Alors, c’était Stunka Laziiie, cosaque chef des révoltés, qui sc mit à sa tête e ** foi indiqua la voie d’émancipation.
}) Pour se lever aujourd’hui, disait Bakounine, il y a l lr és de vingt-six ans- le peuple n attend plus qu*un houveaü SUnka Itazine, et celte ibis, il sera remplacé bar i a g ion des jeunes hommes déclassés, qui mainfonant vivent de la vie populaire ; Stanka Itazine se s ent derrière eux, non héros personnel, mais collectif par cela même invincible. Ce sera toute cette magnihrpm jeunesse sur laquelle plane son esprit.
a Michel Bakounine. »
fouis une ]ioésie d’Ogarèfï. ami de Bakounine {YEtu~ les jeunes gens au cœur, ardent et généreux, Oyaient l’un d’eux vivant de science et d’humanité à travers les luttes de la misère.
Voué par la vengeance du tzar et des boyards à la vie nomade, il allait du couchant au levant criant aux paysans : rassemblez-vous ! levez-vous! Arrêté par-la police impériale, il mourait dans les plaines glacées de la Sibérie en répétant jusqu’à son dernier souffle que touL homme doit donner sa vie pour la terre et la 1>* berté.
Lors des procès de la Commune, le procès des internationaux était jugé en Itussieavec les mêmes cruautés inspirées par la terreur que tous les despotes ont de la vérité.
Le mouvement en Anÿérique avait commencé dès 1860 à Philadelphie, où JJriah Stephens propageait l’idée du groupement défensif des travailleurs contre l’exploitation. . *
Pendant plusieurs années les réunions des « knights of labour » chevaliers du travail restèrent secrètes, puis fout à coup, dames Wright, Robert Macauley, Yilüani Cook, Joseph Kennedy et d’autres se réunissant à Uriah Stephens, formèrent un premier groupe de propagande, bientôt suivi d’autres; aujourd’hui ce n'est plus par centaines mats par centaines de mille que se comptent les knights of labour.
Ils eurent depuis correspondance pour les grèves, avec les trades union, et les associations ouvrières de l’Amérique du Nord, et celles de l’Irlande contre les évictions.
Elle est en réalité depuis toujours, sous tous les moi us que prend la révolte, à travers les âges, cette union des spoliés contre les spoliateurs; mais à certaines époques telles que 71 et maintenant, elle frémit davantage devant des crimes plus grands, ou peut-être, il est l’heure de briser un anneau de la Ion nue chaîne d’esclavage,
L’Algérie, en 70, ployée sous la conquête puisait dans ses souffrances le courage de l'insurrection.
« Notre administration j dit Jules Favre lui -même, Recueillait ainsi les tristes fruits de la politique à la- ( l ll edc pendant de longues an nées elle avait sacrifié les intérêts coloniaux. »
(Jules Favre, Simple récit d un Membre de la défense nationale* page 269, tome 2.)
V ers la fm de février, les Arabes qui connaissaient le despotisme militaire* niais qui ignoraient ce que seï>a it le despotisme civil et préféraient te mal connu au J nal inconnu, commencent à se plaindre plus fort, On envoyait jusque dans leurs familles des Français, Pour lesquels ils sont toujours des vaincus; iis récialiaient leurs compatriotes dans les bureaux et craignaient encore plus l'administration civile pour s im- J niseer chez eux.
ha révolte, qui chez 1 s peuples asservis couve touj°Urs sous là cendre se propagea rapidement.
he vieux cheik lladdah sortit de la cellule où il b ehiit muré depuis plus de trente ans, que son pays soùflrait de la servitude et commença ù prêcher la
Suerre sainte.
Ses deux fils Mohamed et lien Azîs, El Mokrani, Ali Chérif et d’autres, soulevèrent les Kabyles ; ils durent bientôt une petite armée et vers le 14 mars le kach aga de la Medjana envoya chevaleresquement une déclaration de guerre au gouverneur de l’Algérie.
Pendant huit jours, les Arabes assiégèrent Bordjibou-Arréridj, mais les colonnes Bonvalet composées de plusieurs milliers d’hommes les enveloppèrent h’undes cheiks, alors, descendit de cheval et grav *l lentement la hauteur d’un ravin que balayait la
« 11 reçut, dit encore Jules Favre, la mort qu’il cherchait orgueilleux et lier comme il eût fait du triomphe- » (Jules Faviu:, Simple récit d'an Membre dr la défense national --2 e volume - page 273.)
Ainsi eu mai 71 devait faire Delcscluzc.
On dirait qu’en écrivant cela, Jules Favre se souvenait du temps où. entoure de ia jeunesse des écoles il était avec nous d’une bonté paternelle et où nous 1 aimions, comme nous aimons la révolte pour la République, et pour la liberté.
O la res publica que nous rêvions alors, qu’elle était grande et belle!