‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 24 sur 68 · L. MO · texte numérisé non relu

L. MO

Parmi les plus implacables lutteurs qui combattirent l'invasion et défendaient la République comme l’aurore de la liberté, les lamines sont en nombre.

On a voulu faire des femmes une caste- et sous le force qui les écrase à travers. les événements, la sélection s’est faite ; on ne nous a pas consultées pour celàj et nous n’avons à consulter personne. Le monde nouveau nous réunira à l'humanité libre dans laquelleçhaque être aura sa place.

Le droit des femmes avec Maria Deresme marchait courageusement niais exclusivement pour un seul côté de l’humanité, les écoles professionnelles de mesdames Jules Simon, Paulin, Julie Toussaint. L’enseignement des petits de madame Pape Carpentier se rencontrant rue Haute-feuille à la société dlnslruetion élémentaire avaient fraternisé sous l’empire, dans une si large acception que les plus actives faisaient partie de tous les groupements à la fois. Nous avions pour cela, comme

eomplice jq Franco! in, de ï ‘instruction' élémentaire, T 11 à causé de sa ressemblance avec les savants du lc mp s de l'alchimie el aussi par amitié nous appelions e doctéur FranColinus.

H avait fondé, presque à lui seul, une école prolessionnellc gratuite rue Thévenot.

Les cours y avaient lieu le soir. Celles d'entre nous, ( Ph en faisaient pouvaient ainsi se rendre rue J liéveïl °t' après leur classe, nous étions presque toutes iustihilrices — il y avait Maria La Cecillia, alors jeune fille, directrice était Maria Andreux, plusieurs autres femmes y faisaient des cours, j’en avais trois; la litté- Hture, où il était si facile de trouver des citations d'auleur* d autrefois s'adaptant à l’instant présent. 'La Séographié ancienne, où les noms et les recherches ‘■L* liasse, ramenaient aux recherches et aux noms Présents, où il faisait si bon évoquer l'avenir sur les Ruines, que je me passionnais pour ces cours.

•Levais encore le jeudi, celui de dessin où la police impériale me ht l’honneur de venir voir un \ ictor ^oir, sur son lit de mort, dessiné ù la craie blanche estompé avec le doigt sur le tableau noir, ce qui fait Uïî relief d’une douceur de rêve.

Quand les événements se multiplièrent, Charles de ry prit le cours de littérature, et mademoiselle Po- Ln, ma voisine d’institution et mon amie, prit le cours dessin.

'foutes les sociétés de femmes ne pensant qu'à Lheure terrible où on était, se rallièrent à la société de

Recours pour les victimes de ia guerre, où les hou rt;Coises, les femmes de ces membres de la défense nationale qui défendait si peu, furent héroïques.

■le le dis sans esprit de secte, puisque j’étais plus s °uvcnl à la patrie en danger et au comité de vigilance 94 au comité de secours pour les victimes de la guerre, ^esprit en fut généreux et large ; les secours furent

donnés, émiettés même, afin de soulager un peu toute? les détressés, et aussi atin d’engager encore et toujours) à ne jamais se rendre.

Si quelqu’un, devant le comité de secours pour les victimes de Sa guerre, eût parlé de reddition, il eut été mis à la porte, aussi énergiquement que dans les

clubs de Relléville ou de Montmartre. On était le? femmes de Paris tout comme dans les faubourgs, comme il me souvient de la société pour l'instruction élé-

men taire où à droite du bureau dans le petit cabinet j’avais ma place sur la boite du squelette, j’avais à la société de secours, ma place sur un tabouret, aux pieds de madame Goodchaux, qui ressemblant sous ses cheveux blancs, à une marquise d'autrefois, jetait parfois en souriant, quelque petite goutte d'eau froide sur mes rêves.

Pourquoi étais-je là une privilégiée? je n’en sais rien, il est vrai, peut-être que les femmes aiment les révoltes. Nous ne valons pas mieux que les hommes, mais le pouvoir ne nous a pas encore corrompues.

Et le l'ait est qu'elles m'aimaient et que je les aimais.

Lorsqu 'après le 31 octobre je fus prisonnière de M* Cresson, non pas pour avoir pris part à une manifestation, mais pour avoir dit : Je n'étais là que pour partager les dangers des femmes, ne reconnaissant pas. le gouvernement! — madame Meuricc, au nom de la société pour les victimes de la guerre, vint me réclamer au même moment où. au nom des clubs. Ferré, Avronsart et Christ y venaient également.

Combien de choses tentèrent les femmes en 71 ! toutes, et partout ! Nous avions d’abord éLabli des ambulances dans les forts, et comme nous avions contre

l'ordinaire usage trouvé la défense nationale disposée

à nous accueillir, nous commencions déjà à croire les gouvernants bien disposés pour le combat, lorsqu'ils

■^noyèrent également dans les forts, une foule <(c jeu- 1168 ft'ens absolument inutiles, ignorant ins et peti ts prevés, qui criaient leurs craintes tandis que les forts 1 gardaient de vivre; — les unes et ies autres, nous ^ous empressâmes de donner nos démissions, cherchant u üous employer plus utilement; — j'ai retrouvé l’an , ■ p nièr l’une de res braves ambulancières, madame

Gaspard,

ambulances, les comités de vigilance, les ale- ’ e! ‘s dés mairies où, surtout à Montmartre, mesdames oir ier, Kscofïoii, Blin, Jarry trouvaient moyen que *° u tes eussent un salaire également rétribué.

l jii marmite révolutionnaire où pendant tout le siège m adame hemet, de la chambré syndicale des relieurs, fiïïl péeha je ne sais comment tant de gens de mourir iaitn, fut un véritable tour de force tic dévouement

^ d intelligence.

Les femmes ne se demandaient pas si une chose éU H possible, mais si elle était utile, alors on réussis*

s *dt a l’accomplir.

Un jour il fut décidé, que Montmartre n'avait pas d'ambulances, alors avec une amie de la société instruction; élémentaire toute jeune à cette époque, ll0u ^ résolûmes de la fonder. C’était Jeanne A., depuis Tn a d atùe B.

11 d'y avait pas un sou, mais nous avions une idée h'xir fiiii'c les fonds.

^Oiis emmenons avec nous un gante national, de taille, ï\ la physionomie d’une gravure de 93, — ll:ih 'hanl devant la baïonnette au fusil. Aous, avec de ‘d'ges ceintures rouges» tenant à la main des bourses r^tes pour la circonstance, nous partons tous les trois, j es gens riches, avec des visages sombres. — °ds commençons par les églises, le garde national Sachant dans l'allée en frappant son fusil sur les dall es ; nous, prenant chacune un coté de la nci.

L A COMMUNE

nous quêtons en coinmençant par les prêtres à l'autel'

A leur tour les dévotes, pèles d'épouvante, ver* soient en tremblant leur monnaie dans nos aumônièr® 5 — quelques-uns d'assez bonne grâce, tous les curé» donnaient; puis ce lut le tour de quelques financier juifs bu chrétiens, puis des braves gens, un pharmacien de la Hutte offrit le matériel. L'ambulance était fondée.

On rit beaucoup, à la mairie de Montmartre, de ceLl° expédition que nul n'eût encouragée, si nous en cü £ ' sions lait confidence avant la réussite.

Le jour où mesdames Poirier, Blin, Excbflons vinrent me trouver à ma classe 'pour commencer le comité de vigilance des femmes m’est resté présent.

C’était le soir, après la classe, elles étaient assise» Cl, ntre Je mur, ExcolFons chou ri liée avec ses cheveux blond*, la mère Blin déjà vieille avec une capeline de fricot; madame Poirier ayant un capuchon d’indienn 0 rouge ; sans compliments, sans hésitation elles me dirent simplement: — f! faut que vous veniez ùvec nous, et je leur répondis : — J’y vais.

H y avait eu ce moment à ma classe presque deux cent* (‘lèves, des fillettes de six à douze ans que tiou» instruisions ma sous-maîtresse et moi, et de tout p c ' tits enfants de trois à six ans, garçons et filles dont ma mère S était chargée et qu’elle gâtait beaucoup- Les grandes de ma classe l’aidaient, tantôt l'une, tantôt l’autre.

Le* petits, dont les parents étaient des gens de 1® campagne réfugiés a Paris, avaient été envoyés par Clemenceau ; la mairie s 'était chargée de leur nourri* turc, ils avaient du lait, du cheval, des légumes et très

souvent quelques iruuuuses.

Cn jourque le lait tardait, les plus jeunes peu habitues à attendre se mirent à pleurer, ma mère eu l üS consolant, pleurait avec eux. Je ne sais comment

tUitv

fie le

nsai, pour les faire attendre avec plus de patience, S menacer, s'ils ne se Luisaient pas.de les envoyer

chfi * Troclm.

Aussi tôt ils crièrent avec elfroi : — Mademoiselle,

^ 0lls serons hicu sages, ne nous envoyez pas chez 1 l och u !

cris et la patience avec laquelle ils attendirent ll(î donnèrent l’idée <i n i 1 s entendaient chez eux tenir

fi ï-% *

nicdiocre estime le gouvernement de Paris.

. **n a souvent parié des jalousies entre institutrices,

,j nc ai pas éprouvées ; avant la guerre nous fai-

Sl0ns des échanges de leçons avec ma plus proche

lysine, mademoiselle Potin, donnant les leçons de

<Î!îS * n chez moi, et moi les leçons de musique chez

e ^ e ) conduisant tantôt l’une tantôt l'autre, nos plus

, " 1, unies élèves aux cours de la rue ItauleFéuilie, Pen-

dl1 ^ le Siège elle lit ma classe, lorsque j’étais en prison.

PIN H I : L A D K U x ! K M E I* A H T I E

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