‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 29 sur 68 · A. T FI I ERS · texte numérisé non relu

A. T FI I ERS

H faut pour revivre l ’époque entasser les documents: parler la langue de ce passé de vingt-six années, vieux de mille ans. par les scrupules enfantins des hommes héroïques qui faisaient si bon marché de leur vie.

Le comité central crut de son devoir de se disculper des calomnies de Versailles.

On le traitait d occulte, ses membres avaient ni> s leurs noms à toutes les affiches.

Il n'était pas inconnu ayant été élu par les suffrages de deux cent quinze bataillons.

Il avait appelé à lui foutes les intelligences, toutes les capacités.

Ses membres étaient traités d’assassins, ils n'avaient jamais signé un arrêt de mort.

Peu s en fallut que l'un des plus timorés ne maintint la motion que le comité central devait protester

-■iV;

LA COMMUNE X 4 ï »

f lie l’exécution de Lecomte et de Clément Thomas.

apostrophe de Rousseau l’arrêta. — Prenez s'U’de de désavouer le peuple, ou craignez qu'il ne désavoue à sou tour — elle en finit avec l'idée e dégager sa responsabilité ou celle d’un groupe dans Ul1 Mouvement révolutionnaire.

Ce gouvernement en fuyant à Versailles avait laissé Qs baisses vides ; les malades dans les hôpitaux, le Siîrv ice des ambulances et des cimetières étaient sans 1 e $sources, les services disloqués. Va rl in et -lourde

obti

ni *ent quatre millions à la banque, mais les clefs

f ‘ tan L à Versailles iis ne voulurent point forcer iescais- Ses — jj s demandèrent à Rothschild un crédit de un i qui fut alors payé à la banque.

Ua paye fut distribuée à la garde nationale qui se contentait de ses trente sous, croyant faire un sacrifice

Utile.

Ues hôpitaux et autres services reçurent ce dont ils ,lv 'dent besoin et les assassins et pillards du comité centrai commencèrent la stricte économie qui devait ' urer jusqu’à la lin. continuée par les bandits de la

'ommunè.

U est effrayant de constater combien lé respect de e coeur du vampire capital, qu’on appelle la Banque C { )t sauvé de victimes humaines : — c’était là l’otage Stable.

U es adversaires de la Commune avouent aujourd’hui M u e lu Commune, osant se servir pour la cause comlïlUî ie de ces trésors qui étaient à tous, eût triomphé.

U a preuve en est facile à faire entre autres par ces ^traits d'un article du Matin daté du i l juin IB97.

Sous la Commune , histoire .de la /langue y f t Qpfüs l~ insurrection.

t( II y avait donc à la Banque de France une for*

lou LA COMMUNE

Nj

tune de trois milliards trois cent vingt-trois millions* plus de la moitié de )a rançon de la guerre.

» Que serait-il advenu si la Commune eût pu s'en 1 ' parer de ce trésor, ce qu'elle eût fait très facilement sans aucune opposition si la banque avait été une ban* que d’Etat comme elle lit de tous les établissements

publics?

» Nul doute qu’avec un tel nerf de la guerre elle n’eôt été victorieuse.

» Certes la Banque fut obligée de verser plusieurs sommes à la Commune. Les comptes de Jourde, délé' gué au ministère des finances, reconnus exacts? accu* sent des remises s'élevant à 7.730,000 francs ; mai 0 qu’est-ce que cela à côté des trois milliards j/2 q lltî contenaient les coffres de la Banque...?

» Déjà l’infanterie de ligne qui avait gardé la Banque avait gagné Versailles. La Banque n’avait plus pour se défendre que i30 hommes environ, ses employés? commandés par un employé, M. Bernard, ancien chef de bataillon ; ils étaient mal armés avec seulement dis mille cartouches. Ce 23 mars, par suite du départ do M. Rouland pour Versailles, M, de Pleuc se trouvé investi du gouvernement de la Banque etc...

» Pour ses débuts, M. de Pleuc reçut une lettre con 1 ' minatoire de Jourde et de Varlin : il envoya le caissier principal au premier et au deuxième arrondissement et à l’amiral Saisset pour demander s’il pouvait cng a ' ger la lutte et s’il serait secouru.

» L’amiral Saisset n’était pas arrivé de Versailles* il fut introuvable.

» L’adjoint du premier arrondissement, Méline, fit dire à M. de Pleuc d'éviter la lutte, d’user de conciliation* Il n'y avait pas d’autre conciliation possible que 1* remise d'argent? M. de Pleuc après avoir consulté son conseil de régence fit verser 330,000 sur 700,000 francs que réclamait Jourde.

Le même jour il fit. un payement de 200.000 à un a Sent du trésor, envoyé de Versailles, etc...

» Le Comité central en eut connaissance ; il ut notifier a M. de Pleuc que tout payement pour le compte de Versailles serait considéré comme un crime de haute

trahison.

» Le 24 mars, M. de Pleuc vit enfin l’amiral Saisset lui déclara devant MM. Tirard et Schœlchcr qu’il défendrait la Banque, Mais en le reconduisant il lui a voua qu’il n’était pas en mesure de le faire. On ne Pouvait songer à évacuer la Banque, car il eût fallu quatre-vingts voitures et un corps d'armée pour les protéger, etc...

« M. de Pleuc profita de ces négociations pour faire sortir de Paris trente-deux clichés, et mettre aussi obstacle à la fabrication des billets, si la Commune venait

11 s’emparer de la Banque...

» ït (M. de Pleuc) insinua à iîesiay, délégué auprès de lui, qu’jl valait mieux nommer un commissaire m d süé, qu’il le recevrait, si c'était lui et s il consentait à borner son mandat £l connaître des rapports de la Banque avec Versailles et la ville de Paris. - *\ oyons, monsieur Beslay, lui dit-il, le rôle que je vous oifre a assez de grandeur, aidez-inoi *\ sauver ceci, c est la fortune de votre pays, c'est la fortune de la France.

» Beslay M convaincu et la Commune se contenta

d un commissaire délégué, etc.

» Le 24 au matin, pour la première fois depuis soixante-sept jours, des soldats apparurent devant la

banque, mais au lieu de s’occuper immédiatement pour

ia défendre contre une suprême tentative ils passèrent sans s’arrêter. — - Ln second bataillon passa encore. M. de Pleuc fit alors hisser le drapeau tricolore ; à 8 heures général l’Héritier entrait à la Banque et y établissait

s °n quartier général, etc.

{Le Matin , 11 juin 1897.)

Cts 1 1 c n l g sous dont les f uni i J les avaient à peine du p j in cui ent pendant près de trois mois ces trésors iïlom disposition ; ils avaient le même sentiment que le pauvre vieux Beslay, si odieusement trompé, ils croyaient garder la fortune de la France.

Lne déclaration collective de plusieurs journaux pré* tendant que la convocation des électeurs étant un acte de souveraineté populaire, ne pouvait avoir lier sans le consentement des pouvoirs sortis eux-mêmes dusufirage universel, tout en reconnaissant le -18 mars connue une victoire populaire, ils voulurent tenter une conci* iiatim entre Paris et Versailles. Tirard, Desmarets, Vautrin et Du bail se rendirent à la mairie du premier arrondissement, ou était reste Jules Ferry j celui-ci F 1 ® envoya i Mendié, secrétaire de Jules Favre, qui déclara ne pas vouloir traiter avec l’émeute.

Millière, Mal on, Clemenceau, Tolain, Poirier et Villeneuve demandèrent au comité central de s'en remettie sans lutte ni intervention prussienne aux municipalités qui s engageaient à ce que les élections muni' cipulcs fussent faites librement, la préfecture de police étant abolie et le comké centrai conservant le maintien de la sécurité dans Paris.

^ président de séance au comité central, répondit que le gouvernement avait été l'agresseur, mais que

le comité central ni la garde nationale ne désiraient la guerre civile.

Yarlin, .lourde et Moreau accompagnèrent les délé*

à la mairie de la Banque où ils discutèrent sans

pouvoir s entendre, le comité central ne pouvant déserter son poste.

Le tempsjusqu au s écoula en pourparlers; ce jourlà, à la séance de l'assemblée, Minière, Clemenceau Malon, Lockroy et Toain, allèrent réclamer les éiecr s municipales pour la ville de Paris.

Un ne peut exprimer que par le récit d'un des dé-

f 'Süos l’impression de cette séance.

Voici celui de

23 mars 71, G h. i/2 du matin.

c< -le quitte le palais de rassemblée sous le coup de ,l plus douloureuse, émotion. La séance vient de se terminer par l’une de ces épouvantables tempêtes par* inventaires dont les seules annales de la Convention !1 ous aient légué le souvenir; mais du moins quand on re bt ces sombres pages de la lin du siècle dernier, le dénouement console toujours des tristesses tragiques d* 1 drame. La patrie, la République, sortent plus grandes q e L i S crises et le débat plus tourmenté entante quelque héroïque résolution.

>J "V ous ne trouverez rien de pareil au bas de mon

récit.

J) Les deux premières iril unies de droite de la première galërie s'ouvrirent et les spectateurs qui les Emplissent se lèvent et sortent, treize maires «le Par ‘ s , Pécharpe en sautoir apparaissent.

» Aussitôt, éclatent, sur tous les bancs de la gauche, des applaudissements frénétiques et des cris répétés de Vive la République! quelques-uns ajoutent \ ive la

France 1

Alors, sur quelques bancs de. la droite ce n’est plus de la colère, c'est de la fureur, du délire, on crie iï Patentât, on montre le poing aux maires.

» Son nombre de députés s'élancent vers la tribune

se démène encore le malheureux Baze, lui montrant *6 poing; montrant le poing au- président, le tumulte e st effroyable, indescriptible.

« Enfin, d'épuisement sans doute, le bruit diminue, ^extrême droite se couvre, et commence à gagner la Porte.

» Le président, qui avait sonné la cloche d'alarme pendant toute cette tempête, se couvre et déclare la

séance levée, l’ordre du jour étant épuisé, — L'agitation est à son comble dans les tribunes qui s'évacuent

lentement.

» Les pauvres maires restaient là debout, la conte* nance embarrassée, la figure désolée. Arnaud de l'Ariège vient les rejoindre et ils partent les derniers.

a A la sortie, je vois des femmes du meilleur monde,

de l'esprit le plus distingué, du plus grand cœur, <l ul pleurent sur le spectacle auquel elles viennent d’assister. Comme je les comprends 1 n’est-ce pas avec toutes nos larmes qu’il faudrait écrire la lugubre page d’bis* toire que nous faisons depuis quelques mois. — C'est ainsi que les gens de Versailles comprenaient et voulaient la réconciliation. »

( îenoit Mal ox, La Troisième Défaite du Prolétariat.) — Vous porterez, cria Clemenceau à l’assemblée, l a peine de ce qui va arriver, et Floquet ajouta : Ces genslà sont fous,

; ls étaient fous en effet, fous de peur de îa révolution* Mais n'était’Ce pas bien fait pour ceux qui allaient trouver ces enragés qu'une pareille réception ?

La majorité des maires se rattacha à un dernier arrangement qui n’aboutit pas : Dorian, maire de Paris-" Edmond Adam, préfet de police — Langlois, général de la garde nationale.

Mais tandis qu’on faisait cette proposition, Langlois rassemblait les bataillons de l'ordre et les massait au Crand Hôtel. Edmond Adam refusa.

L’amiral Saisset ayant fait ratifier sa nomination à A’ersailles fit afficher ie maintien de la République ; e? franchises municipales: les élections à bref délai ; une loi sur les échéances et les loyers.

Ne vous semble-t-il pas voir un ministère espagnol légiférer sur l'indépendance de Cuba avec AVeyler comme chef d’état-major?

Paris savait à quoi s’en tenir.

L k COMMUNE

Le 25 ma^une lettre des députés de Paris déposée * ^Assemblée de Versailles suppliait, le gouvernement r le ne pas laisser plus longtemps la ville sans conseil Municipal .

Jointe au dossier, elle resta sans réponse.

Les pourparlers continuèrent entre le comité central

les maires; le comité sentait que toute tentative de pacification serait inutile, les maires se rallièrent avec CUx > et le comité central.

Védaralion des maires et des députés de Paris , réunis en conseil à Saint-Germain- /' Auxerois le 25 mars

<( Les députés de Paris, les maires et les adjoints réintégrés dans les mairies de leurs arrondissements, et les membres du conseil central fédéral de la garde

n ationale,

« Convaincus que le seul moyen d’éviter la guerre civile, l’effusion du sang à Paris, et en même temps d affermir la République, est de procéder à des élections immédiates, convoquent pour demain dimanche tous les citoyens dans les collèges électoraux.

» Les bureaux seront ouverts à huit heures du matin, et fermés à midi,

» Vive la République !

Les mai res et adjoints de Paris .

1 er Arrondissement Edmond A dam, Mklinb, adjoint . 2 e , Emile Brelay, Loiseaù-P inson.

3% Bonvàlet maire, Ch. Murat, adjoint.

4 e , Vautrin, maire, de Chatillox, Lojseàü, adjoints'.

o e , Jourdan, Collin, adjoints.

6 e , A. Leroy, adjoint ,

9 e , De SM AR ETS, maire, E. Ferry André. Nast, ad' joints ,

10% A. Murat, adjoint ,

44% Mottu, maire, Blanchox, Poirier, TolaïNj

adjoints.

4~% Grivot, maire, Denisson, Dumas, Tuiuli-oNj adjoints ,

43 e , Comues, Léo Meillet, adjoints,

4*>% JcrriuES, 1 1 u v a l, Sextus-Micuel, adjoints,

46% Chaude y, Sévestre, adjoints,

47% François Favre, maire, Malon, VilleneuvEî

Fâcheux, adjoints ,

48% Clemenceau, maire , ,1. La font, DerkuRK* Jüclard, adjoints,

49 e , De veaux, Salory, adjoints ,

» Les représentants de la Seine présents à Paris-

» Lockroy, Floquet, Tolain, Clemenceau, Schcelchefj Greppo.

» Le comité de la garde nationale.

« Avoine iils, Antoine Arnaud, G. Arnold, Assi, AU' dignoux, liouit, Jules Berge ret, Babick, Baron, BU' Horay, Blanchit, L. Boursier, Castioni, Chontcau, A* Dupont, Fabre, Ferrât, Henri Fortuné, Fleury, Fougeret, G. (îaudier, Goiihîer, M, Géresme, Grélier, Grolard, Jourde, Josselin, Lavalctte, Lisbonne, Mai' journal, Edouard Moreau, Mortier, Prudhomme, Rousseau, Ranvier, Yàrlin. «

Sitôt ce manifeste publié, M. Thiersfit télégraphier dans toute la France suivant son mode ordinaire de provocations et de mensonges.

« La France résolue et indignée se serre autour du gouvernement de l'Assemblée nationale pour réprimer l'anarchie qui essaye toujours de dominer Paris.

>J Un accord auquel le gouvernement est resté étran- & Cï ‘ s’est établi entre la prétendue Commune et les maires Pour en appeler aux élections. Filles se feront sans liherté et dès lors sans autorité morale.

Que le pays ne s'en préoccupe point et ait com

fiance.

JJ L'ordre sera rétabli à Paris comme ailleurs.

» A. Thièbs. »

tandis que M. Thîers et ses complices propageaient Ce s faussetés, le comité central aidé de quelques révolu - ^ on naires ardents tels qu'Kudes, Taillant, Ferré, Yarlin disait à tout et le Journal officiel publiait à Paris les mesures suivantes.

(( L’état de siège est levé dans le département de la

Seine.

)J Les conseils de guerre de l'armée jpennane nie sont

abolis.

Amnistie pleine et entière est accordée pour les (,{ ‘iines et délits politiques.

11 H est enjoint à tous les directeursde prisons de mettae immédiatement en liberté tous les détenus politiques.

h Le nouveau gouvernement de la République vient prendre possession de tous les ministères et de taules les administrations.

s Cette opération faite par la garde nationale imposé grands devoirs aux citoyens qui ont accepté cette

tache.

» L'année comprenant enfin la posit ion qui lui était taiteet les devoirs qui lui incombaient a fusionné avec tas habitants de la cité; troupes de ligne, mobiles et taaring se sont unis» pour l'œuvre commune.

» Sachons donc profiter de cette union pour resserrer ta^s rangs et une fois pour toutes asseoir la République des bases sérieuses et impérissables.

» Que la garde nationale unie à la ligne et à la mobile continue son service avec courage et dévouement- » Que les bataillons de marche dont les cadres sont encore presque au complet occupent les forts et toutes les positions avancées afin d'assurer la défense de la capitale.

» Les municipalités des arrondissements animés du même zèle et du même patriotisme que la garde nationale et l'armée se sont unies à elle pour assurer I e salut delà République et préparer les élections du conseil communal qui vont avoir lieu : point de division? unité parfaite et liberté pleine et entière.

» Le Comité central de la garde nationale . »

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