I. Arch. Nat., BB30 358 à BB3n
'2. IdcDi. a Le décret abolilif de l'iiupùl du sel va produire sur la classe agricole une bienheureuse inlluence. Jusqu'ici la répul)lique n'avait signalé sa résistance à son égard que par l'impôt adilitionuel des 45 centimes et chez des hommes qui n'apprécient guère les bienfaits moraux ou philosophiques d'un gouvernement nouveau et ne règlent leur affection ou leur réj)ulsion que par le prolit matériel qu'ils en reyoivent, cette nécessité linancière avait été une cause d'éloignement, tout au moins d'indifférence. » BB30 36i, I, Cour de Riom. - Voir aussi BB 30 36i. I, Cour de Limoges; lettre du 27 août 1848 au sujet des troubles de Guéret, etc. « La presse gouvernementale raconta au prolétariat que cet impôt retomberait heureusement sur la grande propriété, sur les propriétaires du milliard octroyé par la Restauration. En réalité, il atteignit surtout la classe paysanne, c'est-à-dire la grande majorité de la nation Iranyaise. Les paysans durent payer les frais de la révolution de Février. La contre-révolution trouva chez eux son principal contingent. L'impôt des 4"> centimes devenait une question vitale pour le paysan français. 11 en lit une question vitale pour la République. Dès ce moment, le paysan vit dans la République l'iuipôt des 45 centimes et le prolétariat parisien était le dissij)ateur qui se donnait du bon temps à ses frais. » Karl Marx, La Lutte (les classes, déjà cité.
ET LA RÉVOLUTION Dli 1848 297
rite pensa que le ji:ouveriieineiil s'arraiigciait à faire cesser une [)areille injustice une l'ois qu'il aurait paré aux dilïicultés piemières ; lorsqu'il fallut revenir sur celte interprétation, les refus commencèrent. La perception entraîna des luttes à main armée. Les paysans se rappelèrent que la grande révolution les avait alTraiicliis et jugèrent que la révolution nouvelle recommençait, sous une autre forme, l'ancien régime (i). Ils se souvinrent de l'Empire et crièrent : « Vive l'Empereur ! » — Que des agents les aient fortifiés dans ce sentiment, c'est certain (2) : que ces placiers politiques aient promis la suppression de cet impôt et d'iieureuses réformes, c'est probable et souvent reconnu, mais qu'aurait fait cette propagande, ici comme précédemment, si le terrain n'avait pas été i)réparé pour qu'elle y lut accueillie ? Blessés au vif de leurs intérêts, les paysans se soulèvent dans la Creuse, se forment en brigades et menacent de mort les grands propriétaires qui se mettent en règle avec le fisc (3). A Guéret, devant la rébellion, le gouvernement donnant l'ordre de passer outre, la garde natiotionale fait feu ; (juinzc hommes toml)ent, dont dix tués net (4)- Le Napoléon ne peut-il pas écrire : « Quand vos frères malheureux se trompent, vous ne savez que les tuer ou les em[)risonner. » Les journaux subventionnés voient encore là l'indice d'une intrigue, car