‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 14 sur 149 · Lamartine, déjà cité, t. L · texte numérisé non relu

Lamartine, déjà cité, t. L

2. « Le charretier Junioux comlnit par la bride ce char funèbre qui laisse derrière lui une pluie de sang. Deux prolétaires sont

appelle aux armes. « Jamais cri ne fut poussé d'une voix plus vibranle de colère et de menace. C'est un cri de guérie parti de l'àme qui saisit les plus indifférents et communique instantanément la rage du combat. Ce cri se répercute, pour ainsi dire, avec une prodigieuse rapidité et pénètre jusqu'au centre de Paris déjà préparé aux émotions de la haine. Partout les illuminations s'éteignent (i). » La révolution, désormais, est sûre. Cette fois, les sociétés secrètes montrent résolument la tète, se cherchent, se mêlent, s'entendent pour une action commune (2) ; ceux qui les conduisent sont résolus à utiliser « ce que l'un d'eux

montés sui* le tombereau ; l'un, les traits contractés, brandit une torche dans l'attitude de la vengeance. L'autre, Soccas, saisit de temps en temps dans ses bras un cadavre de femme et le montre à la foule. Une multitude furieuse rugit autour du tombereau. «Vengeance! Vengeance! s'écrie-t-elle, on égorge nos frères!» Des dragons entendent ce cri et chargent la foule. « Respect aux morts!» s'écrie Soccas. Les dragons s'éloignent. Un bataillon de la deuxième légion accourt pour dissiper le rassemblement. « Laissez passer la vengeance du peuple!» s'écrie-t-on. Castille, déjà cité, t. I, p. 2o3.

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