Episodes de la Révolution, etc., déjà cites
cane, le comte de la Roche-Pouchin (i). Ce peuple, au début, se tient à merveille (2) ; il est presque déférent, il se montre spirituel. Un homme s'assied sur le trône, reçoit gravement les saints qu'on lui adresse et parodie le fugitif : « Messieurs, c'est toujours avec un nouveau plaisir que je me trouve au milieu de vous (3). «Puis chacun, comme un enfant, va s'asseoir sur le velours rouge. Dans la chambre de la reine, sur le piano de Marie-Amélie, un jeune Italien pâle, la physionomie altérée, joue la Marseillaise ; un de ses compatriotes la chante (4), le geste large, la Aoix trop sonore. Une femme — une fille — coiffée du bonnet rouge, symbolise la République ; elle se tient debout, au sommet d'un
1. « M. le comte de laRoche-Poucliin, lieutenant général au service du grand duc de Toscane, se trouvant là comme curieux, se mit à la tète de la colonne envahissante, engageant quelques personnes notables à en faire autant, aussi la foule parcourut-elle tous les appartements pendant deux heui'es sans toucher à rien ; le pillage ne commença que lorst|ue des échappés du bagne arrivèrent, chassèrent les curieux au nom du peuple et s'installèrent...» Lettre du capitaine du Paty.
2. « L'idée qu'une sorte d'auréole divine entoure la royauté était assez absurde, j'en conviens, en pareille occurrence; cependant, je ne pus m'empccher d'être frappé de sa vérité relative au premier moment où le Palais fut envahi par la populace. Je dis bien la populace et je le maintiens, car s'il y avait là bon nombre de gens attirés par pure curiosité ou entraînés par le courant sans qu'ils l'eussent aouIu, ou que ce serait ime injure de ranger sous ce titre, ils ne comptaient pas. Les portes se trouvèrent trop étroites pour le flot humain qui s'y précipitait ; l)eaucoup entrèrent par les fenêtres. Toute la racaille mâle et femelle au grand complet, qui logeait dans les rues adjacentes — et quelles rues! — semblait s'être donné rendez-vous. Et. pourtant, pendant les dix premières minutes, ils restèrent immobiles connne stupéfiés, n'osant toucher à rien. Ce n'était pas, certes, la crainte d'être pris en flagrant délit de pillage qui les arrêtait, non ce n'était ni la honte ni la crainte qui liait les mains à ces misérables, c'était un sentiment qu'aucun mot n'est capable d'exprimer. C'était la conscience que ces objets avaient appartenu au roi, à la famille royale qui les faisait considérer avec une espèce d'admiration superstitieuse. » Un Anglais à Paris, t. I, p. 297.
.'{. Du Camp, déjà cité.