D, Stern, t. II. p. 3ii
4. En disant cela, je considère, en effet, que Napoléon T'appartient surtout au xyiii^ siècle par ses dépendances. II ouvrit le siècle. Il le fit. Il n'est pas tout à fait du siècle même.
5. Sa conduite semble l'avoir prouvé. Il fit l'impossible pour donner à la France une autorité durable et qui lui convînt, et son raisonnement politique était d'une grande justesse. Un livre, entre
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que ses amis, dont certains ne l'étaient pas, quelquesuns exceptés, tels que Laity ou Aladenize ; comme le peuple qui se ralliait à son nom, ils tendaient à l'empire. Peut-être, simplement, songea-t-il que riieure de cette répul)lique si belle ne devait pas sonner encore ; peut-être aussi, au souvenir des expériences laites sous la grande Révolution et au spectacle de certaines scènes récentes, se dit-il que la république, malgré ses côtés bienfaisants, demeure mauvaise pour la France, ne répond pas à ses besoins et risque de l'annihiler sous un despotisme odieux, à force de la craindre et de la flatter tour à tour outre mesure, sans agir véritablement, sans réaliser. N'était-ce pas la constatation de cette impuissance qui avait mené plu sieurs à regretter que la Révolution de 1789 n'eijt pas été conduite par un prince? N'étaient-ce point les circonstances mêmes qui avaient fait éclore des dictatures successives jusqu'à celle de Bonaparte qui les résuma toutes en lui ? Cette dictature, Marat l'avait réclamée violemment, avec une férocité odieuse, mais aussi avec raison.
La spontanéité du prince à vouloir quitter Londres, le lendemain même du jour où tombe la monarchie, indique une décision nette. Dès la proclamation delà République, il avait reçu un nombre de lettres inaccoutumé, inouï, et venant de tous les côtés de la France (i). En Angleterre, où l'on s'occupait avec soin de la révolution, il se disait beaucoup que le fils du roi Louis était immanquablement désigné pour
autres, mepal-ait aider à le comprendre, L'Ancien Réf^ime, de Tocqueville.
I. Count Orsi, Rccollcctions, etc., déjà cité. On pressait le prince d'agir : « The most nunierous contrihutors to tlies correspondence ^^■e^c lariners, Iradesnien, professioiialnien, clerj^ynirn, workincn, and ail sucli as live bj' constant nit-ntal or bodily toil. They iniplorcd liim to step forward, to inue a proclamation, and to rely ou tlieir support whenever required. » p. 225.
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mettre les choses en ordre et qu'il possédait une position unique (i). Il partit « à la sollicitation de quelques républicains convaincus que son 'concours leur vaudrait l'armée (2). » Dès le début du gouvernement, en effet, avant même qu'il ne se fût constitué, le nom du prince avait été prononcé à l'Hôtel de Ville (3). Le clan du National, réuni tantôt chez ^Nlarie, tantôt chez Goudchaux, redoutait un peu le mot république, surtout à cause de l'élément militaire ; on craignait que celui-ci ne se ralliât point et, nettement hostile, ne préparât une sorte de rébellion organisée. Qui sait même si, plus tard, cette crainte ne joua aucun rôle dans l'élévation de Cavaignac au pouvoir ? Personne, dans ce parti, ne voulait du rétablissement de l'Empire, mais ne pas le vouloir était déjà y songer et même en sentir la menace ; tous s'accordaient sur la nécessité de renverser la dynasiie régnante et, ce premier point admis, « il était utile d'avoir sous la main un en-cas propre à surmonter les obstacles qu^on pouvait rencontrer du côté de l'armée (4). » Au plus préparatoire de la crise, le i!\ février, le roi Jérôme s'était présenté chez Odilon Barrot, tandis que celui-ci parcourait le boulevard, et pria instamment M^e Barrot de lui prêter la voiture de son mari alin d'aller se montrer au