I II
l62 LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
ment (i). » Il monta sur le pont, un épais foulard serré haut autour du cou par-dessus le menton afin de dissimuler ses moustaches et, pendant le débarquement, se tint derrière Orsi. Les autorités lui demandèrent s'il était sujet anglais ; il répondit que oui et donna le nom marqué sur son passeport, mais sans montrer celui-ci ; on ne le lui réclama qu'ensuite. Tout se passa bien, d'autant plus rapidement qu'il n'y avait aucun bagage à prendre à la douane. Aussitôt à la gare, Louis-Napoléon et ses amis occupèrent un compartiment de première classe et attendirent le départ en mangeant des sandwichs et de la viande froide que Thélin avait été chercher au buffet. Arrosé de deux bouteilles de vin, le déjeuner fut tranquille, comme l'état d'esprit de ceux qui y faisaient honneur. « Le train quitta Calais à onze heures et demie (2). » — Dans le récit de Persigny, une fois à Boulogne, le prince, malgré sa fatigue, n'admit pas de perdre une minute et partit à pied ; un accident, en effet, étant arrivé aux rails, il fallut marcher pendant cinq kilomètres, jusqu'à Neufchàtel. Là, entrés dans le premier Avagon venu, ils y virent deux voyageurs (3). Selon Orsi, le prince, à deux heures trente atteignit Amiens. Le train de Paris ne s'en allant qu'à quatre heures, les voyageurs visitèrent la cathédrale. Revenus à la gare, ils étaient assis dans leur compartiment — où ne se trouvait encore personne — quand « un grand nombre d'hommes, pour la plupart excentriquement habillés et conduits par l'un d'entre eux auquel ils avaient l'air d'obéir comme à un chef, hrent irruption sur les quais, les uns criant « Vive la République ! », d'autres « Vive l'Empereur ! », et
I, 2. Recollections, etc.