‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 61 sur 149 · Sarrans jeune, Histoire de la Révolution de Février · texte numérisé non relu

Sarrans jeune, Histoire de la Révolution de Février

pas produit une grande impression (i). Il avait été, ensuite, solliciter sans succès plusieurs députés et ciierchait à se faire présenter au Gouvernement provisoire ; à la fin, un ancien opposant de la gauche lui accorda son parrainage ; à l'Hôtel de Ville, oft refusa son concours (2). Pierre Bonaparte allait être plus heureux ; la Républi([uc accepta l'épée qu'il lui ollrait et le nonuna chef de bataillon dans la légion étrangère (3). Il n'y avait rien à craindre de lui ; ce n'était pas un prétendant. Jérôme lui-même, toujours actif, sommait, en quelque sorte, par let-^ tre, le pouvoir nouveau de déclarer que son exil avait constitué une injure pour la France : « La nation vient de déchirer les traités de 1810. Le vieux soldat de AVaterloo, le dernier frère de Napoléon rentre dès ce moment au sein de la grande famille. — Le temps des dynasties est passé pour la France l La loi de proscription qui me frappait est tombée avec le dernier des Bourbons. Je demande que le gouvernement de la République prenne un arrêté qui déclare ([ue ma proscription était une injure à la France et a disparu avec tout ce qui nous a été imposé par l'étranger (4). »

1. Taxile Dt-lord, Histoire du Second Kiiipire, déjà cité, t. I.

2. Le prince ;i\ail connu, en outre, (iuci<|U(;s jours inant, Euiile Ollivier pendant une réunion donnée par .Ican llcynaud dans son petit liotel des Ciianips-Elysées et où l'ierre Leroux «'xposa sou système sur la Triode et le (Jirciilits. Le député qui protégea leprince est peut-être Leroux. « Paruii les iuvilés qui, la plupart, devaient avoir une participation iiui)oitante à l'événeuienl pi-ochain, se trouvait le prince Xajjoléon, coiule de Aloutlort. On se pressait autour du neveu du j,'rand liouiuie, on aduiirail Ui beautéde son masque napoléonien, l'éclat de son esprit et sa ver\'e éloquente. » E. Ollivier, t. II. p. 88.

5. « Par un arrêté <l\i ministre de la Guerre du 19 avril, l'ierre- Na[)oléon Hona[)artr, ancien chef d'escadron au service de la Colond^ie, avait été nouimé elnd' di' bataillon dans la légion étrangère. » Journal de (UistelUine, t. IV, p. <)'{.

\. flallix et (luy, Lcspcs, etc. Castille, l'ierre, La Gorce, etc.

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A peine la nouvelle de l'arrivée du prince fut-elle connue, qu'elle « se répandit comme un feu rapide et puissant (i). » Orsi ajoute que, quelques heures même après l'arrivée, le portrait du prétendant apparut (( comme par magie (2) » dans toutes les boutiques et dans tous les kiosques du boulevard ; « il n'y avait pas d'indication sous le portrait ; le seul nom que murmurèrent quelques-uns, au premier abord, et qui fut deviné par la multitude fut : Lui ! comme si cela voulait dire : « C'est lui que nous voulons (3). » Une foule nombreuse s'assembla entre le coin de la rue Richelieu et de la rue Lafitte « évidemment en ayant la pensée d'apercevoir le prince qu'on soupçonnait d'être descendu dans un des hôtels du voisinage. La multitude s'épaississait de plus en plus, mais restait silencieuse et réservée. La police était là, regardant et écoutant ce qui se passait dans la foule, si compacte qu'elle interrompait la circulation. Les seuls mots prononcés d'une façon très courtoise par la police étaient : « Circulez Messieurs(4) ! » Ainsi, le 28, déjà, une partie de la population parisienne, ayant connu la présence du prétendant, paraissait disposée en sa faveur, en tout cas, fort intéressée par lui. Il semblait que le premier cri napoléonien jeté à travers le bouleversement de février rencontrât ainsi de suite la preuve de son à propos et sa justification (5).

Ce même jour, le 28 (6), Louis-Napoléon écrivit au gouvernement et Persigny porta la lettre à l'Hôtel de Ville, entre minuit et une heure. « Messieurs, disait -

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