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l68 LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
seulement vous savez que c'est le temps de la révolution et nous pouvons exiger ce que nous voulons comme prix. — Ça va bien, dit Orsi, ne vous inquiétez pas du prix ; la seule chose que je veuille savoir c'est si vous saurez nous conduire en sûreté aux boulevards sans que nous soyons obligés tout le temps à sortir de la voiture pour placer des pavés dans la rue... — Laissez-moi l'aire, dit le cocher, je suis un vieux malin et ces propres-à-rien ne m'en remontreront pas. » Le vieux cocher tint parole et à midi quarante-cinq nous étions à l'hôtel des Princes. La grande entrée de l'hôtel est rue de Richelieu, mais la plupart des jolis appartements donnent sur le boulevard. Louis-Napoléon choisit un de ceux-ci (i). » — D'après une autre version, plus admise jusqu'à présent, il serait descendu rue du Sentier, chez son ancien précepteur, Vieillard (2).
Aussitôt arrivé, il faisait secrètement prévenir « le seul des membres du Gouvernement provisoire qui fut au l'ait de ce qui se passait (3). » C'était Armand Marrast. « Pourquoi ne pas l'avoir amené ? dit-il ; j'aurais été bien aise de le voir avant d'entretenir le conseil de cet incident. Il faut qu'il nous écrive pour nous offrir ses services (4). » Louis-Napoléon eut peut-être l'idée de se rendre h l'Hôtel de Ville, mais il risquait trop, ainsi, pour un premier essai, et même de ne pas être reçu du tout. Il vit ses anciens amis, sans doute M«ie Gordon, et le roi Jérôme Le fils de celui-ci s'était promené dans la foule le 23 et le 24 février et, malgré sa ressemblance avec l'Empereur qui le faisait facilement reconnaître, n'avait