Lespc's, Caslille, etc., etc
2. Sarrans jeune, Histoire de In Révolution de Février, déjà cité, 'i. « Dans tontes les circonstances de sa vie jjouvernenientale, le
pai'li des démocrates politiques avait niani l'esté ses craintes et ses répulsions contre l'opinion napoléonienne. Il est rare que les partis, comme les individus, n'aient le sentiment de ce qui les fera vivre et de ce qui les fera mourir, et les puissances issues de la révolution savaient bien où étaient les causes de leur décadence. Aussi, (lès les premiers jours du triomphe de fé\rier, le prince Louis-Naj)oléon, accijuru à Paris dans la pensée de voir tomber les sombres barrières de l'exil, reçut un accueil froid, compassé, des meuibres du gouvernement jjrovisoire ; on lui lit entendre qu'il serait la cause j)remière d'un grand embarras et le prince, avec une extrême convenance, s'exila. » t^apeligue, La société et les goin-crncments de l'Europe, etc., t. IV, p. aj'i, 244- Amyol, 1H49. 4. Daniel Stern, Uobin, Castille, Ollivier, etc.
savoir céder ; c'est ce qui le distingue essentiellement du premier Napoléon, et c'est ce qui fait surtout sa force. Posséder une volonté aussi inflexible que la fatalité même, ne redouter aucune initiative, quelque téméraire qu'elle soit, mais, en même temps, savoir s'arrêter, ajourner, reculer, sans aucun embarras de vanité personnelle ni d'oriçueil, ce sont là des qualités contraires qui, lorsqu'elles se combinent dans une personne, en font un être à part. Ces qualités étaient merveilleusement appropriées à la situation de Louis- Napoléon qui, n'ayant ni le génie du premier Napoléon, ni son prestige victorieux, était condamné à obtenir par la ruse et la patience ce que l'autre avait cru pouvoir emporter de haute lutte (i). »
Le voyageur reprit la plume : « Paris, 29 février 1848. — Messieurs, — Après trente années d'exil et de persécutions, je croyais avoir acquis le droit de retrouver un foyer sur le sol de la patrie. Vous pensez que ma présence à Paris est maintenant un sujet d'embarras, je m'éloigne donc momentanément. Vous verrez dans ce sacrifice la pureté de mes intentions et de mon patriotisme. Recevez, Messieurs, l'assurance de mes sentiments de haute estime et de sympathie (2). » Il remettait les choses au point et ne semblait pas congédié. Le « momentanément » sauvait tout, donnait une leçon discrète au pouvoir, avertissait au dehors si la lettre était publiée. Le nouvel exil ne pouvait que le servir et désignait son importance ; il lui permettait de se conserver intact à ce moment dangereux où il eût été prématuré de s'offrir à la critique. Aussi, malgré la hâte de son arrivée, le prince recula-t-il sans ennui, en conservant le meilleur de son espoir. Il réfléchit à cela