‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 64 sur 149 · Ferrère, Le Mois, elc · texte numérisé non relu

Ferrère, Le Mois, elc

ET LA RÉVOLUTION DE 1848 lyS

plutôt en route que sur le moment même du départ car l'ordre de l'HcMel de Ville aurait été formel : à (juatre heures du matin, un convoi spécial le ramenait à Bouloj^ne « en compagnie d'un ancien aide <lc camp du roi Murât qui se trouvait là par hasard » (i). Il prenait le steamer Lord Warclen et débarquait à Folkestone (2).

D'après l'Anglais qui nous a rapporté le récit de Persigny, le prince ne se serait pas éloigné si vite, mais vers le 3 mars, après une entrevue secrète, le 2, avec Lamartine qui conseilla aussi, mais sans ordre, le départ pour l'Angleterre (3). — Le récit de Persigny paraît douteux. Celui d'Orsi est un peu mélodramatique. Les deux narrateurs sont bien encore les anciens conjurés de Strasbourg et de Boulogne ; la réalité, leur énergie, leur foi et leur imagination se mêlent naturellement dans leur esprit ; même quand ils enjolivent, même quand ils se trompent, ils restent sincères; il est donc assez difTicile d'établir une exacte balance entre tant d'éléments divers qu'ils étaient les premiers à embrouiller. En tout cas, la venue du prince, à la rigueur sa demi-entente avec un ou deux des membres du gouvernement provisoire, sa lettre à ceux-ci et son départ semblent sûrs ; le récit de Persigny, incertain à cause du tiers qui le transmet, fournit, néanmoins, quelques indications ; celui d'Orsi, bien qu'il détruise une partie du précédent, le confirme à peu près sur d'autres points et, dans ce qu'il a de particulier, procure de précieux témoignages. En nous y repor-

Page 1