Idem
3. Maxime Du Camp critique ainsi le préfet, ce qui est assez piquant. « Ses agents, dit-il, en noîuhre insunîsant, ne lui apportaient <pie des informations inc()m[)lèles et le préfet avait pour le roi un dévouement excessif (jui ne lui pernu-tlail i>as de croire à une chute possible. » Lt;s membres du conseil municiiial, venus l'avertir, furent sèchement éconduits. Souvenirs, déjà cités.
42 LOUIS-NAPOLÉON IJONAPARTE
nette devant lui. Une colonne importante marche sur la Clianibre.
Au milieu du mensonge ou du silence. M. deMonlalivet, comprenant le danger, vient dire la vérité au souverain. Louis-Philippe ouvre lesyeux — sans voir. Au lieu d'admettre la situation et d'y faire face, il s'épuise « à comprendre un si prodigieux changement dont les conséquences le troublent. Roi de la bourgeoisie, que devenait la royauté si la bourgeoisie retirait son concours ? Celte royauté serait-elle assez forte pour résister seule à la réaction double et simultanée des classes aristocratiques et de la multitude (i) ? »
Le roi ne sait plus agir ; s'y résoudre nécessite de sa part un efi'orttrop douloureux. Il revient à l'arme habituelle, qu'il a trouvée dans son berceau, à la ruse; il l'a vue si souvent victorieuse qu'il la croit invincible ; « plus confiant dans son habileté que dans sa fortune, ils'abandonne autemps (2). ». — La ruse n'est pas toujours une conseillère suffisante et il y a des cas où elle apparaît la pire ; elle fait sacrifier au roi le meilleur de ses ministres, malgré ses côtés étroits, voulus d'ailleurs, malgré cet amour de l'impopularité si légitime parfois, si fièrement honorable pour l'orgueil, et qui devient une faute, érigé en système. Cependant, Guizot retient dans cette mêlée d'intérêts étroits, dans cette atmosphère jiesantc, au milieu de ces hommes où seul, peut-être, à la rigueur, Ledru-RoUin possède un souvenir du véritable frisson révolutionnaire. A part Lamartine, le pur, Girardin, lucide et calculateur, le front beau, barré