‹ Louis Philippe et la Contre-révolution de 1830Chapitre 10 sur 84 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

lan pour d'étroites réformes, de la gratitude pour de faibles garanties arrachées à la nécessité , et des sympathies pour un libéralisme bâtard , sans formes , sans caractère , qui se prête à toutes les spéculations , s'accommode à tous les souvenirs , et ne répudie que le fait actuel , le fait impérieux qui domine tout : la révolution de juillet.

Tant que la liberté et l'égalité étaient chez nous une doctrine plutôt qu'un sentiment, tant que la France , faisant effort pour dépouiller le vieil homme , en était à son noviciat politique , l'égoïsme calculateur pouvait se cacher sous les couleurs de la liberté, et plaider la cause des vieux privilèges en ayant l'air de combattre le despotisme. Cette tactique a pu tromper encore la religion de la France de i85o, aussi long-temps que le bon sens public a été obscurci par les intrigues qui n'ont cessé de se croiser en tous sens , pendant les deux premières années d'une existence tout inusitée. Mais aujourd'hui que l'expérience a éclairé tant de défections , que les positions respectives se sont nettement dessinées et que le pays est enfin des-

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