‹ Louis Philippe et la Contre-révolution de 1830Chapitre 43 sur 84 · AVIS AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AVIS AU PEUPLE

» Il ne peut y avoir aujourd'hui qu'un gou- » vernement provisoire; les anciens pouvoirs sont » nuls.

» La nation est invitée à ne pas déposer ses » armes.

» Yive le gouvernement provisoire. »

Adresse présentée au général Lafayette et à la commission du gouvernement provisoire.

« La nation seule a vaincu ; à elle doit revenir le » fruit de la victoire. Une constitution librement » votée par les citoyens , et qui garantisse les droits »et les intérêts nationaux , tel a été le but de nos » efforts , telle doit être notre récompense.

» Déjà la commission centrale (ou le gouverne- »ment provisoire) a voulu proclamer ces principes, » écrits dans le cœur de tous les citoyens :

» Plus de privilèges héréditaires ; »Plus de religion dominante;

»Le concours médiat et immédiat de tous les » Français à l'élection de leurs représentans ;

» Etablissement et conservation de la garde natio- » nale , avec nomination de ses officiers par les ci- » toyens ;

» Liberté entière de la presse ;

» Jury pour la presse et en matière politique;

«Responsabilité réelle des dépositaires du pouavoir;

» Formation élective des administrations départe- » mentale et municipale.

» Yoilà les principes que les Français veulent au- » jourd'hui consacrer d'une manière stable; ces prin- » cipes sont aussi ceux que la chambre des repré- » sentans de 1 8 1 5 avait déclarés sous le feu des bat- » teries ennemies , et légués à un avenir qui nous » appartient actuellement.

» La commission municipale , qui représente un «gouvernement provisoire, doit rester en permanence jusqu'à ce que la constitution qui assure le » règne de nos droits, soit arrêtée et jurée par tous

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d les Français. Le peuple ne déposera ses armes » qu'après que sa conquête lui aura été assurée. »

Cette adresse fut présentée au général Lafayette et à la commission municipale par une députation de trente citoyens , désignés par la société des douze arrondissemens de Paris. Lorsqu'on voulut la faire imprimer, on éprouva les mêmes difficultés que j'ai déjà signalées , c'est-à-dire la défense du duc de Broglie , et ses menaces aux imprimeurs. Cependant elle le fut plus tard dans les ateliers du Constitutionnel.

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