AU PEUPLE
«Citoyens,
» Nous sommes aujourd'hui ce que nous étions » hier.
» Vous avez conquis la liberté par votre courage » et au prix de votre sang. On veut profiter de la » lassitude qu'on vous suppose après de si glorieux » travaux , pour vous imposer un autre gouverneraient, sans consulter ni vos vœux ni ceux de la » France.
» On vous montre un Bourbon comme lieutenant- » général , et autour de lui des ministres qui n'ont »pas la confiance du peuple. C'est un moyen de » vous ramener dans six mois Charles X , l'auteur » des massacres qui viennent d'ensanglanter Paris. »Et dans tous les cas, n'aurez-vous donc conquis » qu'un homme par trois journées de carnage? ce » sont des garanties qu'il nous faut , mais des garan- » ties qui assurent à jamais notre mémorable con- » quête.
» Ne songeons en ce moment qu'à affermir notre » triomphe, respectons le droit du peuple de consti- » tuer le gouvernement qui lui convient.
» Que tous les citoyens assurent aujourd'hui la » liberté qu'ils viennent de conquérir, en remettant » par acclamations la présidence à Lafayette. »
ET LA CONTRE-RÉVOLUTION DE 1 83o. 25
Cet appel fut fait par les citoyens réunis le 3o juillet, dans les salons deLointier. Il fut motivé par les efforts que MM. Larreguy, Isambert, Combes-Syes et autres agens du duc d'Orléans ourdissaient dans cette réunion pour acquérir des partisans à ce prince.