‹ Louis quinzeieme 17241757Chapitre 35 sur 37 · L'action universelle . — Diderot · texte numérisé non relu

L'action universelle . — Diderot

L’ouvrier naît au dix-huitième siècle, et la machine au dix-neuvième. Notable différence. Les œuvres industrielles, l’ameublement surtout, les arts de décoration intérieure, portent alors l’empreinte vive de la main de l’homme, souvent exquise cl délicate, parfois quelque peu indécise, avec certains légers défauts qui ne sont pas sans grâce, indiquant que la vie a passé là, l’émotion, et que l’œuvre en palpite encore.

Les formes convenues du siècle de Louis XIV s’étaient imposées à l’Europe, mais pour les choses qu’on peut dire extérieures : architecture, jardins, costumes officiels. Des arts nouveaux se créent sous la Régence, qui atteignent bien plus le dedans. Ils pénètrent, se glissent, semblent des confidents d’amour et d’amitié. Ils ne méprisent rien, donnent aux menus détails d’intérieur, à cent choses d’utilité (fort grossières sous Louis le Grand) un charme singulier! Toute la vie en est ennoblie. Au plus caché boudoir des princesses étrangères, l’ameublement intime, le négligé d’amour, la vie mystérieuse, tout est création de la France. Ce génie d’industrie, qui sent et prévoit tout, sert les raffinements solitaires

et la coquetterie sociale, les goûts de l’intérieur et l’aimable vie de salon.

En ouvrant les recueils des hommes sortis de la Régence, Oppenord, Meissonier, de Cotte, etc., on voit qu’ils entrevirent, tentèrent une grande chose : féconder l’art par la nature, marier avec charme les formes si diverses de la végétation et de la vie marine, les feuilles, oiseaux, coquilles ; exploiter mille espèces de fleurs, de coraux (autres fleurs); sortir de la pauvreté sèche des trois ou quatre types maussades où s’est tenu le Moyen âge. Ils en firent des essais, allèrent (on peut le dire) au bord de la Nature. Ils y seraient entrés avec bien plus d’audace si l’Histoire naturelle, maîtrisée par Buffon, n’eût été immobile dans ses descriptions solennelles, si .déjà elle eût eu le génie des transformations qui doit un jour changer les arts. Lamarck, Geoffroy, Darwin, s’ils étaient nés déjà, auraient ouvert un champ immense au génie de nos Oppenord.

L’art était jusque-là chose d’église, se répétant toujours, ou ridiculement bouffi, aux apothéoses royales, aux plafonds de Versailles. Mais tout à coup voilà qu’il est partout. Il devient social. Il crée une société. 11 n’est plus une école ou une académie ; il est un peuple. Un grand peuple sans nom a poussé sous la terre, de fine main, par qui le métier devient art. Il est même juste de dire

i]ue le sculpteur, le peintre, ne sont pas alors en progrès. C’est bien plus en ces arts appelés des métiers, que le siècle fleurit de grâce et d’invention.

Notez qu’ici l’ouvrier seul est tout. Il conçoit, exécute. Ce n’est ni Vanloo, ni Bouclier qui lui enseignent ces merveilles. Dans son cinquième étage, il est un créateur. Sans secours, sans machine et presque sans outil, il est forcé d’avoir du génie dans les doigts. Que d’efforts, de pensées, de combinaisons solitaires, avant que le chef-d’œuvre aille au bout de l’Europe faire admirer les arts français !

Mais cet ermite du travail, par moment, voit monter à lui un Esprit, qui aime et sent tout, qui pénètre ses habiletés, ses procédés, qui lui trouve une langue pour cent choses innommées, lui explique son art à lui-même. C’est le panlophile Diderot.

Voltaire l’appelle Panto-phile, amant de toute la nature, ou plutôt amoureux de tout.

Il n’est pas moins Pan-urge, l’universel faiseur. C’est un lils d’ouvrier (comme Rousseau, Beaumarchais et tant d’autres). Langres, sa ville, fabrique de bons couteaux et de mauvais tableaux, l’inspire aux métiers et aux arts.

De son troisième nom qui lui va mieux encore, c’est le vrai Prométhée. Il fit plus que des

œuvres, il fit surtout des hommes. 11 souffla sur la France, souffla sur l’Allemagne. Celle-ci l’adopta plus que la France encore, par la voix solennelle de Goethe.

Grand spectacle de voir le siècle autour de lui Tous venaient à la file puiser au puits de feu. Ils

1 Cherchons le cœur du dix-huitième siècle. 11 est double : Voltaire, Diderot. — Voltaire garda très-nette Y unité delà vie divine. Diderot sa multiplicité. Tous deux sentirent fortement Dieu. — Tous deux furent très-unis par l'idée identique qu'ils eurent de la Justice. Contre Locke Voltaire, et Diderot contre Helvétius soutiennent la Justice absolue. — Les hauts génies de cette époque, dont si complaisamment on a exagéré les dissentiments extérieurs, furent d'accord bien plus qu'on ne dit. On n'a pas assez rappelé Unt d’expressions fraternelles. de mots d'admiration, de mutuelle tendresse, qui leur ont échappé. — Voyez d'abord avec quelle joie toute apparition nouvelle du génie était reçue. Lorsque Voltaire, au comble de sa gloire, flatté de tant de rois, reçoit les essais d’un jeune homme inconnu, Yauvcnargues, quel attendrissement paternel ! quels efforts pour le produire, le faire accepter de tous' Chose louchante! il descend de sa gloire, lui dit: • J'aurais valu mieux, si je vous avais connu. » Ce mot, c’est le destin, c’est le prix de la vie. Qu'il souffre et meure, qu'importe? 11 est dans l'iminorlalitc. — Quand l'Esprit des lois apparaît dans son succès immense, Voltaire est ravi, il tressaille. Il en entreprend la défense et lance aux détracteurs un de ses beaux pamphlets. Plus tard il critiqua. Mais que sont ses critiques auprès de l'éloge excessif: « Le genre humain avait perdu ses titres. Montesquieu les a retrouvés. » • — Dans la lettre où Diderot défend contre Falconet l'idée de l'immortalité, il y a un mot, tendre, inquiet, sur Voltaire qu'il voyait vieillir : ■ Quoi! faut-il qu’un tel homme meure? * — Diderot, k son tour, trouva en ses pairs la sympathie profonde, l'aveu de son immensité : « L'oiseau de si grande aile ! > Voltaire l'appelle ainsi. Et Rousseau : « Génie transcendant! je n'en vois pas deux en ce siècle ! » — Grands cœurs ! Ils me rappellent le fanatisme de Rubens pour Vinci, et l’accent si fort de Milton dans ce sonnet touclumt où il dit : « Mon Stiakspeare ! s — Cela ne nous ressemble guère... Hélas ! pauvres sauvages du dix-neuvième siècle qui marchons si sombres un h un !

y venaient d’argile, ils en sortaient de flamme. Et, chose merveilleuse, c’était la libre flamme de la nature propre à chacun. Il fit jusqu’à ses ennemis, les grandit, les arma de ce qu’ils tournèrent contre lui.

Il faut le voir à l’œuvre, et travaillant pour tous. Aux timides chercheurs, il donnait l’étincelle, et souvent la première idée. Mais L’idée grandiose les effrayait? Ils avaient peu d’haleine? Il leur donnait le souffle, l’Ame chaude et la vie par torrents. Comment réaliser? S’il les voyait en peine, de sibylle et prophète, il était tout à coup, pour les tirer de là, ouvrier, maçon, forgeron ; il ne s’arrêtait pas que l’œuvre ne surgît, brusquement ébauchée, devant son auteur stupéfait*.

Les plus divers esprits sortirent de Diderot ; d’un de ses essais, Condillac ; d’un mot, Rousseau dans ses premiers débuts. Grimm le suça vingt ans. De son labeur immense et de sa richesse incroyable coula le fleuve trouble, plein de pierres, de graviers, qu’on appelle du nom de Raynal.

1 l'n jeune homme lui apporte une satjre contre lui. Il s'excuse : « Je n’ai point de pain. J'ai pensé que vous me donneriez quelques écus. — Las, monsieur, quel triste métier !... Hais vous pouvez tirer de ceci un meilleur parti. H. le duc d'Orléans, retiré à Sainte-Geneviève, me fait l'honneur de me hair. Dédiez-lui ce livre, et qu'on le relie à ses armes. Vous en aurez quelque secours. — Monsieur, l’épitre m’embarrasse. — Asseyez-vous là, je vais vous la taire. » Le prince donna vingt-cinq louis.

— Ul — ( 1720 - 1751 )

Cause première! On voulait qu’on s’en tînt à ce mot : « Dieu le veut. »

« Qu’est-ce que la Nature? Adorez, ignorez!

Comprendre, c’est impie. — Qu’est-ce que l’industrie ! la témérité de créer et de faire concuiS rence à Dieu. — Et la médecine ? défiance et défaut de résignation, l’acharnement de vivre. Guérir est un péché. »

Ainsi à chaque pas, obstacle et inertie, un monde obscur, épais, coagulé; rien ne se meut. Pour y ramener le mouvement, la circulation de la vie, le fluide de la Nature, et ses transformations à travers l’espace et le temps, il fallait écarter le Dieu faux d'inertie, — affranchir le Dieu mouvement.

Après la longue mort des trente années dernières du règne de Louis XIV, il y eut un réveil violent de toutes les énergies cachées. Dieu s'élargit, on peut le dire, il s’échappa. La vie parut partout. Des lettres aux arts, des arts à la Nature, tout s’anima, tout devint force vive. Il n’y eut plus personne de mort. Tous les êtres voulurent monter.

Du plus profond abîme, les madrépores euxmêmes, les coraux réclamèrent, dirent qu’ils n’étaient pas simples fleurs, m'ais de vrais animaux. (Peyssonel. )les plantes à leur tour, autant que l’animal, dirent aimer et avoir des sexes (Vaillant).

Les insectes (par Réaumur ) prouvèrent qu’ils, étaient ouvriers, de merveilleux industriels, qui

se faisaient chacun des outils poux* son art.

Ainsi la Nature tout entière, devant l’Industrie qui naissait, dit qu’elle aussi elle était industrie, un créateur laborieux. Notre Maillet, qui vécut en Égypte, vit, dans la matrice du Nil, surgir l’animal (non oisif), mais persévérant ouvrier, qui va se fabriquant, va montant dans l’échelle de la métamorphose, se diversifiant, tendant vers chaque espèce, selon qu’il développe tel organe ou telle fonction.

Pure machine au temps de Descaries, l’animal s’émancipe au dix-huitième siècle, devient animal vrai, une foi'ce animée et active, qui se crée, et qui a sa part du Créateur... Et Dieu n’en rougit pas. Animer tous ces simples, ces innocents, pour lui, c’est s'élargir , reprendre sa libre action et rentrer dans la vie divine dont les prêtres et les sophistes, ces impies, l’avaient exilé.

Le vertige me vient à regarder la scène prodigieuse de tant d’êtres, hier morts, aujourd’hui si vivants, créateurs... Cela est beau, grand! Dieu partout !

Démocratie immense !.. Plus la compression monarchique du Dieu de fer du Moyen âge fut exagérée jusqu’ici, plus aussi elles bi’ùlent, ces forces délivrées, d’avoir tout leur ressort, de se détendre enfin, de vivre de la vie républicaine. Diderot, leur organe, a un respect si tendre des moindres

libertés, des petites activités, qu’il craint de les gêner par un cadre trop fort. Il les relie sans les serrer, les laisse vigoureusement s’épandreen ses systèmes. 11 nfe les contraint pas, s’efface. — Au système du monde, il agit tout à fait de même. Le grand Auteur à peine y paraît. Il n'est pas nié, mais écarté, ajourné ou voilé.

Ah ! l’amour contredit l'amour, et il a en lui son obstacle !

Qui aime à ce point toute chose, — par l’amour de la vie locale, — perdra le sentiment de l’Unité centrale.

En douant chaque être d’une âme et d’un esprit divin, y mettant Dieu, on a peine à garder l’harmonie supérieure et la haute Unité d’amour qui liait toute chose.

Cela est triste 1 ... Le monde en devient sombre. Quel éparpillement de la vie !..

1 II est triste de toir deux ou trois hommes, et des plus éminents, — pleins de la vie divine, — n’en pas bien sentir l'Unité. C'était nia querelle déjà avec notre regrettable Proudhon, qui m'a suivi de près dans mon idée de la Justice, de la Révolution, opposé du Christianisme. Son esprit décentralisateur lui a voilé l ’ Unité du grand Tout. — J’ai dit ma pensée là-dessus dans le livre de la Femme, dans la Bible de l'humanité. — Né fort indépendant de la forme chrétienne, n’ayant jamais communié , quoi qu'en disent d'impudents biographes, j'avais l'esprit très-libre, cl plus de droit de m'expliquer.

Le vrai soleil du momie, l’Amour qui en est l’âme, n’apparait pas toujours. La ravissante idée do l'Unité centrale par moments se dérobe pour enhardir la vie locale. C'est un phare à éclipses qui tourne, qui se cache et ne périt jamais. Rassurez-vous donc aux heures sombres.

Si l”anima] s’élève dans l’échelle des êtres, selon qu’il est centralisé, en montant des mollusques à l’homme, — hélas ! l 'animal monde, s’il n’est centralisé dans l’unité divine, de quelle chute profonde va-t-il tomber, cher Diderot !

Ses Pensées sont brûlées (1746). — Su Lettre sur les aveugles (1749) le fait mettre à Vincennes. Regardons-le sur ce donjon.

De là la vue est grande sur la plaine, la Seine et Paris, sur Notre-Dame et la Bastille. Que d’hommes ont regardé du haut de cette tour, mesuré la hauteur ! Retz, Condé, Barbés, Mirabeau, mille autres y ont passé. Mais nul oiseau jamais de si haut vol n’y fut que celui que j’y vois, nul plus grand, plus hardi, « nul plus sage et plus fou. »

Lui-même s’est dépeint à merveille. Né à Langres, lieu haut et de vents éternels, qui d’heure en heure va du calme à l’orage, il dit : « Ma tête est le coq du clocher qui va, vient et tourne toujours. » Un coq, disons-le, d’un œil d’aigle qui plane et voit au loin, pressent de tous côtés les vents de l’avenir.

C’est Tan 1749 (juillet), l’avénement de Mesdames, et le triomphe du Clergé. Le Roi accorde

Cette (lamine qui fait ia joio du cœur, peut manquer par moments, nous attrister de son absence. Toujours elle revient plus vivante, agrandie.

aux prêlres une razzia des gens de lettres. Sous le prétexte d'athéisme, on loge au donjon Diderot.

Cent ans plus tôt cela mène au bûcher. Vallée, Vanini, Théophile furent sans piété brûlés. Que d’autres, pour des riens, furent enterrés vivants ! J’ai dit la cage de Saint-Michel-en-grève. Je n’ai pas dit les fosses pleines de rats, où Renneville eut le nez mangé.

Diderot fut très-beau en prison. Tenu au secret le plus dur, il ne livra jamais le nom de son libraire qui eût été droit à Toulon. Il était décidé à rester là. Et, sans papier ni plume, il charbonnait un drame de la mort de Socrate. L’autorité fléchit et recula.

Dans ce séjour de trois mois à Vincennes, il mûrit son grand plan d’une association universelle des gens de lettres, concentrant leurs travaux dans un Dictionnaire qui contiendrait la science humaine. Pensée folle? on devait le croire.

L’autorité permettrait-elle une si dangereuse entreprise, toutes les sciences exposées, traduites selon l’esprit philosophique (autrement dit, contre l’autorité) ? Aucun protecteur sûr. La Pompadour et d’Argenson cadet voulaient, ne voulaient pas. Si Diderot n’eût fait qu’un livre, il eût péri. Il emporta l’obstacle à force de grandeur. Dans sa vaste entreprise, au peuple des lettrés s’unit le

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peuple financier. Des fortunes s’y engagèrent, Telle y fut jetée sans retour. Une seule dame y mit cent mille écus.

Plusieurs y mirent leur vie (de Jaucourt, et tant d’autres). La générosité de Diderot qui s’y usa pour rien (y eut son pain à peine), sa générosité gagna. On vit un surprenant spectacle, cesser l'égoïsme et l’envie ! Qui aurait jamais cru que la nation des gens de lettres (comme l’appelle d’Alembert), nation de rivaux, d’envieux, en viendrait à s’immoler dans un travail commun où chacun brillerait si peu? une Babel par ordre alphabétique , un monstrueux dictionnaire de trente volumes in-folio? V Encyclopédie fut bien plus qu’un livre. Ce fut une faction. A travers les persécutions, elle alla grossissant. L’Europe entière s’y mit.

Belle conspiration générale qui devint celle de tout le monde. Troie entière s’embarqua ellemême dans le cheval de Troie.

Tout cela était encore dans le cerveau de Diderot. Il était encore à Yincennes, mais plus libre déjà, quand il eut, en août 1749, la visite vraiment mémorable du musicien Bousseau. Il n’avait pas encore fait le Demi du village, et rien ne le recommandait. Diderot qui l’aimait, ne méditait pas moins d’inscrire Rousseau au titre du

grand Dictionnaire des sciences, de lui donner l’honneur d’être un des fondateurs de l’Encyclopédie (ce qu’il a fait réellement).

Mably, dans cette année, avait donné son livre contre la vie moderne, son éloge de Sparte, etc. Rousseau, protégé de Mably et ami du célèbre auteur, pouvait -il ignorer ce livre? Il n’en dit rien , mais parle seulement du sujet proposé par l’Académie de Dijon. « Les sciences et les arts ont-ils servi le genre humain? »

Cette question, dit-il, lui ouvrit tout un monde. 11 allait à Vinccnnes quand il la lut, en fut ému, gonflé, ne put plus respirer. Il s’assit sous un arbre, y écrivit une page au crayon pour la montrer à Diderot.

Les trois récits qu’on a de ce moment (par Rousseau, Diderot, Marmontel) s’accordent aisément. Rousseau entrevit bien la grande place qu’il allait saisir, en attaquant les sciences et le parti de ses amis. Mais il ne l’eût pas fait sans l’avis généreux du capital ami, qui pour lui était tout alors, sans l’autorisation de l’oracle du temps.

Grave question pour Diderot ! Au jour où il dressait le monument des sciences, allait-il envoyer Rousseau dans le camp opposé? Ne risquait-on de voir bientôt un encyclopédiste ennemi de l’Encyclopédie ? qui sait ? ennemi de Diderot?

Celui-ci fut très-grand. Il conseilla contre luimême, contre son œuvre et contre son parti. Il conseilla Rousseau pour Rousseau, selon ses tendances, sou talent et sa destinée, et, quoi qu’il arrivât, il le lança dans l’avenir.

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