‹ Louis quinzeieme et seizeiemeChapitre 3 sur 40 · MU · texte numérisé non relu

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Mais si le Roi, entraîné par la Reine, eut ce moment d’inconséquence, reconnaissons qu’en tout le reste, il fut fidèle à sa tradition. Il ne fut nullement, comme on a dit, incertain et variable, mais toujours le même et très-fixe (au moins dans son for intérieur) contre toute nouveauté, contraire à l’Améritjue, contraire à Turgot et à Necker, forcé de marcher quelquefois, mais n’avançant qu’à reculons, et en protestant en dessous.

Les réformes que lui arracha la force de l’opinion, n’eurent aucune portée sérieuse ; on le veira par ce volume. Les fameuses Assemblées provinciales qu’on a fait valoir récemment, ne furent qu’un leuiTe en 1786. — Le Roi, loin de céder en rien au progrès et à la raison, s’aigrit par les concessions, fort légères, qu’il lui fallut faire, les mensonges qu’il lui fallut dire. — Nos pères ne se trompèrent en rien lorsqu’ils sentirent en lui le solide, l’inconvertissable ennemi de la Révolution.

Pour établir cela et le mettre dans tout ‘ son jour, j’ai dû m’écarter peu, effleurer, éluder ce qui m’en éloignait. De là plusieurs lacunes*. Maintes

' Ën revanche, j'ai développé terlains faits vraiment capitaux, par exemple, la révolution de (îrenoble qui fit celle de la France, et pour laquelle U. Garicl m'avait ouvert les sources les plus précieuses. — le regretterais beaucoup plus mes lacunes si mon ami, M. Henri Martin, dans sa judicieuse bisloire, si riebe eu précieux détails, u'v suppléait souvent avec aulaut d exactitude que de talent. — L’Iiisloirc de l’art est

cliüsos ne soûl moulrées que de profil, plusieurs même passées fout à fait.

Rien ne me pèse pins que d’omettre sur le chemin tels faits admirables, héroïques, qui sont restés sans récompense, sans mémoire jusqu’ici. L’histoire doit payer pour la France. Ces dettes me suivent et me poursuivent. Je ne me pardonne pas de n’avoir pas parlé de cet obscur Léonidas qui nous a sauvés à Sainl-Cast, et dont la vaillance oubliée m’est révélée à ce moment par mon savant ami, M. le professeur Macé.

Que de dévouements, que d’efforts, de sacrifices et de cruels malheurs, que de vertus punies par la dureté du sort, dans notre histoire maritime et coloniale! Je resterais inconsolable si je n’y revenais un jour.

11 faut dire que la France entière du dix-huitième siècle (tant légère qu’on la croie) a eu nu esprit étonnant de générosité , parfois excessif en bonté. — L’élan pour l’Amérique est simplement sublime. — L’altachemenf bizarre , obstiné, acharné, qu’elle eut pour Ixmis XVI, fermant les yeux à l’évidence, le croyant toujours un bonhomme , est ridicule, si l’on veuf, mais

mieux dans les fines et savantes notices de MM. de Goncourt, que je n'aiirnis pu faire. — Deux sérieux c.s|)Vits, .si nets et si locaux, MM. Bersot, Dami, ont donné sur nos pliilosojdies d’excellents jugements qui resteront dédnitifs. Us corrigeiil ce, que peol avoir pi ul ctre d'eicc.ssif ma ci'itiquc de Rousseau.

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louctianl. Aucune l'aulcn’y put rien, non pas même les fusillades de Paris, on 88.

Nul fiel en celle âme de France. Tellement haïe par l’Angleterre, elle ne la hait pas du tout. El, c’est juste au moment où l’Angleterre la ruine, que la France l’admire, s’en engoue, la copie. Et notez que, pour le progrès des idées, la France fait tout, V Angleterre rien, pendatit soixante-dix ans. De la mort de Newton à Wall, elle est exactement stérile ( loyal aveu de M. Buckle).

Ce wpur exubérant, si facile et si bon, si charmant de la France, il faudrait bien le dire tout au long, ce que je n’ai pu. Ces justices ducs à nos pères pour une foule d’héroïsmcs obscurs, il faudrait, tôt ou tard, qu’on les rendît enlin. On dit que Camoëns eut aux Indes un emploi, fut V administrateur du bien des décédés. Ce litre, celle charge, sont ceux de l’iiislorien. Je n’en resterai pas indigne, j’acquitterai ces dettes et ne mourrai pas insolvable.

Il me convient d’èlrc mon juge. J’essayerai, si je vis, dans un travail à part, d’apprécier celle œuvre, en ce qu’elle a de bon, d’incomplet, de mauvais. Je ne sais que trop scs défauts. Alors, je pourrais faire ce qu*on ne peut dans une préface : je dirais tes méthodes dont j’ai usé selon

les leinps, la spécialité de nos arts hislui'iques que l’on connaît fort peu.

Mais je voudrais surtout y dire le travail [>oisonnel, intime, qui se faisait en moi {>endanl ce long voyage. Mon œuvre était pour moi (plus qu’un livre) la voie de l’ànie. Elle m'a fait et a fait ma vie.

l'aiiï, t"' octobre 1867.

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