CHAPITRE XX
Galonné. — Comédie des notables. — 1787.»
et Galonné fut un danseur qu’on chai^ea pour un temps du rôle de roi de théâtre ; quand il fut à bout d’haleine, quelqu’un lui suggéra le bon système (d’assembler les Notables), qu’il saisit avec la sagesse que nature a placée dans son occiput. Le tout n’est pas d’imprimer , enregistrer, etc.; il faut faire danser ces assemblées. En niais, il leur jette au nez un déficit qu’il ne sait pas lui-même, comme s’il avait besoin d’amasser des pierres pour le lapider. Il n’a pas imaginé qu’on pût demander « A qui la « faute? » (Mirabeau père, Mém., IV, 1, 95).
Ce parleur, ce bavard, à quion croyait tant d’esprit, il l’appelle de son nom : un niais. Très-bien jugé. Exécution définitive.
Sur les Notables, il dit: « Vu de près, oh 1 que c’est bête!... Ce danseur, se trouvant à bout, assemble une troupe de guülots (c’est-à-dire les premiers venus), qu’il appelle la nation, dit: « Nous avons mangé les pauvres, et nous en venons « aux riches. Et, ces riches, c’est vous, sachez-le. « Diles-nous donc amiablement, comment devons- « nous vous manger ? »
11 est plaisant de faire, comme quelqu’un l’essaye aujourd’hui, de faire de ce Galonné un profond révolutionnaire, qui ne jeta l’argent, qui ne gorgea la cour , ne ruina la France « que pour les mener au bord d’un abîme si profond, si effrayant, que roi, clergé, noblesse, appelleraient de leurs cris les nouveautés libératrices. » Roman bizarre qu’on n’appuie de nulle preuve. Rien, absolument rien, dans les documents de l’époque.
Galonné fut créé, on l’a vu, par la coalition qui se fit un moment entre Trianon et les princes, entre les Polignacs, Monsieur, d’Ârlois, Gondé.
On ne le comprend bien qu’en envisageant dans l’ensemble les dix années des Polignacs, les deux phases qu’offre leur long règne.
La fin de Maurepas doublant leur ascendant, ils crurent d’abord s’emparer de l’armée, firent ministre S^ur. Trois ans après, ils firent
Galonné contrôleur général, et purent s’emparer (le la caisse.
Par Ségur, ils obtiennent l’ordonnance de 81 , (jiii monopolisa les hauts grades, les gros traitements* pour la Cour et les favoris. Le Roi terme aux non-nobles la carrière militaire, que Louis XV ouvrit en 1750. Pour le plus petit grade (sous-lieulcnant), il faut prouver quatre degrés de noblesse paternelle. Et les nobles eux-mêmes ne sont jamais que capitaines. Pour être officier général, il faut être admis à monter dans les carrosses du Roi. ’-
Pour suivre ce système, il faut que le Trésor, aussi bien que l’armée, tombe aux mains de la Cour. Voilà le vrai sens de Galonné.
• In petit magistrat, taré et endetté, que les Parlements délestaient, que Maurepas appelait un panier percé, était juste celui que pour toute raison on aurait dû exclure. Étranger aux finances, il avait sa science dans la tête d’un homme équivoque, certain Panchaud, un banquier genevois, qui, après avoir fait de mauvaises affaires, se mêla des affaires publiques. Tout le duel du temps est en réalité entre deux Genévois, deux banquiers, ce Panchaud et Necker.
La machine arrangée par Panchaud pour éblouir, servir à la parade, était l’amortissement, qui. grossi l'iîujt -cinq ans \m- l’intérêt composé.
devait libérer le trésor, amortir douze cents millions. Vingt-cinq ans! en ces temps où tout changeait sans cesse, où l’on mit aux Finances U’ois ministres en trois mois (en 1787) I Vingtcinq ans! un malhonnête homme pouvait seul faire de telles promesses.
Galonné, pour attirer des dupes, assurait que l’emprunt s’éteignant chaque année par remboursements, et le capital s’augmentant, les prêteurs qui resteraient à la vingt-cinquième année, recevraient plus de cent |)our cent I
Nul charlatan de place, nul arracheur de dents, n’eut jamais tant d’audace. Ses préambules , austères , ne parlent que d’économie, d’ordre sage, de juste balance.
Ces affiches effrontées réussirent à ce point qu’en trois ans, les badauds, avec empressement lui apportèrent cinq cents millions.
A force de mentir, le menteur s'attrapa luimême. Il crut que son Panchaud lui continuerait à- jamais le miracle de pomper l’aident dans les poches. En 86, tout tarit. Voilà notre étourdi effaré, éperdu, qui, du péril, se sauve en un péril plus grand, croyant fort niaisement (dit Mirabeau le père) qu’il resterait le maître d’un si grand mouvement,.mystilierait la France, et payerait en monnaie de singe.
Que fait-il^ l’imprudent? Il va fournir des pièces
pour instruire son procès, pour préparer de loin le procès qui finit au 21 janvier.
Qu’est- ce donc que la France va voir au fond du sac?
Üisons-le franchement. Des chiffres? Non, des crimes.
Crimes de Galonné, crimes du Roi ; j’entends les fautes déplorables de la faiblesse étrange, qui dans ces trois années, donna, gaspilla, lâcha tout.
1" Mainte opération de Galonné était de telle nature que tout pays gouverné par les lois lui aurait décerné le bagne. Sur des emprunts déjà remplis, furtivement il négocia des rentes pour cent vingt-trois millions. Sans autorisation du Roi, il lança dans l’agiotage, gaspilla et perdit pour douze millions de domaines, etc.
Mais ses opérations légales ne sont guère moins coupables. Cinq cents millions d’emprunt entrais années de paix !
■ Quoiqu’en dix ans le revenu public ait augmenté de cent quarante millions, ce furieux prodigue accroît le déficit annuel de trente-cinq millions.
Sous le plus mauvais roi, le plus mauvais ministre, Louis XV et Terray, l’impôt fut de trois cents millions. — 11 est de cinq cents sous Galonné.
Où passait cet aident? En partie à la rente, mais aussi aux splendeurs de la bureau-
Digitizod by Googic
cratie, aux folies adminislratives. Sous Terray, un bureau coûtait trois cent mille francs; il coûte trois millions sous Galonné. On dédouble la Poste pour en donner moitié à M”' de Polignac, petit cadeau de deux millions.
Pour pourvoir aux dépenses de cette immense monarchie, que reste-t-il? Bien peu :
Cent-quatre-mngts miUmts.
2° Ce qui suit est le plus pénible. Qui pourra croire dans l’avenir que, sur ce reste misérable, ce pauvre denier de la France, le Roi en jetait les deux tiers en largesses insensées?
On veut tout rejeter sur Galonné, excuser le Roi. Mais bien longtemps avant Galonné, depuis mai 76, le Roi est retombé dans la vieille voie de Louis XV, le gaspillage des acquits-aucomptant.
Aux années les plus pauvres, le Roi est le plus généreux.
En 1783, l’année qui suit la guerre, l’année d’épuisement, le Roi, en acquits-au-comptant, donne cent quarante-cinq millions (Bailly, üist. des finances.)
En 1785, l’année qui suit la sécheresse, la stérilité de 84, une année presque de famine, le Boi donne cent-trente-six millions.
On objecte bien vite qu’il y a là-dessus quelques pensions diplomatiques, et l’intérêt des antici-
patious. C’est la moindre partie. La masse est en faveurs, en grâces pour la Cour, dots, établissements de famille, générosités fortuites.
A quoi allons* nous retomber? Sur les cinq cents millions de l’impôt annuel, en ôtant les frais et les dons, en dernière analyse, il en reste... ((uarante!
Rien de pareil sous Louis XV , qui cependant par an reçoit deux cents millions de moins. Rien de tel sous Louis XIV, aux pires temps de ses grandes guerres. Rien, rien de tel en aucun temps. Louis XVI, vraiment, à juger par les chiffres, est le pire des trente-deux Capets.
On voudrait nous faire croire qu’il fut surpris de la révélation du Déficit, qu’il avait ignoré ou n’avait pas compris les actes déplorables qu’il signait tous les jours. C’est le mettre bien bas, dire qu’il n’avait gardé nul sens de ses devoirs. 11 n’est pas si facile qu’on le croit de tout ignorer. Et, si l’on y parvient, c’est un crime déjà de se faire en s’étourdissant une fausse et coupable innocence.
Pouvait-il ignorer la somme épouvantable dont ('..vienne an début paya, gorgea ses frères? Pouvait-il ignorer l’achat de Rambouillet (si inutile), pour étendre ses chasses (quatorze millions)? El les quinze millions de Saint-Cloud ? Ignorail-il la succion terrible d’un poulpe insatiable, la société
de Trianon, les pensions étranges de Coigny, Oillon et Fersen? les présents monstrueux entassés sur les Polignacs ? Ce qu’on en sait est effrayant.
Le Roi n’a jamais eu de favori ni d’ami personnel. 11 avait commencé par une grande défiance. Il écartait la cour « par ses coups de boutoir. O Qui donc le changea à ce point? On impute tout à Galonné. Le Roi le connaissait, et ne l’accepta qu’à regret. 11 le trouva commode et agréable, ne l’estima jamais. La Reine, il faut le dire, fut réellement la seule personne qui ait profondément agi sur lui. Par elle, la cour de Trianon, et même la grande cour de Versailles, non-seulement le domina, mais le changea, le transforma. On cherchera en vain ; on ne pourra trouver aucune autre puissance qui ait pu opérer cette étrange métamorphose.
On eût pu le prévoir, quand (en 74), elle lui fit chasser ceux qui l’éclairaient sur l’Autriche, et quand, deux ans plus lard, elle lui fil renvoyer Turgot. Les enfants rattachèrent encore. Les fautes l’attachèrent, et le besoin de pardonner. Plus il souffrit par elle, plus il aima. Le procès du Collier, qui lui fut si cruel, l’attrista, l’éloigna un instant, mais pour le ramener plus faible que jamais. 11 l’aima pour sa honte, il l’aima pour ses larmes. Plus tard, pour son audace et sa témé-
rilé. Il arrive à ce point (en 1787) de ne pouvoir la quitter un moment. Quand elle va passer le jour à Trianon, quoiqu’elle n’y couche point et doive lui revenir le soir, il ne peut durer à Versailles et va à Trianon trois fois dans la journée. Au moindre mot qu’elle lui dit, on le voit ému, empressé, (Besenval, 11, 507). Quelle maîtresse eut jamais un pareil ascendant? La Pompadour se fit le chien de Louis XV, ne le garda qu’à force de bassesses. Louis XVI, au contraire, est le serf tremblant de la Reine, observant son regard, redoutant sa parole hautaine. Tout ce qu’on a conté au moyen âge de la magie cruelle, des opérations diaboliques, où, gardant l’apparence, on perdait l’âme, ces histoires sont trop vraies : on les retrouve
A la Fédération de 1790, un royaliste, M. de Virieu, voyant la Reine sur l’estrade, l’admira, mais ne put garder un mot « Voyez la magicienne 1 » Ce mot fut répété. Et la Reine elle-même, dans la tragique année 91 , n’ayant agi que trop sur Mirabeau , Barnave , s’appelle en souriant : « La fée. »
Ses portraits successifs de plus en plus expriment cette énigmatique puissance, à part de la jeunesse, à part de la beauté. Suivez-les à Versailles. Au premier (devingtans), elle est éblouissante, mais cela parait peu encore. Ce sont les
(leux derniers portraits (de 31 et 32 ans), qui nous la donnent ainsi, triste, trouble, fort dangereuse. Ce n’est pas là la bonne fée. L’image est fantasmagorique, point naturelle, point rassurante. Est-ce Circé? Non pas. L’altier et le tendu en diminuentle charme. Est-ce Médée? Non pas. Elle n’a pas du tout l’obscène atrocité de la vraie Médée (Caroline). Après plusieurs grossesses, et à trente et un ans, dans le second portrait de M""* Lebrun (86-87), elle reste fort belle, garde sa peau nacrée, « si transparente qu’elle n’admettait nulle ombre. » Autour d’elle et sur ses genoux, elle a ses beaux enfants. On repense à Vandick , à son Henriette d’Angleterre. Moelleusement vêtue d’un très-doux velours rouge, qui prête ses reflets au satin de la peau, elle séduirait fort, n’était lebleu trop bleu de l’œil, le regard fixe, à faire baisser les yeux.
Mais avec ses enfants, pourquoi se roidit-elle? Ces innocents gardiens la protègent. Ils devraient donner à ce tableau du calme. Il n’est point innocent, il n’est point rassuré. 11 n’a pas la sécurité du noble tableau de Vandick. La fée y nuit trop à la mère. Elle fascine, au lieu de toucher. L’artiste aussi, nerveuse, et troublée de la Reine, émue de l’avenir, travaillait inquiète, et la main, je crois, a tremblé.
Je ne crois pas du tout que le Roi n’ait pas vu
Digitieed by Coogle
la pente sur laquelle sa cruelle passion le traînait. Sous sa morne figure que l’on eût crue insouciante, il avait de grands troubles. Un mot lui échappa qui peut en faire juger. Quand la mort de Vergennes (janvier 87) enleva les derniers moyens qu’il avait d’enrayer, le laissa faible et seul, il alla voir sa tombe au cimetière et dit : « Plût au ciel que déjà je pusse reposer à côté de vous 1 »
Grave parole 1 on croirait volontiers qu’il eut à ce moment l’affligeante lueur de tous les changements qui s’étaient faits en lui, de son énorme écart d’avec le premier Louis XVI. — Où est le scrupuleux dauphin, le roi si amoureux du bien public, et, ce qui est plus fort, oh est le roi chrétien? Quelle trace en son règne actuel de ce primitif idéal du duc de Bourgogne, dont il avait, lisait, relisait les papiers? Cet idéal du roi, quoique si favorable aux nobles et au clergé, implique le respect du devoir, l’intérêt du pasteur pour le troupeau que Dieu lui confia. L’âme de Fénelon y était contenue. Combien cette âme est loin, dans l’égoïste oubli où le Roi est tombé! Que reste-t-il ici du sentiment chrétien, des tendresses du Télémaque pour les misères du pauvre peuple? 11 avait été élevé par deux jésuites, la Vauguyon, Radonvilliers, qui ne purent cependant fausser entièrement l’honnêteté de sa bonne nature alle-
mande. S’il disait faux parfois, c’était faiblesse, ou bien respect humain. Nul doute que ses très-mauvais maîtres ne lui aient de bonne heure donné la grande tradition monarchique , le droit des rois de tromper pour le bien. Ces leçons lui revinrent bien plus qu’on n’aurait cru en 1787. Par trois fois, il entra, avec Galonné, avec Brienne, dans leurs plans misérables, dans les ruses grossières qui ne pouvaient que l’avilir.
Voici ce que les faiseurs de Galonné avaient imaginé (son financier Panchaud, son parleur Mirabeau, etc.): d’éblouir le public, à ce fôcheu.x moment, et de le dérouter par l’imprévu d’un grand spectacle, par une mise en scène dans le genre de Gagliostro. G’était l’évocation d’une ombre.
Gontre le Parlement qui se disait la France, on faisait apparaître une certaine figure qu’on disait la France elle-même. Une fausse petite France, choisie, triée adroitement, d’une centaine de Notables. Henri IV autrefois fît jouer cette comédie. Le fonds était ceci : Ges Notables, arrivant sans droit, par simple choix du Roi, pouvaient l’aider, mais ne le gênaient guère. Selon les occurrences, c’était peu ou beaucoup. Tantôt on disait : « G’est la France. » Tantôt on disait :
« Ge n’est rien. »
Mirabeau nous assure que c’esl lui qui donna l’idée à Galonné. Il avait besoin d’une place et se figurait être secrétaire des Notables. Si on l’en croit du reste, dans cette œuvre de ruse, il espérait mener Galonné plus loin qu’il ne voulait, des Notables aux États généraux, à l’Assemblée nationale. 11 croyait tromper les trompeurs. Son second, dans la ruse, était l’abbé de Périgord, M. de Talleyrand, qui fort adroitement, d’un pied boiteux, marchait derrière le puissant orateur, s’cH faisait remorquer. Mirabeau le donna à Galonné (5 juillet 86), le lui recommanda comme un jeune homme habile, discret, fort capable d’écrire « les très-grandes idées, conçues de son génie. » Nul plus apte en effet à vêtir le mensonge de forme décevante et menteuse. — Ge petit Talleyrand allait mieux à la chose que Mirabeau lui-même, trop bruyant, trop retentissant. Üe Mirabeau, Galonné prit l’avis et prit l’homme, mais l’éloigna lui-même, l’envoya à Berlin.
Ia singularité piquante de ce plan de Galonné, c’est qu’il offrait, article par article, les réformes les plus contraires à ce qu’on attendait de loi, les idées qu’on savait les plus antipathiques au Roi.
1° Unité administrative. La monarchie, enfin tranquille, peut effacer les bigarrures parmi lesquelles elle a grandi. Proposition immense qui eût fait disparaître ces corps, ces privilèges antiques
poui* qui le Roi avait tant de respect (lui-même l’écrivait en 1788 dans une note sur les plans de Turgot).
2® Égalité d'impôts par la taxe territoriale, que jadis Machaull proposa.
On se rappelle le combat que Machault soutint cinq années (1749-1754) contre le Dauphin, père du Roi. La terreur du Dauphin, la terreur du Clergé, était que, pour une telle taxe, il fallait préalablement estimer tous les biens. Machault voulait avoir un état des biens du clergé. Proposition horrible qui crevait l’Arche sainte, renversait la religion. On eût vu ce que l’œil laïque ne devait voir jamais (que le clergé avait quatre milliards). Le Dauphin, pour une telle cause, fit une guerre désesjiérée, s’immola et ses sœurs, l’honneur et la conscience. Louis XVI, son fils, fidèle à sa mémoire, se réglant sur lui seul et lisant toujours scs papiers, put-il tout à coup agir contre dans le point le plus sérieux ? Était-il converti sur cela? Point du tout. S'il fut l’invariable ennemi de la Révolution, ce fut moins pour ses droits que pour ceux du clergé.
La taxe de Machault qu’oii mettait en avant, n’était rien qu’un épouvantail. Ce qui le prouve assez, c’est qu’on la proposait sous la forme la plus impossible, chimérique, enfantine : « Elle serait levée en denrées. » Mais avant on allait,
XTii. 24
en estimant les biens, sonder toute l'orlune, regarder dans les poches des deux ordres privilégiés. Qu’eùt-on vu? La richesse énorme du clergé, le déshonneur des nobles, le désordre de leurs affaires. En leur donnant la peur de tout montrer au jour, on allait les forcer de composer avec le Roi, d’accorder des subsides, d’autoriser l’emprunt refusé par le Parlement.
3° Le troisième mensonge du grand prestidigitateur, c’était une certaine ombre de représentation nationale. Tui^ot en 76, dans ses vastes idée?, d'éducation politique, pour préparer la France à se gouverner elle-même , imaginait un système d’assemblées communales, provinciales, couronné par l’assemblée des assemblées. Necker fit un petit essai des assemblées provinciales en 1778. Ces choses, bonnes alors, dix ans après avaient bien peu de sens. Au moment où l’esprit public voulait et exigeait une représentation sérieuse , où la F rance allait se lever en souveraine, en juge, ouvrir un sévère examen, le Roi et le ministre, qui voulaient l’arrêter aux vieilleries, étaient jugés par là. On voyait de,s coupables occupés de gagner du temps.
Du premier coup on réclama contre ces ruses trop grossières. Les prétendues assemblées provinciales de Galonné n’avaient rien de provincial. (Cela fut dit crûment :i Besanf;on, à Gre-