‹ Louis Riel à la Rivière-du-Loup [microforme]Chapitre 9 sur 32 · MOUVEMENT DES TROUPES · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DES TROUPES

Avril, 2—Le général Middleton arrive à Fort Qu'Appelle.

Avril, 6-—Le général Middieton part de Fort Qu'Appelle, en ronte pour Humboldt, avec une partie de ses troupes, environ Énoteuee, Æaveir : le 95me bataillon, la moitié de la batterie de campagné de Winmpeg, 25 éclaireurs. La batterie A, en route de Troy à Qu'Appelle, la batterie B demeurant à Troy.

‘ Avril, 8—£Les Queen's Own, à Fort Qu'Appelle. Le bataillon provisoire de Winnipeg sous les ordres du lieutenant-colonel O. Smith reçoit l'ordre de partir pour Calgary et Fort MacLeod. L

«4 Le lieutenant-colonet Otter est arrivé avec ses troupes, à Swift Current.

‘ La batterie A arrive au camp du général Middileton (grand froid 22© au-dessous de zéro} Lé général Strange reçoit le commandement des troupes stationnées à Calgary, McLeod et Gleichen. Forest reçoit l'ordre de partir pour Troy, pour agir commé paie-maitre des troupes.

« Avril, tt-—Le général Middleton aux Plaines de Sel, Le lieutenant-colonel Otter reçoit l'ordre de partir immédiatement pour Battleford avec 500 hommes

“Avril, 13-—-Le général Middleton campé à 18 miles, à Humboldt, Le major général Laurie part pour Swift Current.

« Avril, 14—-Le général Middleton à Humboldt, Le lieute. nant-eolonel Williams avec le bataillon de Midland arrive à Swift Current. ,

‘4 Avril, 15——Reddition du Fort Pitt aux sauvages (de Gras Ours); un homme tué êt un blesse.

‘“ Avril, 16-—Le général Middleton campé à 20 milles de la *

Traverse de Clarke,

4 Plus tard, le général est en marche pour s'emparer de la Traverse de Clarke.

u Avril, 21--Le général Middleton divise ses forces pour agir des deux côtés de la rivière, Le lieutenant-colonel Williams laisse deux compagnies de son bataillon, à Swift Current, et s'avance avec le reste vers la Saskatchewan du sud pour prendre le bateau traversier avec des provisions pour la première colonne,

« Avril, 23—-Le général Middleton part de la Traverse de Clarke.

« Avril, 24—Le général Middleton, à l’'Anse-au-Poisson.

« Avril, 25—Bataille à l'Anse-au-Poisson, La demi-colonne se trouvant du côté nord traverse pour se rallier à Middleton. Arrivée du lieutenant-colonel Otter à Battleford.

4 Mai, 3—Kngagement entre Poundmaker et la colonne Otter ; 7 tués et 14 blessés,

‘ Mai, 6—Le vapeur ‘ Northcote” arrive à la Traverse de Clarke avec une partie du Bataillon de Midland.

‘ Mai, 7—Le général Middieton déplace son camp de l'Anse au-Poisson près de la Traverse-de-Gabriel.

«Mai, 8—Lafontaine, de la gendarmerie à cheval, est fait prisonnier par Poundmaker. Le général Middleton part de la Traverse-de-Gabriel et campe à 6 milles à l'est de Batocheg.,

“Mai, 9—-La première colonne part du camp, à # heurés p.m., arrive à Batoche, à 8 a.m., bombarde une maison sur la rive, Lord Melgund part pour Ottawa, dans l'après-midi.

‘Mai, 11—Attaque du général Middleton sur Batoche. Tout l'établissement emporté ; 8 tués et 30 blessés dans les trois jours de combat.

“Mai, 12—Les hommes de Poundmaker s'emparent de vivres entré Swift Current et Battleford.

“4 Mai, 15—Reddition de Riel.

‘ Mai, 16—-Ordre du ministère de conduire Riel à Régina.

‘ Mai, 19— Le général Middieton à la traverse de Guardupuy.

“Mai, 20—Strange part d'Edmonton avec le 65e, par bateau, le reste de la colonne suit la route.

‘23—Riel arrive à Régina sous escorte, Le général Middielon, à Carlton, Il reçoit une lettre de Poundmaker et y répond. Les Grenadiers partent de Prince Albert pour Battieford. Le reste des troupes s’embarque dans des bateaux, excepté la batterie de Winnipeg, qui reste à Prince Albert.

“Mai, 24—-Le genéral Middleton arrive à Battleford.

« Mai, 26—Poundmaker ét ses chefs se rendent et sont faits prisonniers

“Mai, 27---Strange sur la trace de Gros-Ours. Il lui envoie des décharges d'artillerie. Trois blessés de notre côté, Il revient à Fort Pitt,

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4 Mai, 30 —Le général Middloton, avec deux gatlings, de l'in- Wanterie ot do la cavalerie, part de Battleford, part par vapeur pour aller au secours de Strange

4 Juin, 3-—Lo goncral Middieton se met à la poursuite de MBros-Qurs avec 260 hommes de cavalerie

1 4 Juin, 4-—La gendarmerie à cheval recoit ordre de se rendre ie Prince Albert au Lac Vert,

| Juin, 6-—-Strange se dirige sur la rivière au Castor, il arrive la traverse do ln mission des Chippewns, le 9 juin

“ Juin, 7-—Le colonel Oiter recoit l'ordre de se rendre aux Jacs à la Tortue et au Brochet, pour couper la retraite à Gros. Ours,

‘4 Juin, 8—Les Grenadiers à Fort Pitt battent le sentier, Le bataillon Middland ost arrivé au Lac à la Grenouille. Juin, 9-—Le général Midleton au Lac av: Huards. 1H traverse sur un radeau. Il abandonne Ja poursuite de Gros- Ours, Le pays est infranchissable,

“Juin, 22-Le général Middleton, après s'être remis à la poursuite de GrosOurs, y renonce une seconde fois, et décide de renvover les volontaires dans leurs loyers,

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- L'orage est-passé, le ciel redevient serein. MN C'est l'heure de parcourir le terrain ravagé 4 pour juger des dégâts.

0 Au Lac au Canard, 14 tués et 10 blessés, du 4 coté de la police montée et des volontaires : les insurgés cachent leurs morts, ils les oublientdans leur victoire. A quoi sert de compter des morts qui n'auront jamais d'histoire ?

A l’Anse au Poisson, 10 volontaires tués et 18 | blessés. , À l’Anse du coup de Couteau, 4 soldats tués, 12 : blessés.

À Batoche, 8 tués et 30 blessés.

Autant de noms nouveaux que l'histoire inscrit en lettres de sang dans ses annales, qui D font l'orgueil des uns, le désespoir des autres, et de fait, la honte ou le châtiment de l’'huma. nité. | o

Ce que cette guerre civile nous coûte ?

D'abord, plusieurs millions qu'une sage prévoyance aurait peut-être épargnés, ensuite, la

erte de vies précieuses, pertes qu'aucune indemnité pécuniaire ne saurait réparer, la pere du commerce, de l'industrie manuacturière et agricole, la suspension des travaux de ferme, la ruine des colons, la dépréciation des terrains et le détournement momentané de l'émigration.

Mais en tout la providence donne juste mesure d'épreuves aux forces des hommes, Si elle les abaisse d'une main elle les relève de l'autre, Le double échec du Lac au Canard et de l’Anse-au-Poisson aura pour eflet de nous rendre moins confiants, moins présomptueux et de nous forcer à nous tenir sur un pied respectable de guerre. Il n'y a pas de doute, que si nous eussions écrasé l’ennemtr, dés le premier engagement, l'insurrection eût été de suite étouffée, Vainquerrs, les Môtis ont rempli le désert, les plaines et les montagnes du bruit de leurs exploits que l'écho allait toujours grossssant. Et les sauvages alléchés par le pillage, le meurtre et l'incendie entrèrent aussitôt dans le sentier sanglant de la guerre. Semblables aux loups ou aux coyotes ils sont attirés de loin par l’odeur des cadavres.

Ils ont laissé après eux de bien tristes traces de leur passage à travers la région habitée par les Métis—leurs demi-sang. C’est au lac à-la-Grenouille qu’ils ont imprimé la marque la plus profonde de leur lâche et atroce cruauté.

Un petit nombre de .colons vivaient en paix dans ce modeste établissement, soit par la cul-

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ture du sol, soit du produit de la coupe des bois qui bordent le lac de toutes parts, Diverses tribus sauvages nomades, campées depuis quelque temps dans les environs, entretenaient des relations d'amitié avec les Métis et les Blancs de l'endroit et venaient de temps à autre fumer avec eux le calumet de la paix. Parmi ces errants de la plaine se trouvait ‘“ Gros-Ours ” un chef ombrageux, qui avait juré l’extermination de tous les Blancs, Son coup d'essai devait être un coup terrible,

Les sauvages venaient d'apprendre la déroute de la police montée, au Lac au Canard, Ils s'en foisaient une joie extrême... Pour eux, les paroles du «Grand Homme” ainsi qu'ils désignaient Riel, se réalisaient, # La race blanche allait disparaitre du territoire des hommes libres sous le souffle du prophète, comme la neige au soleil du printemps.” |

Mais dissimulant leurs sentiments de satisfaction intime, ils se rendirent comme d'habitude au village du lac à-la-Grenouille, s'entretinrent amicalement avec les blancs, employés du gouvernement ou de Ia Baie d'Hudson.

Personne ne soupçonnait la noire trahison qu'ils cachaient sous ces dehors cauteleux.

Le 2 avril, ils revinrent conme d'habitude, se rendirent chez Quinn, le sous-agent des sau-

| vages auxquels ils firent toutes espèces de

cajoleries et de protestations d'amitié, Ils y

restèrent jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Au petit jour, le lendemain matin (3 avril), ils

'retournèrent en grand nombre chez Quinn.

Deux sauvages, dont l’un était le fils de Gros- Ours, l'Enfant - des + bois,

montèrent dans sa

chambre à coucher. Le jeune barbare se pro-

posait de tuer Quinn dans son lit. Quinn était marié à une femme crise et avait une petite fille, Son beau-frère suivit l'Enfant - des - bois dans la chambre à coucher et empêcha le crime en se posant entre lui et le lit,

Pendant ce temps, les sauvages qui étaient restés en bas, s'étaient emparés de trois fusils dans le bureau de Quinn. L'Esprit- Voyageur, un chef, appela Quinn par son nom sauvage, en lui disant : ‘“ L'homme qui parle le sioux, descends, ” Le beau-frère de Quinu, L'homme Amouroux lui dit de ne pas descendre. Dédaiguant ce cousvil, Quinn descendit. Les sauvages s'en emparèrent aussitôt et le conduisirent à la maison de l'inspecteur agricole, Delaney

Avant de se rendre chez Quinn, les sauvages avaient enlevé les chevaux du gouvernement, des écuries de Quinn, et l’'Homme- Amoureux qui prenait le parti de ce iernier, son beau-frère, se préparait à faire fou sur l'Esprit. Voyageur, dans une querelle à propos des chevaux

A la maison de Delaney, les sauvages continuèrent leurs menaces et tinrent un confub :

Puis l’Esprit- Voyageur et d'autres sauvages se rendirent au magasin de la Oie., de la Baie d'Hudson. M. Cameron employé de Ja compagnie, et l'auteur du récit que je reproduis ici, était déjà levé, Mauvais-Enfant se présenta le premier et dit :

—Avez-vous des munitions dans le magasin ?

—Qui, un peu, répondit M. Cameron.

—Alors, je veux que vous nous les donniez.

sinon, nous nous en emparerons.

—ÿSi vous tenez à les avoir, je vais vous ies

donner plutôt que de vous voir piller le magasin.

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M. Cameron était le seul fonctionnaire de la compagnie sur les lieux en ce moment, Il se rendit de sa résidence au magasin et leur donna ce qu'il y avait de poudre, de balles et de capsules,

{l n'y en avait qu'une petite quantité. Un baril de poudre et presque toutes he cartouches à balles avaient été envoyés du Lace à la CGrrenouille au Fort Pitt sur l'avis de M, Oameron et d'autres personnes, après qu'on eut reçu la nouvelle de la bataille du Lac-aux Canards.

Pendant que Cameron sortait les munitions pour les leur donner, les sauvages, leurs fusils chargés et prôts à faire feu, le surveillaient de près,

A ce moment, Gros-Ours parut. Entrant dans le magasin et brandissant son arme, il dit à ses bandits : “ Ne touchez à rien ici, dans le magasin de la compagnie, Ni vous avez besoin de quelque chose, demandez-le à Cameron,” Après avoir obtenu quelques effets, tous sortirent ; à l'exception de Le sauvages amis, Cameron les suivit pour voir ce qu'ils allaient faire, mais Esprit-Voyayeur lui pd pl d'aller chez Quiun, et il dut obéir,

Pendant ce temps, on y avait amené d’autres Blancs, et Pritchard, l'interprète Métis. Les PP. Fafard et Marchand y étaient aussi, et la maison était pleine de Sauvages, Esprit-Vovyageur dit: “Je veux savoir quel est le chef des Blancs dans ce pays. Est-ce le gouverneur, la Compagnie de la Baie d'Hudson, ou qui ?

Quinn dit en riant : ‘ Il y a un nommé Sir ri Macdonald, à Ottawa, qui est à la tête des affaires.” Les Sauvages dirent : ‘ Voulez-vous nous donner du bœuf ? ” Quinn demanda à

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