‹ Louis Riel à la Rivière-du-Loup [microforme]Chapitre 10 sur 32 · XXII · texte numérisé non relu

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Delaney s'il avait quelques bœufs qu'il pourrait leur donner à abattre. Delaney répondit qu'il én avait un ou déux, et tous sortirent de lu maison.

Cinq Sauvages ramenèrent M. Cameron au magasin et lui demandèrent d’autres marchardises. L'un des Sauvages du Lac à la Grrenouille, Wii Glodien, demanda aux gens de Gros Ours, de lui confier la charge du magasin “ parce que, dit-il, vous avez toujours quelque chose à demander et il est inutile d’y amener Cameron.” Ils se rendirent à cette demande.

Peu de temps après, Esprit- Voyageur vint trouver Cameron et lui dit : “ Pourquoi n’allez-vous pas à l’église ? Tous les autres Blancs y sont déjà.” Puis il le conduisit à l’église catholique. Ce jour-là étant le Vendredi-Saint, les prêtres disaient la messe. CGrros-Ours et le Misérable se tennient près de la porte, et Îles autres étaient agenouillés pendant que se disait l'office divin. Esprit-Voyageur entra et mitun genou en terre au milieu de la petite église, tenant son fusil dans sa main. Il portait un chapeau de guerre et il avait la figure barbouillée de jaune par moquerie.

Après la messe, le Père Fafard dit quelques mots et avertit les Sauvages de ne pas com-

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Les gens se rendirent à la maison de Delaney et Cameron alla déjeuner, Ouwrs-Jaune et un autre Sauvage du Lac-à-la-Grenouille le suivant toujours. |

Après le déjeuner, Cameron alla au magasin.

Esprit-Voyageur vint de nouveau le trouver et lui ordonna de se rendre chez Delaney. Îl'se

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rendit à la porte voisine des casernes que les Sauvages étaient à piller.

L'Oiseau-Roi le plus jeune fils de Gros-Ours, vint à lui et lui dit : “ Ne restez pas ici.” Ours- Jaune sortit alors des casernes en disant : ‘“ Je veux un chapeau,” Cameron lui répondit :

“ Viens avec moi,” Ours-Jaune, dit : “ Emportez-le ici,’ Cameron répliqua : “ Esprit-Voyageur m'a commandé de venir ici, s’il me voit retourner, il pourrait me tuer.” Le Sauvage dit : ‘“ Ne vous inquiétez pas, je vais aller avec Vous au Magasin.”

En route, ils rencontrèrent Esprit-Voyageur qui leur demanda où ils allaient. Ours-Jaune répondit : ‘au magasin.” ls allèrent au magasin et Ours-Jaune prit un chapeau. Le Misérable entra avec un ordre de Quinn, probablement le dernier qu’il ait écrit. Cameron l’a en sa possession, Cet ordre portait : — ‘ Mon cher Cameron ; — Veuillez donner au Misérable une couverte.” |

* (Signé) QUINN.

Cameron dit : “ Je n'ai pas Ge couvertes.’ Le Misérable le regarda en plein dans les yeux, mais ne dit pas un mot. Ours-Jaune dit : “ Ne vois-tu pas qu'il n’a pas de couvertes, pourquoi le regardes-tu comme cela ? ” ‘ Eh bien, répondit le Misérable, je vais prendre autre chose,” et il prit pour quatre à cinq piastres de choses et d’autres

Ils achevaient de faire ces transactions, lorsqu'ils entendirent le premier coup de fusil.. Le Misérable tourna sur ses talons et sortit à -la course, Cameron entendit quelqu'un crier :

LA

‘ Arrêtez, arrètez ! ” C'était Gros-Ours qui était

à converser avec Mme Simpson, la femme du pasteur, dans la maison de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

En sortant du magasin, Cameron ferma la porte à clef. Il était occupé à la fermer quand un sauvage courut à lui et lui dit: ‘ Ni tu dis deux mots, tu es un homme mort, Un homme a dit deux mots déjà, et il est mort,” Cet homme, Cameron l'apprit bientôt, c'était Quinn.

Esprit-Voyageur avait dit à Quinn :

“ Vous avez la tête dure, quand vous dites non, c’est non, et vous êtes fidèle à votre parole. Eh bien, si vous tenez à votre vie, vous allez faire ce que je vais vous dire: Allez à votre camp.” Quinn dit; ‘“ Pourquoi y irais-je !”— “ Ne t'en inquiètes pas.” Quinn répondit avec calme : “ Je resterai ici” Esprit-Voyageur leva son fusil et visant Quinn à la tête, 1l lui dit : “ Je t'ai dit d'aller ” et il le tua raide, Gouin, qui était un métis américain, fut tué par les sauvages immédiatement après, en se rendant à

leur camp, à quelque distance de la maison de

Pritchard,

Cameron demanda à l'Ours-Jaune ce que signifiait tout cela. L'Ours-Jaune lui saisit la main et dit : ‘“ Venez ici.” Puis voyant Madame Simpson sur le point de quitter sa maison, il lui dit: ‘ Partez avec elle et laissez-la.” Cameron s'éloigna avec madame Simpson, et arrivés à une courte distance de la maison elle s'arrêta et appela l'attention de Cameron vers les prêtres qui se tenaient à environ une centaine de verges plus loin, lesquels avaient l’air de vouloir calmer les sauvages qui chargeaient leurs fusils. Delaney se trouvait là, tout près. Soudain, les sauvages levèrent leurs fusils et se précipitèrent

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sur Delaneg. Le Père Fafard se jeta entre les sauvages et Delaney en menaçant les premiers, mais 1l dût succomber sous le nombre; il fut renversé sur le sol; on fit feu à deux reprises sur lui.

Le Père Marchand essayait d'empêcher Îles sauvages de poursuivre les femmes. Lorsqu'il vit que le Père Fafard avait été tué, il tenta de se frayer un chemin à travers la foule des sauvages afin d'enlever le cadavre, mais ils firent feu sur lui et le blessèrent mortellement an cou et à la tête, et il tomba mort.

Dans la mêlée qui s'en suivit Gowanlock fut tué par le Ver. Gilchrist et Dill étant engemble, le Petit Barbu, qui avait déjà tué Willis Craft, tira sur eux.

Grilchrist s’affaissa immédiatement ; Dill, qui n'avait pas été touché prit la fuite, mais, poursuivi de près par les sauvages à cheval, il fut bientôt tué lui aussi. Cameron était resté là, témoin forcé de cette boucherie qu’il ne pou. vait empêcher. Voyant que les prètres et Delaney allaient être massacrés et qu'il ne pouvait rien faire pour les sauver il courut vers Mme Simpson et la prit par le bras pensant qu'elle ne pourrait supporter un tel choc. Ils partirent ensemble et elle ne cessait de le presser et de lui répéter: ‘“ marchons plus vite.” Les sauvages les entouraient de partout. Mais il leur était inutile de chercher à fuir et ils apprirent bientôt que la fuite eut-elle été tentée, Cameron eut été tué avant d'atteindre le cemp.

Un chef du lac-à-la-Grenouille, du nom de Hed arrêta Cameron et le conduisit dans une hutte où on lui assura qu'il ne lui serait fait aucun mal.

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