I.OUIS VKIII.I.OÏ
ralisnie? Après enquête près du cardinal-secrétaire d'Ktat, l'abbé Chéruel put écrire à Louis Vcuillot que la saisie de V Univers était le fait d'un censeur dévoué à l'Autriche et qu'il ne recommencerait [)oint. Il ajoutait : « Ne (' croyez pas que Rossi soit si bien eu cour. On ne peut « pas le chasser, cela est clair, mais il me semble qu'on « le connaît, et il a bien moins de chances aujourd'hui « que sous Lambruschini. Qui donc ignore qu'il a com- « promis le Saint-Siège! Ceux qui niaient avoir été ses « dupes, devaient le justifier dans leur intérêt même. « Mais le Pape et Gizzi, qui ne sont pour rien là de- « dans, sauront profiter des fautes de leurs prédéceso seurs. '
Rossi n'obtint plus rien, en eft'et, ni contre les Jésuites, ni contre V Univers. Cependant il gardait de l'intluence et l'utilisait. Louis-Philippe et M. Guizot, qui désiraient en finir avec la question de la liberté d'enseignement, rêvaient toujours d'y arriver par la présentation d'un nouveau projet de loi que Rome aurait à l'avance secrètement approuvé et recommanderait à l'heure décisive aux évêqncs. Ceux-ci devraient l'accepter et le Comité, YUnivers, les militants devraient en passer par là. Ce plan avait été ébauché lors de la mission de M. d'Isoard de Vauvenargues. Venait-il de lui ou de l'un des membres de l'épiscopat français? Je ne sais ; mais il répondait aux idées de l'archevêque de Paris, M^"" Affre, et de l'archevêque de Besançon, iM^*" Mathieu. Le cardinal Lambruschini l'avait assez bien accueilli, et Rossi, que Pie L\ et son ministre ménageaient, put le reprendre avec quelque espoir de succès. Au fond, c'était de la chimère. Le jour où cette savante combinaison eût été dévoilée, elle fût devenue impossible. M. Guizot, pour complaire au roi et surtout à la reine, très désireuse de la paix religieuse, a pu s'y associer, mais je doute qu'il y ait jamais confiance.
Ce n'était pas le seul projet touchant aux choses de l'Église, que M. Rossi eût mandat de pousser à Rome.