‹ Louis XI et Charles le TéméraireChapitre 6 sur 76 · AVE MARIA LANE · texte numérisé non relu

AVE MARIA LANE

BlBsmtfio: 963, ARGYLE STREET.

Utimn F. A. BROCKHAUS.

0âa Horfc: MACMILLAN AND CO.

Sombag: GEORGE BELL AND SONS.

Il y a un tout autre Louis XI, le Louis XI des premières années, ardent et novateur, disons-le, révolutionnaire. Celui-ci n'est nulle part. On l'entrevoit pourtant dans le grand historien du quinzième siècle, le chroniqueur de la 5 maison de Bourgogne, Georges Chastellain. Il haïssait profondément Louis XI, et ne Ta pas moins peint fidèlement. Il en fait vingt portraits, tous admirables et tous terribles.

Parmi ses vives satires du mauvais cœur de Louis XI, on n'en distingue pas moins parfaitement que c'est ici lo l'homme moderne en lutte contre le moyen âge, l'organisateur sérieux, le pacificateur réel (parmi tant de ruses et de guerres) contre la discorde étemelle du monde féodal.

Mais il y a un meilleur historien de Louis XI que Chastellain et Comines, c'est Louis XI lui-même, étudié" dans 15 la succession de ses ordonnances, de ses actes divers, de ses lettres, etc. Nul chroniqueur, pas même Comines qui couchait avec lui, n'a pu se rendre compte de l'activité infinie de ce règne. Il n'avait pas les pièces en main, et nous les avons aujourd'hui.

20 Les collections des Archives et de la Bibliothèque impériale (spécialement le recueil Legrand), ces collections peu explorées jusqu'à nous, dont Duclos et les autres se sont si peu servis, ont permis de donner, non plus la chronique de Louis XI, comme on la reproduisait toujours, mais 25 enfin son histoire.

Cette histoire, d'un détail immense, nous ne la réimprimons pas ici. Nous n'en présentons que le drame, en trois actes :

10 La révolution antîféodale de Louis XI.

30 20 La réaction féodale, qui, douze années durant, le tint humilié, dans d'extrêmes périls, seul au milieu des traîtres, et qui faillit aboutir au démembrement du royaume.

30 La chute enfin du chef de la réaction féodale, la ruine

de ringrate maison de Bourgogne, créée par la France, et qui si souvent la mit à deux doigts de sa perte.

Qui a vaincu à la fin ? la ruse ? Non ; Comines et son siècle s'y sont trompés.

Sans méconnaître l'activité, la vive intelligence de Louis s XI, on sent que ce qui lui donne à la fin cette grande force, c'est le principe qui à son insu était en lui, c'est le principe moderne, c'est la justice, la raison, la nature des choses.

Le vrai vainqueur, c'est la fortune de la France.

C'est la profonde légitimité de la France, puissance na- lo turelle, œuvre lente et solide de la nature et de la sagesse, contre la puissance tout artificielle de la maison de Bourgogne, improvisation monstrueuse d'une agrégation de provinces, qui n'eurent ni l'unité de races ni l'unité d'idées.

ET

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