Ibid., p
4. En 1475, pour payer l'indemnité promise au roi d'Angleterre, Louis XI demande à Beauvais une aide de 600 livres tournois « que vous paierez pour ceste fois seulement, écrit-il, et sans prejudice de vos privileges et exemptions pour le temps à venir, en vous aydant de ceulx des prevostez s'ils ont le pouvoir et faculté en ce vous aydier. » (Arch. mun. de Beauvais, BB 10).
5. Dans un mémoire relatif aux finances de Normandie, en 1473, on remontre au roi que la taille constitue pour les sujets une plus lourde charge que la gabelle du sel. Ce dernier impôt est préférable, ajoute le mémoire, « par ce que ny a nulz sergens ne commissaires qui facent visitacion sur le peuple ou il se souloit faire de grans mangeries, de quoy le peuple se plaignoit fort. » (Bibl. nat., fonds francais n° 20498, fo 13).
il s’agit simplement d’une contribution supplémentaire qui est réclamée franchement,sans aucun détour. Philippe le Bel et les premiers Valois avaient déjà usé de ce procédé : les subsides extraordinaires qu'ils avaient levés ont fini par devenir réguliers et obligatoires, mais ils ne suffisent plus maintenant aux besoins du pouvoir royal.— En 1463, Louis XI a résolu de racheter les villes de la Somme ; c’est une dépense de 400,000 écus, à laquelle le trésor royal ne peut suffire. Il a réuni 200,000 écus ; mais comment payer le reste «sans layde et subvention de ses bons et loyaux sujets? » Il demande 30,000 livres tournois aux fidèles bourgeois de Cambrai : les consaux lui en donnent 20,000. Toutes les villes doivent contribuer à ce rachat, selon le mot de Chastellain, « les unes par don, autres par emprunt, autres par amendes et restitutions ». Il y a bien des murmures, mais le
roi ne s'en inquiète guère : 1] aime mieux entendre les malédictions des Parisiens que de voir les villes de la Somme aux mains du due de Bourgogne *. D'ailleurs, 1l prend som de faire remarquer à toutes les municipalités qu'il s’agit du « bien et utilité de la chouse publique du royaume » ; 1l se plait à invoquer l'intérêt général.
[l ne montre aucune modération dans la levée des subsides. En 1469, il exige de la ville de Poitiers 5,000 livres pour les dépenses de translation du Parlement de Bordeaux : le corps de ville est obligé d'imposer une taille considérable sur les habitants : le clergé et l'Université même sont con-
ns
traints à payer leur quote-part*. En 1472, Poitiers doit
donner :
,000 livres pour l'entretien de l’armée‘. En 1473, les exigences du roi croissent encore : mais on est à bout de ressources ; les bourgeois n’envoient que 2,000 écus; ils