Bibl. nat., ms. fr. n° 20488, fo
2. Ibid., n° 20485, fo 135. — Quelques villes subviennent directement à la nourriture des hommes d'armes : Orléans, par exemple, doit entretenir dix lances ; en 1466, la contribution est réduite de moitié (Ord., t. XVI, p. 462 et suiv.). — D'ailleurs Louis XI ne se fait aucun scrupule de détourner les subsides de leur destination légale. Les réparations du petit palais de Bourges exigent encore 2,000 livres. Où les prendre ? Sur les subsides que doivent payer les habitants de Toulouse pour les réparations du port d'Aigues-Mortes et sur d'autres impôts du Languedoc (Bibl. nat., francais n° 20499, fo 91).
3. Cf. Ord.,t. XV, XVI, XVII et XVIII, passim. En Normandie, Rouen, Dieppe, Eu, Harfleur, Honfleur, Quillebœuf, Verneuil, Granville, Cherbourg ont obtenu la franchise (Arch. de Ja Seine-Inférieure, 1er registre de la Cour des Aïdes, fos 44-45). Lorsque les villes n’ont qu'un privilège temporaire, le roi souvent les oblige à composer, c'està-dire à s'abonner à la taille: Toulouse, franche en 1463, s'’abonne en 1476 pour la somme de 2,000 livres.
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réalité, ils sont illusoires'; ils n’empêchent nullement les levées de subsides extraordinaires. La ville de Poitiers est exempte de toute taille : cependant, en 1475, elle doit contribuer DORE 2,000 livres à l'indemnité qu'exige le roi d’ Angleterr e’,etils agit bien d’un impôt, car l’ordre du roi est ur ; en 1473, 1l avait fallu débourser 3,000 écus d’or pour les fortifications d'Amiens, de Beauvais, de Compiègne, de Noyon ; d’ailleurs toutes les villes ont dû contribuer aux frais de ces travaux : nous avons décidé, dit Le roi « de prandre de chacune de noz villes fermées que par cy devant avons exemptees de paier tailles, aucunes sommes pour ceste foiz’. » L’exception se renouvelle souvent: elle devient bientôt la règle. — La taille est lourde”, il est vrai, mais elle est régulière et fixe: les villes savent exactement à quelle somme se montent leurs charges ; le subside extraordinaire est plus redoutable : 11 laisse le champ libre à l'exploitation royale.
Cette exploitation revêt mille formes diverses. Souvent,
1. Is sont encore coûteux : la ville d'Amboise est tenue à payer chaque année 300 francs pour la garde de la forêt « à cause de l'exempcion et affranchissement de tailles », qui a été accordée aux habitants (l'abbé C. Cnevarrer, /nventaire analytique des archives d’Amboise, Tours, 1874, pp. 348 et 355).