‹ Louis XI et les VillesChapitre 113 sur 305 · Bibl. nat., Collection Doat, t. CXX VII, fos 267 et suiv · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Collection Doat, t. CXX VII, fos 267 et suiv

3. Les Bordelais ne seront « tenuz de faire aucuns dons aux gouverneurs qui seront envoyés de par luy ne leur fournir aucuns utencilles sinon du gré et consentement des dictes parties. » (/bid., fonds francais, n° 2690, fo 35 vo).

& Arch. mun. de Montpellier, BB.

44 livres. La même année, en cette même ville, arrive M. de Venzac, lieutenant du sénéchal : il exige pour l’armée du Roussillon quinze pipes de vin, deux cents setiers d'avoine, cent moutons. Les consuls refusent de se rendre à ses ordres : il va les faire arrêter, lorsqu'on lui présente un « jupon de velours noir » : ses dispositions changent comme par enchantement”. — Les favoris du roi, les plus grands personnages ne sont pas insensibles aux cadeaux; c’est par de riches présents que les villes gagnent l'appui d'un Olivier le Daim, et même d’un Bourré ou d’un Commines; en 1468, Jean, duc de Bourbonnais, gouverneur du Languedoc, reçoit 1,500 écus d’or des bourgeois de Montpellier : il s’est employé activement à faire transférer le Parlement de Toulouse dans leur ville?.

Louis XI trouve encore bien d’autres procédés pour se procurer de l'argent dans ses bonnes villes. En 1467, il a fait acheter des harnais et des brigandines à des marchands de Lyon : c’est une dépense de 2,900 écus. Comme il a de grandes charges à ce moment, les Lyonnais lui rendraient service s'ils consentaient à acquitter le payement. Les généraux des finances, Guillaume de Varye et Jean Herbert vantent aux Lyonnais les bienfaits du roi : « La ville luy doit joyeusement et voulentiers faire ce petit don, lequel sera mieulx employé que chose que ladicte ville fist de longtemps ». Les habitants ne se décident pas, du premier coup, à payer les harnais; ils envoient une ambassade au roi « pour en savoir plus amplement son bon playsir et luy remonstrer les grans charges, afferes et pouvretez de ladicte ville? ». Mais avant la fin de l’année, 1l leur faut se rési-

gner à donner les ?,900 écus*.

1. Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron, tome III, p. 81.

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