DE Lérinors, Notes extraites, loc. cit., p. 133 et suiv
2. Méxann, op. cit., t. II], p. 270 et suiv., et Preuves, pp. 344-46 ; Arch. mun. de Lyon, BB 16, f 155.
3. Arch. mun., BB 352. — Même obligation pour les bourgeois de Laon, qui sont obligés de fournir un foulon, un mégissier, un cordonnier. Ces derniers font serment solennel, devant les commissaires royaux d'Arras, « de y faire et continuer leur residence avec leurs femmes et enffans, tant que le bon plaisir du roy sera. » (Arch. mun,
de Laon, CC 17).
valeur réelle”, Louis XI reconnaît lui-même que ses bonnes villes « ont mis et frayé grant somme de deniers ». Comment soulagera-t-il ses sujets ? En établissant une « crue » sur le sel?.. — Nul doute, en somme, que le repeuplement d'Arras n'ait contribué à ruiner les villes pendant les dernières années du règne.
Les municipalités qui paraissent le plus favorisées sont les prenuères victimes de lexploitation royale : qu’il nous suflise de eiter Tours et Lyon. — Tours est une des résidences favorites de Louis XI qui passe au Plessis les dernières années de son existence : son intérêt, semble-t-il, lui commande de traiter les bourgeois avec quelque ménagement. Il n’en fait rien : en janvier 1471, il met en réquisition les chevaux de la ville pour fure conduire son artillerie à Compiègne ; le 11 février, il établit un impôt sur le sel, à raison de 40 sols par minot; en juin, il demande un subside de 1,200 écus
d’or; puis ce sont les gens des aides qui réclament cent
$ chevaux de trait, et, quelque temps après, six cents autres avec des charrettes, afin de faire conduire des pièces de canon à Châtellerault. — Le 10 février 1473, Louis XI s'installe au Plessis : dès le 28 mars il exige 4,000 écus d’or des bourgeois, et après mille supplications il n’accorde qu'un rabais de 1,000 écus. En 1478, on lève sur les habitants privilégiés une taxe destinée à solder les emprunts contractés pour la guerre de Flandre ; Thomas de Saint-Pol, orfevre de la maison de la reine, refuse de payer la taxe ; on se montre sans pitié: on le condamne à faire amende honorable au roi, à la ville, au maire, « la teste nue et le genouil en terre ». — Et que de menues dépenses imposées à la ville! Louis XI fait transporter deux de ses chiens à Bourges: les magistrats paient cent sols pour les frais. Ils se croient obligés de distribuer « des estrainnes du premier
1. Les Lyonnais doivent en acheter 25 pièces (Arch. mun., BB 17, IEP Er):
2 Bibl. nat., ms. fr. no 20589, fo 26,
jour de lan aux portiers du Plessys, pour courtoisie qu'ils font aux habitants de ladicte ville, quand ilz vont devers le roy », et encore aux « paiges aflin quils ne fassent mal aux clercs et aux valets de ceux qui meénent leurs chevaux ». Un jour, Louis XI demande aux habitants « une escuiller pour renfermer sa vaisselle d'argent ». En juillet 1478, il veut remplacer la grille de fer qui entoure la châsse de saint Martin par une grille en argent: les villes d'Orléans, de Limoges, de Bourges ont fourni tout l'argent blanc possédé « par toutes manières de gens, de quelque estat ou condition qu’ilz soient ». Comme 1l manque encore 426 mares, ce sont les habitants de Tours qui doivent les procurer ; ils perdent à cette opération cinq sols par marc ta Il est vrai que le roi fait entreprendre dans le pays des œuvres utiles : le 10 mai 1480, M. de Maillé, gouverneur de Touraine, écrit au maire que l’on va commencer de g ands travaux pour remédier aux inondations. Mais n'est-ce point une nouvelle charge quiincombe à la ville ? On réquisitionne des ouvriers en grand nombre; en vain les magistrats municipaux demandent-ils à n’en fournir que deux cents; pour toute réponse Louis XI déclare qu'il faut se hâter, et bientôt on emploie jusqu'à douze cents ouvriers : ce sant les bourgeois qui supportent la plus grande partie de ces frais”.
La ville de Lyon est située à la frontière orientale du royaume ; Son importance stratégique et commerciale est de premier ordre : le roile comprend ; et, en bien des occasions, il prend soin de se ménager la bienveillance de cette riche et puissante cité. Cependant, il lui impose, sans trêve, des subsides extraordinaires. — Dès le commencement du règne,
1. En effet, le mare coûte 10 livres 10 sous, et le roi ne le paie à la municipalité que 10 livres 5 sous. -— Pour tout ce qui précède, cf. GirauDer, Histoire de Tours, t. 1, p. 245 et suiv.
2. Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, 1857,t. IX, p- 64 et suiv,
elle est soumise à de lourdes charges’. En 1463, les conseillers établissent une contribution de 4 deniers pour livre, afin de satisfaire aux demandes de Louis XF; toutefois, lesimpôts sont encore raisonnables : pour le rachat des terres de Picardie, la ville n’est taxée qu’à 613 livres”. Mais, dès 1464, les exigences royales deviennent de plus en plus dures ; en janvier, aux Etats tenus à Montferrand, les commissaires ont imposé Lyon à 5,494 livres, « combien que leur ait esté remonstré que les gens de Forestz et de Beau- Jeloys devoient contribuer avec ledit païs de Lionnoys en la dicte somme »*. En juin 1465, au moment de la Ligue du Bien Public, le bailli demande aux habitants un prèt d’argent :1ls agit en effet de solder les nobles de la région, que le roi se propose d'envoyer en Beaujolais, en Forez et en Bourbonnais pour réprimer la révolte. Les conseillers protestent: les nobles ne doivent-ils pas rester dans le pays et contribuer à la défense de la ville ? Louis XI se montre inflexible”. — Mais c’est surtout à partir de 1470, que l’exploitation devient active: en 1471, le roi annonce aux Fyonnais les « damnables entreprises » du roi d'Angleterre et du due de Bourgogne ; à cette occasion, il demande un prêt de 3,000 écus°. Si, en 1472, il y a quelque accalmie, si l’on ne paie
4. Charles VIT avait imposé sur elle unc taille de 18,000 livres, destinée à payer les hommes d'armes (Arch. mun., BB 7, fo 272). Ja C8 EM Jbrd A CCS8tet 59!
Third BB; 1037750; 1bid., BB 10, fos 87-88.
Ibid., AA 20, fo 51. Louis XI déclare qu'il a dû demander des
prêts dans tout le royaume « sur les prelatz, chapitres, gens d’esglise
CNET
et autres plus puissants et aisez de nos subjectz, confians que liberalement ilz nous presteront pour nous aider à cestui grant besoin qui sera, aidant Nostre Seigneur, a leur grant bien, utilité et soulaigement. Et nous leur ferons rendre et restituer ce quilz nous auront presté des deniers de nosdictes finances de l’année prouchaine
venant. » (/bid,, CC 90, fo 36).
qu'une taille d’un denier pour livre', dès le début de 1473, on débourse 2,000 écus d’or, pour contribuer à la défense des villes de Picardie?; en juillet de la même année, Louis XI députe MM. de Gaucourt et du Plessis, qui ont mission d'emprunter aux bourgeois 20,000 livres tournois: après bien des pourparlers, la somme est réduite à 5,500 livres. En mai 1475, il s’agit de contribuer pour 4,000 écus aux réparations d'Amiens, de Beauvais, de Compiègne’. En septembre, Edouard IV d'Angleterre exige du roi de France une forte indemnité: les Lyonnais donneront, pour leur part, 3,000 livres tournois*. Dans les dernières années du règne, l'exploitation est encore plus lourde: Louis XI promet toujours de restituer les sommes prètées ; mais personne ne se fait plus illusion sur sa bonne foi°. En mars 1480, il fait un emprunt de 9,000 livres : « Et qu'il n’y ait point de faulte », ajoute-t-1l. Aussi ses commissaires ne veulent accorder aucun rabais: en juin 1480, une taille énorme de 12 deniers pour livre accable Lyon: elle rapporte la somme considérable de 16,527 livres’. En 1483, il faut acquitter la solde des mercenaires suisses, 5,000 livres tournois ; le commissaire Noel demandera ce prêt aux Lyonnais « par manière de sommation ». S'ils n’y consentent pas, on
usera, au besoin, de violence ; si les deniers communs ne
Dr CCRONTARRETS
2. Le roi avait d'abord demandé 4,000 livres (CC 93): il fait remise d'une partie de la somme (AA 23, fo 15).