‹ Louis XI et les VillesChapitre 126 sur 305 · ND · texte numérisé non relu

ND

En 1482, Ymbert de Varey, après un débat interminable,

obtient gain de cause'. Quelquefois cependant, Louis XI | æ

donne raison aux municipalités : à Toulouse, les sergents, qui sont au nombre de cent vingt, doivent contribuer aux

tailles et aux subsides”.

Il arrive souvent aussi que le roi, pour récompenser quelque service personnel, octroie l’affranchissement et l'exemption à des particuliers, qui n'ont aucun titre pour mériter cette faveur : telle est la grace qu'il accorde à son ancienne hôtesse, Marceline Botonnitre, qui habite Romans; il envoie dans cette ville François de Génas, président des Comptes, afin de faire entendre raison aux habitants *. La reine Charlotte affranchit de même sorte un enlumineur

1. Le procès se poursuit depuis 1478; malgré l'ordre du roi, Ymbert de Varey se refuse toujours à payer: ses biens sont confisqués par le Consulat. Mais un arrêt de la Cour des Aides, du 7 septembre 1482, le décharge de tout impôt; on ne pourra le «cotiser », tant qu'il vivra noblement (Arch. mun., CC 351). — Le Consulat de Montpellier veut faire contribuer aux subsides municipaux le trésorier du roi, qui se déclare affranchi de toute taille ; il s'agit de réduire tous les officiers au droit commun. On envoie à ce sujet une ambassade au roi; mais Louis XI n'accepte pas ces réclamations (Arch. mun. de Montpellier, BB, Registres de délibérations, an. 1476). Déjà, en 1468, malgré le mécontentement des bourgeois, il avait affranchi de toute taille les membres du Parlement de Toulouse. — Le 11 juin 1482, le sire de Baudricourt prie les habitants de Troyes de continuer à exempter des tailles Pierre Cousteret, fondeur de l'artillerie royale : « .… Si vous prie, leur écrit-il, que le vueillez exempter cet tenir quitte desdictes tailles et faire en facon qu’il n’ait cause d'abandonner le service du Roy : car quant autrement le ferez, je vous asseure que j'en advertiray le Roy. » (H. Sri, op. cit., dans l’Annuaire-Bulletin de la Soc. de l'Hist. de France, 1888, p. 198).

Page 1