Arch. mun., Cart. 98, n° VIT, fo
posées sur le Lyonnais”. Il écrit à ses élus en 1471: « Avez regard à descharger le peuple du plat pays le plus que vous pourrez et aussi à y garder égalité. » Il ajoute qu'il aurait bien désiré délivrer le peuple de l’écrasant fardeau des subsides; cette année, il n'a pu prendre encore que des mesures partielles”. Sans doute, il est sincère; mais, quelles que soient ses intentions, les intérêts de la politique l’obligent à favoriser les bourgeois. Aussi un instant songe-t-1l à dégrever complètement les villes aux dépens des campagnes : il envoie Jean de Reilhac en Picardie pour étudier la question. Les officiers royaux aflirment que le peuple ne peut absolument
4. Arch. mun. de Lyon, BB 13, f0 6. — La même année, il établit sur la Rochelle un impôt extraordinaire de 2,500 livres tournois « pour aider a soulaiger le povre peuple du plat pays des grans charges et oppressions qu’il a eu par cy devant a supporter pour le passaige de nos gens de guerre et autres pertes qu'il a souffertes en maintes manieres. » (Bibl. Nat., ms. fr. 25715, fo 244), — Le 8 septembre 1478, afin de soulager le plat pays, il impose 2,500 livres tournois sur la ville de Rouen. Voici les considérants de ce mandement : « Comme pour parvenir a la totalle pacificacion des guerres et divisions, qui par longtemps ont eu cours en nostre royaume et salisfaire a aucunes grans promesses que avons nagueres faictes a ceste cause, contraincte et nécessité nous soit avoir et recouvrer promptement grans sommes de deniers, ausquelles les deniers de noz finances ne pourroient bonnement fournir, obstant les tres grandes despences quil nous a convenu incessamment faire lannée présente tant pour la conduicte de noz armees que autres noz grans afferes, pour laquelle cause, nous, considerans les tres grans et comme importables charges que les habitans du plat pais de nostre royaume contribuables a nos tailles ont eu et encores ont de present à soustenir pour le paiement de grans sommes et deniers que avons esté contraincts fere mectre sus a diverses foiz ceste dicte année, nous pour pitié el compassion que avons desdis habitans et de tout nostre povre peuple... » ete. (Zbid., 20584, pièce 9).
2. « Combien que eussions singulier vouloir et desir de descharger nostre peuple de la charge quil a portée par cy devant, oultre le paiement des gens darmes, toutesvoies pour ceste année ne lavons pas du tout peu faire, et en avons seulement fait oster le plus largement que nous avons peu. » (Bibl. nat., Ms. fr. n° 20497, fo 42, et 6978, fo 163 vo).
pas « porter l’équivalent et le fait des villes ». Le roi se fâche, car il tient à son idée. Jean de Reïilhac lui remontre alors qu’en suivant cette fantaisie, «il perdroit son peuple et mettroit en dangier le fait de son argent ». Louis XI finit par comprendre que son projet est chimérique. Mais le dessein qu'il s’est plu à former est significatif". — S'il n’hésite pas à exploiter les bourgeois, il sent aussi la nécessité de se ménager leur bienveillance ; il s’ingénie à corri
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dans une certaine mesure, la dureté de son administration.
Cependant les villes, dont la situation depuis plus d’un siècle n’était guère florissante, s’endettent de plus en plus. Leurs dépenses, sous le règne de Louis XI, s’accroissent dans d'énormes proportions : à Orléans, dans les premières années, malgré les frais considérables que demande l’embellissement de la ville, on parvient à équilibrer le budget*; mais la situation s'aggrave rapidement : en 1476, les recettes ne dépassent pas 7,5%4 livres ; les dépenses s'élèvent à 11,763 livres”; de 1479 à 1481, le passif est de plus de 15,000 livres”. À Narbonne, nous voyons se produire le même phénomène : dans les premières années, 2,000 livres suffisent ; en 1476, on débourse 5,000 livres ; en 1480, le budget dépasse 6,000 livres”. À Lyon, en 1482, le Consulat asseoit sur les habitants une taille de 7 deniers pour livre; ce qui fait une somme