Bibl. Nat., fonds francais n° 20483, fos
2. Faucué-Prunezre, Les anciennes instilulions des Alpes Cot- -liennes-Brianconnaises, Grenoble, 1857, t. I, p. 532.
3. Des privilèges considérables avaient été aussi accordés à Valence, et dans la suite, la protection royale ne lui fit jamais défaut (Ord., LMI 487)
rèts de la politique ses griefs personnels : Tournai, en 1458, avait refusé de le recevoir; le roi pardonne les injures faites au Dauphin : il agit sagement, car la ville lui montrera désormais autant de dévouement qu’elle en avait montré
à Charles VII!.
Louis XI soutient énergiquement les municipalités contre tous leurs adversaires, et surtout contre les nobles et les ecclésiastiques. — Le vicomte de Polignac à pris les armes et fait la guerre aux habitants du Puy. Le roi lui intime l’ordre de renoncer sur-le-champ à ses entreprises : « À nul qui soit de nostre royaume, lui déclare-t-1l, n'appartient se eslever ne mettre sus en armes sans nostre exprès congié et licence. » Si quelque débat s’est élevé entre le vicomte et la ville, le roi seul doit en être arbitre, et c’est sa justice régulière qui jugera le différend : « Si, déclare-t-il, il y à aucune question entre vous et ceux de Ja ville du Puy ou autres, faittes le nous remonstrer et nous vous y ferons donner telle provision que vous et eux en devrez par raison estre contens?. »
Contre les ecclésiastiques, Louis XT prend presque toujours le parti des villes”, En janvier 1467, le maire et les échevins d'Amiens se plaignent à lui des procédés de l'évêque : ce personnage empiète journellement sur les droits de jus-
tice haute, moyenne et basse de la municipalité : et cepen-
4. De Rercnac, op. cit., pp. 27-28. Dès 1463, les bourgeois de Tournai prêtent au roi 20,000 livres tournois pour le rachat des villes
de la Somme.
2. Cf. la lettre du roi au vicomte de Polignac (Bibl. nat., Porte-
feuilles Fontanieu, t. CXXX).
3. Dans la plupart des villes, comme à Bordeaux, l'hostilité est constante entre les magistrats municipaux et le clergé (Arch. de la
Gironde, G. 285, fos 117 et 159).
dant, si lon observe les privilèges, les délinquants, qui ont été cités et condamnés par les magistrats municipaux, échappent à la juridiction de lévèque. Le roi donne gain de cause à l'échevinage et prescrit formellement à l'évèque de mettre un terme à ces abus’. — Entre les bourgeois de Beauvais et leur évèque, Jean de Bar, l'hostilité est fort vive : ce prélat extorque de fortes sommes aux habitants en les menaçant de la prison; puis au moment où les Bour- QUIgNONS assiègent la ville, 1l s'enfuit : « Lévesque, à ceste cause, déclare Louis X[, est bien digne de perdre et destre privé dudit droit de justice. » En vain le prélat commet-1il des exactions de toutes sortes, menace-t-1] d’excommunier les bourgeois et leur intente-t-il un procès : le roi, en 147#, défend à Jean de Bar d'user contre le maire et les pairs de censure ecclésiastique et de troubler la commune dans ses droits de justice et de police : 1l évoque le procès en son Conseil?.
En 1477 et en 1478, des diflicultés tout à fait graves s'élèvent entre le Consulat de Lyon et l’archevèque : ce dernier, qui possédait un marché où l’on ne devait vendre que des grains et des blés, s’avise tout à coup d'y laisser faire le commerce des draps. Le Consulat proteste et soumet l'affaire à la justice royale”. Les officiers de l’évèque exercent d’indignes violences contre Etienne Vauzelles, l’un des commissaires chargés d’instruire l'enquête : « Ils le prin-
drent, lit-on dans les registres de délibérations, et menèrent
1. Aug. Tuarerry, Rec. de mon. inéd., t. II, p. 314. — En janvier 147%, le vicaire de l'évêque d'Amiens excommunie l'échevinage, qui n'a pas voulu lui rendre un « huchier » qu'il avait fait emprisonner,
pour avoir commis une fraude dans son métier. Louis XI, le 12 jan-
vier, ordonne au vicaire d'absoudre les échevins excommuniés (Arch. mun. d'Amiens, Rég. des Délibérations, t. XIT, fos 2 et 3).
2. Doxex, Histoire de Beauvais, t. 1, p. 119 et suiv., et Duronr- Wuire, Le siège de Beauvais, dans les Mémoires de la Société Académique de l'Oise, t. I, p. 105 et suiv.