Bibl. Nat., français 2909, fo
PO es PAPE OM), ;
3 RASNAD Op act Lt AU Ep BEC te En Languedoc, dans les premières années du règne, les bourgeois de diverses villes commettent un grand nombre d'infractions, qu'on réprime sévèrement ; mais il n’y a pas d'émeute, à proprement parler : c'est ce que montrent les lettres de rémission du 4e juillet 1463 (Ord., t. XVI, p. 23 et Suiv.).
nt les honneurs ni les présents. En 1461, les magistrats de Tours se rendent au devant du roi «en grand état de robes et à cheval, escortez des habitants, vestus de livrées » : Guy de Versailles commence une pompeuse harangue ; mais Louis XI, peu touché de cette éloquence, linterrompt et part, sans attendre la fin du discours, sous prétexte qu'il doit «aller besongner pour son sacre ». A son entrée dans la ville, la reine Charlotte recoit des habitants une nef d'argent bruni et doré, qui vaut 500 livres tournois”. — En février 1476, le Consulat de Lyon prépare au roi une pompeuse réception : il fait des commandes au peintre Jean Prévost; il forme le dessein de donner des spectacles variés : la Vie de la Vierge, et plusieurs « moralités ». Pendant tout un mois, les Lyonnais ne s'occupent que de cette question : le 20 février, on décide que toutes les rues seront tendues et tapissées ; on empruntera aux notables de la vaisselle, des ustensiles, des meubles et même de l’argent ; pour subvenir aux dépenses, on imposera sur la ville une taille de 8 deniers tournois pour livre. Le dimanche 24 mars, lit-on dans les registres de délibérations, « tous les douze conseilliers de ladite ville se transportèrent en lostel et lougiz du Roy nostre sire, en lostel Jacques Millet et illec apres ce quilz heurent fait la reverence et harengué audit seigneur par la voix de messire François Buclet, docteur en loys et l’un d’iceulx conseillers, presenterent et firent don a icelluy seigneur de Ja somme de 5,000 livres tournois ou escuz d’or du roy. » Voilà un
présent de nature à contenter Louis XI°.
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Les villes ne se résignent pas aisément à être aliénées de
1. Grrauper, Aistoire de Tours, pp. 229 et 230. 2. Arch, mun. de Lyon, BB 13, fos 29 et suiv.
la couronne, — Le roi, en 1475, cède Millau à Jean de Foix, comte de Narbonne. Mais les habitants se refusent à recevoir dans leur ville le nouveau seigneur ; ils déclarent qu’on ne peut, sous aucun prétexte, séparer Millau du domaine royal. Le vicomte et ses gens assiègent la ville, meurtrissent le seigneur de Murasson et plusieurs marchands, blessent quarante ou cinquante bourgeois, n’épargnant ni femmes ni enfants ; ils pillent toutes les fermes de la banlieue: Le roi ordonne au sénéchal de Rouergue de faire cesser cette guerre privée ; l'énergie des habitants trouve sa récompense : par lettres du 1° mars 1476, la donation est annulée '. En 1480, Louis XI abandonne à Frédéric d'Aragon, prince de Tarente, les cités de Villefranche et de Villeneuve de Rouergue : les habitants ne cèdent que devant la force *?.
Mais à cet égard, rien n’est frappant comme la conduite des bourgeois d'Epinal*. Dès le mois d’août 1461, ils manifestent leur crainte de voir leur ville aliénée du domaine royal : Louis XI les rassure et les remercie de l'affection qu'ils lui témoignent*. En dépit de toutes ces belles paroles,
1. Bibl. nat., Collection Doat, t. CXLV, fos 225 et suiv.: DE GAUIAL, Études historiques sur le Rouergue, Paris, 1858-59, t. II, p. 331.
2. Le roi s'occupe de la valeur du domaine et nullement des droits des villes ; on les contraindra par la force, s’il est nécessaire, à se livrer au prince de Tarente. Villefranche déclare qu'en vertu de ses privilèges elle ne doit point être mise « hors la main du roi ». Le prince se venge en emprisonnant les consuls et beaucoup d’autres habitants : il menace la ville d'une destruction complète (Bibl. Nau., Coll. Doat, t. CXLVII, fos 294 et sqq.: et Gurrauper, Études sur Villefranche de Rouergue, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, t. X, p. 88 et suiv.). — En 1478, les habitants de Fontenai-le-Comte protestent contre la cession de leur ville au maréchal de Gié (Bibl. mun. de Poitiers, Collection dom Fonteneau, t. XX, pp. 279-81).
3. Cf. Dunamec, Négociations de Charles VII et de Louis XI avec les évêques de Metz pour la chätellenie d'Epinal, Paris, 1867, Di et suiv.
&. Lettres de Louis XT, t. IX, p. 2.
en 1463, il cède Epinal à Thiébaut, sire de Neufchâtel, maréchal de Bourgogne. Les habitants s'empressent de protester contre la décision royale ; aussi, dès le 21 juillet, Louis XI désavoue-t-il les prétentions du maréchal !. Thiébaut emploie la violence, fait dévaster par ses soldats la banlieue d'Epinal. Les bourgeois demeurent inflexibles : « Nous aurions plus cher, dit Nicolas Cunot, qu’on nous abattit noz murailles et noz maisons sur noz testes que gneur que le roy ; et ainsi voulons vivre et mourir. » Le ? octobre, ils placent
jamais nous dussions avoir aultre sei
sur les portes de leur ville les panonceaux et les étendards du roi: ils désirent, dit encore Cunot, que les gens du maréchal « voient clairement que ceste ville est au roy et ne le puissent ignorer, car nous sommes a luy et onques ne eusmes autre seigneur que luy, ne avons entention den Jamais avoir d’autre pour vivre et pour mourir” ». Le roi n’est guère touché de ce profond dévouement: le 22 octobre 1463, il ordonne à Epinal de se soumettre”. Puis, il se montre encore indécis: le 10 avril 1464, il mande aux habitants de venir le trouver à Château-Thierry, car 1l désire leur confirmer Les chartes octroyées par Charles VIT*; toutefois, dès janvier 1465, il les invite à ouvrir leurs portes au sire de Neufchâtel*. — Mais les bourgeois restent fidèles à leurs sentiments ; ils remontrent au roi que son
1 Jbid, p.135