‹ Louis XI et les VillesChapitre 146 sur 305 · Pièces justif., n° VI · texte numérisé non relu

Pièces justif., n° VI

3. € S'ensuivent ceulx de la mauvaise oppinion, qui oppinèrent que

D'ailleurs, tous les habitants pâtissent de la sédition : Louis XI ne leur accorde de lettres de pardon que moyennant une indemnité de 10,000 livres tournois. L'ancienne organisation municipale est anéantie: la ville de Bourges, jusqu'à ce moment, avait été régie par quatre prudhommes, syndies ou échevins, qui, chaque année, étaient élus par les habitants ; on établit qu'à l'avenir il y aura un maire

et douze échevins, dont l'élection dépendra surtout de la

volonté royale *. La première année, Louis XI ne nomme que des personnages dont il se croit parfaitement sûr ; le 12 juin, il écrit à du Bouchage : « Faites un maire et douze échevins, qui soient parens de Raoulet: le maire sera François Gautier ; à l’avenir, je les nommeray les uns et les autres, comme je fais à Tours. » Raoulet deviendra prévôt ; il sera entouré de sergents, qui tiendront la ville en complète sujétion. Les nouveaux magistrats doivent jurer qu'ils ne souffriront dans leur ville aucune assemblée populaire et qu’ils dénonceront tous les complots, dont ils pourront avoir connaissance ?, [ls demandent au roi de leur

non alast point à main armée contre les deslinquans : Maistre Pierre Tullier ; Pierre Favrebource ; maistre Etienne de la Vergne ; maistre Pierre Maublant; Jehan Vouhet; Guillaume Fradet; Philippon la Loëé; maistre Jehan de Fleur. » (Bibl. Nat., ms. fr., n° 2912, fo 27).

1. Voici ce que dit le roi dans ses lettres patentes du 27 mai: « À cause de mauvaise police, ordre et gouvernement, qui par ci-devant a esté en la ville de Bourges, certaine grande rébellion, commotion et assemblée s’est puis naguère faite à l'encontre d'aucuns de nos officiers en ladite ville, et tellement que grands maux et inconveniens se sont, au moyen de ce, ensuivis, el est à douter qne plus grand inconvénient advienne, se prompte et convenable provision n'estoit sur ce donnée. » (Raywaz, op. ctt., . IT, p. 119).

2. Les commissaires royaux firent Jurer aux magistrats « qu'ils seroient bons et loyaux au roi et ne souffriroient aucunes seditions, monopoles, assemblées de peuple estre faites en ladicte ville, faubourgs et ès environs, en quelque maniere que ce fust; que s'ils savoient aucunes pratiques, bandes ou partialitez, ilz en avertiroient incontinent le roy et ses officiers pour y estre pourveu...; que pour amour, haine, faveur ne crainte et pour quelques dons ou promesses

indiquer « comment ils doivent gouverner », et quelle atütude il leur faut prendre.

Malgré toutes ces précautions, il se produit, en 1478, une nouvelle agitation, causée par la réforme des gabelles. Louis XI, redoutant une révolte, nomme gouverneur de Bourges un homme « seur et feable », un « personnage de grant autorité », messire du Bouchage”: il fait fortifier la grosse tour de Bourges et preserit aux habitants d'en opérer le ravitaillement ?. Grâce à ces mesures, 1l parvient à maintenir l’ordre. Jusqu'à sa mort, 1l traite la ville de Bourges avec la plus grande rigueur: c'est seulement sous Charles VIII que la cité recouvre ses anciens privilèges, que l’on rétablit les quatre prudhommes *.

Toutes ces émeutes, toutes ces révoltes ont à peu près le même caractère: elles sont l’œuvre de gens de métiers ; quant à la bourgeoisie, loin de les encourager, elle tente de leur résister, ou tout au moins, de dégager sa responsabilité et de conserver la confiance du roi.

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D'ailleurs, les rébellions ne sont n1 nombreuses n1 fréquentes. En thèse générale, l'on peut affirmer que les villes ont manifesté à Louis XI une rare fidélité. — Les municipalités

lui font de magnifiques réceptions : elles ne lui ménagent

qui leur seroient faites par quelques personnes que ce fust, ils ne deslaisseroient de ce faire. » (/bid., p. 120). Cf. Bibl. Nat., francais 2907, fo 45.

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