‹ Louis XI et les VillesChapitre 153 sur 305 · Lettres de Louis X1, t. IV, p. 101 et · texte numérisé non relu

Lettres de Louis X1, t. IV, p. 101 et

2. Ils écrivent, le 11 décembre, à MM. de Craon et Doriole : « Nous qui desirons yssir des tribulations esquelles avons ja longtemps estéz, avons intention renvoyer vers ledit duc, se de luy pouvons obtenir sauf-conduit, afin de parvenir à traitié final, s’il est possible, » (Bibl. nat., ms. fr. 6979, fo 182).

3. Le duc de Bourgogne livre au roi le connétable de Saint-Pol; mais il désirerait, en compensation, obtenir Tournai : les habitants s'adressent à Cormmines et le supplient d'empêcher l'aliénation. Les consaux, « attendu les paroles dites et promises au seigneur d'Argenton, qui avoit tenu la main au bien de la ville en obviant qu'elle ne fust aliénée par lesdites treves, comme on doubtoit que les Bourguignons desiroient, ont ordonné ly faire présent d'une tapisserie de la valeur de XL livres de gros, de par la ville, affin que aussies autres affaires de la ville, il ait icelle pour recommandée. » (KErvyN pe Lerrennove, Lettres et négociations de Commines, t. T, p. 128).

veseu. » En effet, ces huit députés, malgré les prières des habitants, ne sont délivrés que trois mois avant la mort du roi’. Bientôt les bourgeois sont attaqués par le duc d’Autriche dont les troupes ravagent le pays; les marchands ne peuvent plus faire de commerce. En cette situation critique, il ne reste qu'une ressource: traiter avec Maximilien d'Autriche, à l'insu de Louis XI; mais le premier soin du corps de ville n’est-1l pas de demander des lettres de rémission au sergneur légitime? Les bourgeois « sont et tousiours nl de Due estreier does et vivre et mourir » en l’obéissance du roi de France”. On le voit, en aucune occasion, la fidélité de Tournai ne se dément”; située aux extrémités du royaume, elle en est comme une forteresse avancée : elle n’a d'espérance, elle ne voit de protection qu’en Louis XI.

Les villes constituent pour le roi un sûr et ferme appui. Dans le cours du règne, quelques révoltes éclatent, mais elles sont l’œuvre du menu peuple; la bourgeoisie s’y montre résolument hostile. Cette fidélité se manifeste de mille manières. Les villes, à aucun prix, ne consentent à être aliénées du domaine. Il en est beaucoup qui, malgré de continuelles souffrances, désirent rester attachées à la fortune de la couronne de France. En un mot, on ne sent de protection efficace que dans le pouvoir royal, et l’on perçoit déjà l'avantage très réel que l’on retire à faire partie d’un

gr and État.

. Commixes, 1. V, ch. XIV (t. II, pp. 92-94). Bibl. nat., francais 6986, f0 303, et 10187, fos 199 vo et 200.

3. On doit aux Bourguignons deux ballades écrites contre la ville de

Lu

Tournai, à laquelle ils reprochent son dévouement au roi de France. CF. Leroux pe Lincx, Chants historiques et populaires du temps de Charles VIT et de Louis XT, Paris, 1857, p. 181 et suiv.

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