Appelez avecques vous aucuns des notables hommes tant
villes, qui assistent aux fiançailles du Dauphin, sont priés de donner au roi des conseils sur l'administration générale : il s'agirait de « mettre ordre et abréviation en la justice du royvalme et aussi mettre bon et ample cours en la marchandise, et mettre, s’il est possible, une loy, ung poix et une mesure en le royalme. » On les convoque à Tours pour le vendredi 26 juin: à cette date, c’est le chancelier qui prend la parole et leur explique les projets du roi: une ordonnance, déclare-t-il, établira qu’un noble ne dérogera plus à son rang, pour s'être livré au commerce: tous les péages, situés à l’intérieur du royaume, seront supprimés. Le mardi suivant, les députés s’entretiennent avec Louis XI lui-même au Plessis : ce dernier les remercie de leur bonne volonté, affirme son désir de maintenir la paix et de relever le commerce, « mais son dit roialme estoit si grant que a grant peine se pouvoit 1l faire. » Que d'ici à six semaines, ajoute-t-il, chaque ville envoie un député pour traiter à fond de toutes ces questions. Il compte sur le dévouement de ses bonnes villes qui aiment mieux « le veoir viel homme
que mort. » a
d'église, nobles que autres du pais, vous advisez ensemble des faultes, abuz et entreprinses qui sont et peuvent estre faiz tant par noz officiers de justice que par ceulx qui imposent, assient, cueillent et lièvent noz finances tant de domaine, de tailles que d’autres, et pareillement au gouvernement de noz gens de guerre et autrement, et, tout ce que en trouverez, loyaument en vos consciences faictes rédiger et mectre par escript et l'envoiez féablement clos et scellé le plus diligemment que faire se pourra en nostre ville de Paris par devers nosdits commis et depputez, pour y adviser et pourveoir. » (Lettres de Louis XI, t. TT, pp. 74-75, et Archives historiques du Poitou, t. I, pp. 159-60).
1. Comes, éd. Dupont, Pièces Justificatives, t. III, p: 345. — En juin 1479, Louis XI convoque à Paris, par délégués, les officiers de justice et les marchands d'un grand nombre de villes « pour certaines grandes causes et raisons, qui touchent lestat de la couronne et le bien universel de tout le royaume de France. » (Arch. mun. de
Beauvais, BB 10).