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LES VILLES DU DOMAINE SECOURENT EFFECTIVEMENT LOUIS XI

I. Louis XI tend à transformer les magistrats municipaux en agents de sa politique et de son administration. — Il. Les villes maritimes et la marine royale. —

IIT. La guerre du Bion Public. — IV. La crise de 1472.

Louis X[ pense que les bonnes villes de son domaine peuvent lui fournir de très puissants secours! ; aussi tend-il à transformer les magistrats municipaux en agents de sa oes ne

doivent avoir aucune relation avec les ennemis du roi.

politique et de son administration. — Ces personna

Poitiers, en 1465, a envoyé des députés auprès du comte du Maine. Le comte n’est pas un ennemi : 1l est simplement suspect; Louis XI cependant manifeste un vif mécontentement : il ordonne aux députés poitevins de venir le trouver « afin quilz nous informent, dit-il, des causes de leur allée

et ce quilz ont besogné en la matière”. » Le 30 juillet, le

Grand Conseil déclare aux habitants qu'ils ont fort mal agi en déléguant leur procureur auprès du comte du Maine. Louis XI exige encore que les bourgeois lui révèlent tous les complots, dont ils peuvent avoir connaissance, surveillent

toutes les personnes suspectes, exercent en un mot, pour

1. Archives historiques du Poitou, t. 1, p. 159. 2. Tbid., p. 160.

le compte de la royauté, une véritable police”. En effet, nous voyons les Rémois, les Lyonnais, les habitants de Troyes tenir le roi au courant de tout ce qui se passe dans leur contrée”. En 1478, le prévôt de Paris recommande au Conseil de Reims de faire escorter secrètement toutes les personnes du parti ennemi, qui se disposeraient à venir trouver Louis XI°. En 1468, les Lyonnais recoivent l'ordre d’expulser Francequin Nori, qui avait prêté de l’argent à Philippe de Savoie ; à l'avenir, 1ls devront surveiller avec soin les étrangers *. Louis XI reproche gravement aux habitants de Saint-Quentin d’avoir laissé pénétrer dans leur ville le due Adolf de Clèves, allié du due de Bourgogne, et de lui avoir fourni des vivres”. — Les municipalités sont obligées de procéder aux arrestations que Île roi leur commande et de faire subir des interrogatoires aux prisonniers®. On se montre d’ailleurs fort docile: les gens de Compiègne arrêtent et mènent à Arras un messager du roi de Portugal « garny de grant quantité de lettres closes

4. À Tours, quatre notables devront jurer sur la Croix de Saint- Laud de révéler au roi tous les complots dont ils pourraient avoir connaissance. (Pièces justif., n° X).

DAC Lettres At pp 89739 et TI pp 8-0;

3. Var, Statuts, p. 666. En 1477, le roi avait ordonné aux bourgeois de cette même ville d'arrêter les serviteurs du protonotaire de Bourbon, qui s'était rendu coupable de trahison (:b1d., fo 41).

4. Lettres, t, TITI, pp. 251-52. — Le 28 octobre 1471, il écrit aux Lyonnais de l’avertir si le sieur de Ropoul, allié de Philippe de Savoie, est entré dans les murs. (Arch. mun. de Lyon, AA 23, fo 12).

5. Bibl. Nat., Collection Moreau, t. CCLV, fo 189. En juillet 1465, il défend aux habitants de Poitiers de laisser entrer dans leur ville le due de Nemours, qui s’est allié au comte d'Armagnac et au due de Bourbon (Arch. historiques du Poitou, t. T, pp. 156-57).

6. Louis XI a appris que les ducs de Berry, de Bretagne et de Bourbon envoient à leurs agents des lettres et des instructions par l'intermédiaire de lépreux. Il ordonne au corps de ville de Poitiers d'arrêter ces individus, de leur faire subir un interrogatoire et de le tenir au courant de tout ce qu’ils auront pu apprendre (Lettres, t. II,

adreçans a plusieurs gens et seigneurs en la ville de Bruges

D 5 et ailleurs»: ils veulent « scavoir s’il y a riens qui prejudicie au Roy * ».

Il est encore d’autres fonctions auxquelles Louis XI astreint les magistrats municipaux : il leur confie souvent la garde de ses prisonniers. C’est qu’en effet, selon sa propre expression, « plus facilement l’en pourrovt suborner deux ou troys personnes que len ne feroit tout un corps de ville? ». En 1476, il ordonne au Conseil de Poitiers de garder Charles d’Albret: chaque jour, deux notables s’acquitteront de cette mission sous leur responsabilité ; ils seront assistés de vingt-cinq hommes dévoués et sûrs. La même année, le Consulat de Lyon recoit un illustre prisonnier, le duc de Nemours : c’est une occasion d’assez fortes dépenses : il faut faire construire une cage de fer, qui coûte plus de 50 livres tournois?. — IT est clair que le roi transforme les municipalités en organes de son administration.

DE

Les villes maritimes contribuent, dans une forte mesure, à l'entretien de Ia marine royale. En 1471, les Rouennais dépensent 1728 livres tournois pour l « avitaillement de la

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