‹ Louis XI et les VillesChapitre 182 sur 305 · Arcère, /istoire de la Rochelle, t. I, pp · texte numérisé non relu

Arcère, /istoire de la Rochelle, t. I, pp

&. « Soit adverty le Roy que monsieur de Guyenne puis nagueres à mandé le sieur Duré pour ce qu'il se doubtoit de la ville de la Rochelle

tions continuelles avec Saint-Jean-d’Angély et Saintes, qui le tiennent au courant de tout ce qui se passe’: dans toutes ces villes, il ne cesse de « praticquer » les bourgeois, qui déjà semblent tout disposés à trahir leur seigneur?.

Il a une confiance si ferme dans les sentiments des Bayonnais qu’à la mort de son frère, il les prie de se rendre maîtres des deux châteaux et de veiller à la défense de leur ville*. Les défections qui se produisent sont insignifiantes*. Au reste le roi est assez habile pour faire taire ses ressentiments. Dès la mort de son frère, il oublie tous ses griefs et ne s'occupe qu’à récompenser les villes, qui ont fait leur devoir. Il anoblit les magistrats municipaux de Saint-Jeand'Angély et les dispense de répondre à la convocation du ban et de l’arrière-ban. À Saintes, il remplace les deux jurés par un maire. Il confirme les privilèges de Bergerac, de Saint-Emilion, de Périgueux ; à Blaye 1l accorde une constitution qui reproduit les chartes de Libourne et de

et qu'elle tiensist pour le Roy » (Lettres de Louis XI, t. IV, p. 364, Pièces justificatives, n° XV).

1. Masson, Histoire de Saintonge et d'Aunis, t. III, pp. 371 et suiv.

2. « Monseigneur le gouverneur, écrit Louis XI au gouverneur de Roussillon le 6 mai 1472, je vous pry que vous ne entrepreignez riens que ce ne soit sur bonnes choses, comme la Rochelle, Xaintes et Pons et par praticques ». (Leltres de Louis XI, t. IN, p. 317). Cf. ibid., p.319. — Le 9mai472, il écrit au même personnage : «... S'il y a nulles bonnes places qui se veulent mectre en voz mains, ne les reffusez pas et me faictes savoir de voz nouvelles ». Il ne veut pas entreprendre de guerre ouverte (ibid., p. 320). ;

3. « Faictes nous savoir, ajoute le roi, tout ce qui sera possible que pourrons faire pour vous et nous le ferons de bon cueur ». (/bid., p. 326). |

4. D écrit à Dammartin, le grand-maître : « Au regard des villes de Monseigneur d'Armignac et celles qui sont du partaige de mon frère, ny touchez pour ceste heure, et de celles qui sont demourees sans estre en partaige de mondit frere, faites en faire telle pugnicion que vous verrez estre a faire... » (Bibl. Nat., francais 2898, fo 51).

Saint-Emilion’; la Rochelle obtient la liberté de trafiquer avec les étrangers, même en temps de guerre?. — Louis XI est d’ailleurs servi par les maladresses que son frère a commises : les habitants de Bordeaux, qui ont eu à se plaindre de l’administration de Charles, demandent, comme une faveur, que leur ville ne soit jamais aliénée du domaine royal. Le roi se montre reconnaissant : il révoque toutes les innovations que le duc de Guyenne avaient introduites au préjudice des habitants®; puis il leur octroie de nouveaux privilèges. En mai 1473, il attribue au maire et aux jurés la police et la juridiction des navires qui abordent au port. De plus en plus, il essaie d’attirer dans la ville les étrangers : il leur donne le droit de tester, de disposer de leurs biens, il supprime le droit d’aubaine* ; dès 1475, il autorise les marchands anglais à venir commercer avec les Bordelais”. Enfin, pour rendre au port son ancienne prospérité, en septembre 1481, il oblige, sous peine de confiscation, tous les marchands des contrées voisines à expédier par Bordeaux les denrées qu'ils exportent en Espagne, en Angleterre, en Portugal, en Navarre, en Bretagne, en Flandre.

À la fin du règne, les villes de Guyenne, que liaient à l'An-

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