‹ Louis XI et les VillesChapitre 207 sur 305 · Bibl. Nat., français 2911, f · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., français 2911, f

&. J. GARNIER, 0p. cit., Précis historique, p. Lx et suiv.

5. 1bid., p. 212. Il parle de « l'accident nouvellement survenu en nostre ville de Dijon par aucuns gens de petit estat, qui ont tué et

occis feu nostre president de Bourgoingne ».

« qu’on se mettroit derechef en l’obeissance du roy et quil lui seroit adressé une requête pour avoir abolition du cas commis en ladite mutacion’. » Le 3 juillet, les bourgeois de la paroisse de Saint-Michel font serment d’avertir le roi de toute sédition, « monopole ou assemblée », qui pourrait se préparer, d'appréhender les coupables et de les livrer à ses ofliciers?. Louis XI se rend compte des choses: la sédition, déclare-t-1l, a été dirigée « par le menu peuple contre le

gros ».

Il s’agit de réprimer la révolte: le 6 juillet 1477, part pour la Bourgogne le grand sénéchal de Normandie, Jean du Blosset : il a mission d’expulser de Dijon tous les gens suspects, de « pourveoir aux offices de la dite ville et du pays de gens seurs et feables ». Mais il doit surtout user de clémence ; il ne ménagera pas les lettres d’abolition ; il convoquera les Etats le plus souvent possible ; il amnistiera, dans les villes, les criminels de lèse-majesté, recevra les bourgeois à composition, « et leur donnera, se autrement ne peut les avoir, offices, argent et autres choses” ».

1. Et en effet, le 26 juillet, on envoie à Louis XI une députation, composée de Guillaume de Villiers, seigneur d'Ygornay, ancien chambellan du duc, de Ph. Baudot, licencié en droit, échevin : de Jean de Massiles, écuyer (1bid., p. 215).

2. « Vous jurés, leur disent les officiers royaux, que de vostre puissance aiderés a les rendre prisonniers pour les mettre ez prisons du Roy pour en faire la justice selon l'exigence du cas et aussi promettés et jurés de cy en avant que vous ne porterés la Croix Saint Andrieu ne en vos maisons ne ailleurs, mais porterés la Croix blanche et droitte, et aussi promettés et jurés que, se messire Claude de Vaudrey ou autres ennemis du Roy venoit en cette ville porter lettres ou autre chose pour troubler le peuple, comme il a esté par cy-devant, que vous advertirés le Roy ou mondit seigneur de Craon... » (Bibl. Nat., francais 6984. fos 341 et 342).

3 1014 XNIIT#276:

de

Les villes, de leur côté, sont toutes disposées à accepter la domination royale : les gens de Dijon envoient plusieurs ambassades à Louis XI, qui, par ses bienfaits, les gagne définitivement à sa cause : 1l leur promet de les « entretenir en leurs estas, franchises et libertez ». Dès la fin de juillet, à leur requête, il confirme la constitution du corps de ville’ ; il établit qu'au moment de chaque élection, le maire, prenant l’avis des autres magistrats municipaux, pourra désigner six anciens échevins, qui resteront en place et feront l'éducation administrative des nouveaux venus ?. On traitera les Dijonnais avec la mème bienveillance que les Parisiens*. Pour éviter toute violence de la part des gens de guerre, on prendra soin d’acquitter leur solde régulièrement*. Le duché de Bourgogne, comme la comté du reste, ne sont que des apanages du royaume de France : Louis XI prétend ne voir en ses habitants que de véritables sujets de la couronne. — À la tête des municipalités, il place des hommes, dont il a éprouvé le dévouement : à Dijon, M° Etienne Barbisey, qui, plus que tout autre bourgeois, avait contribué à apai-

ser « la commotion des gens de petits estas », est maintenu

dans les fonctions de maire depuis 1477 jusqu’à la fin du

règne”.

PROrde XNINPAp-293;

2. Pérarp, Recueil de plusieurs pièces curieuses pour l’histoire de Bourgogne, Paris, 1664, p. 296.

3. Voici ce qu'on leur écrit en novembre 1477 : « Messieurs, le Roy a esté adverty que vous avez esté traictez autrement quil nentendoit, dont il a esté tres desplaisant, car il entendoit que vous feussiez mieulx traictez que nulles autres bonnes villes de son royaume et sa voulenté et son desir est que vous soyez aussy bien traictez que ceulx de sa bonne ville de Paris. » (Bibl. Nat., francais 6984, fos 424 et suiv.).

&. « Afin que ilz ne preignent riens sur le peuple sans payer et quilz ne leur fassent nulle violence. » (/bid.).

5. Arch. mun. de Dijon, B 165, passim. — En 1479, la ville lui fait un présent de 200 florins pour le récompenser de ses éclatants services (Arch. mun., B 23, fo 48). — En novembre 1480, le roi lui

La politique du roi triomphe pleinement : partout on se soumet à son autorité. En 1478, Dijon envoie des pionniers au siège de Beaune‘; les magistrats remettent les clés de la ville à M. de Boissèvres et à Commines ; ils promettent de faire bonne garde. En juillet 1479, on fait à Louis XI une magnifique réception.

Les autres villes suivent l’exemple de Dijon: les bourgeois de Chalon, dès août 1477, avaient demandé et obtenu des lettres de rémission ; mais leurs sentiments semblaient encore suspects : en Janvier 1478, à l'hôtellerie des Trois- Rois, le maréchal de Bourgogne fait comparaître les quatre échevins de Chalon et quelques notables ; 1l leur demande s'ils sont résolus à tenir le parti du roi ou celui de ses ennemis ; ils répondent unanimement que Louis XI peut compter sur leur fidélité’. En octobre 1478, la ville de Beaune, qui avait été condamnée à 4,000 livres d’amende*, fait sa soumission”.

Pour fortifier son pouvoir, le roi sait exploiter les rivalités qui s'élèvent entre les villes du duché: les gens de Beaune ne se lassent pas de multiplier les intrigues, afin d'obtenir que leur ville devienne le siège du Parlement de Bourgogne. De leur côté, les Dijonnais supplient Louis XI de ne pas les déposséder de ce qu'ils considèrent comme leur propriété ; 1ls l’implorent fort humblement : « Sire, lui écrivent-ils, le 16 octobre 1480, autre guerdon ne scauryés

ordonne de chasser de la ville toutes les personnes, expulsées autrefois pour crime de lèse-majesté, et qui seraient revenues (OrdXNITT, 59%).

Page 1