‹ Louis XI et les VillesChapitre 206 sur 305 · Bibl. Nat., francais 6984, fo 27, et Ord., XNIII · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., francais 6984, fo 27, et Ord., XNIII

3. « .. Îtem que tous creuz et maltotes, qui ont esté mises et imposées par le Roy depuis dix ans en ça sur toutes les denrées d'étrangers, tant sur les vins que autres denrées, qui passeront par les détroits de son pays de Champagne et ailleurs en son royaume, soient du tout estaintes, révoquées et abolies quant aux danrées et marchandises, qui seront prinses et chargées en ses dis pays de Bourgogne et aussi de toutes celles qui seront conduittes et menées en iceux pays pour quelques personnes que ce soient, et que les subjets desdis pays de Bourgogne usent doresnavant de toutes les frauchises, libertés ct exemptions données ez subjets du Roy en sa ville et cité de Paris, tout ainsi que les autres subjets du Roy residans audit Paris ont accoutumé d'en user le temps passé, attendu que lesdis subjets dudit pays ne sont plus étrangers dudit Royaume, mais sont subjets du Roy, comme sont ceux de ladicte ville de Paris... »

Se

À ce moment, éclate la révolte de la Franche-Comté ; le contre-coup s’en fait sentir dans le duché‘. — Jean, duc de Clèves, et le prince d'Orange invitent les habitants de Dijon à suivre le parti de Mademoiselle de Bourgogne. Le maire et les échevins envoient secrètement aux bourgeois de Beaune et de Chalon un député, qui devra se concerter avec eux. À Beaune, on se révolte, on reçoit les ennemis du roi, on maltraite ses officiers?:; les habitants de Chalon sont en effervescence ; les gens de Mäâcon eux-mêmes s’agitent, et, s'ils n'avaient reçu une lettre de Louis XI, ils se seraient soulevés contre son autorité*. — À Dijon, éclatent aussi des émeutes ; mais, comme dans les autres villes, la rébellion n'est que l’œuvre du menu peuple, qui reste fidèle à la famille de ses anciens dues. Ce sont les vignerons et les artisans qui organisent tout le complot, et entretiennent des relations avec les Comtois. Le 24 juin, commence la révolte ouverte: on déchire la bannière royale, qui flotte au sommet de la tour Saint-Nicolas ; on s'empare de l'Hôtel-de-Ville ; Jean Joard, président du Parlement de Bourgogne, est tué par Yvon“. L’anarchie règne à Dijon, pendant trois jours. Mais les notables bourgeois rétablissent l’ordre: « Par vostre bon moyen, leur écrit le roi, vous avez treuvé façon et manière de remetre et réduire ladicte ville en nostre obeissance et faire punition des coupables” ». La mairie décide, en effet,

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